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PRESSE

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Point sur les inondations 6 juin 2016

6 juin 2016 - Prévention des risques
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 1-Etat de la situation

Trois secteurs sont encore en vigilance orange :
•    au niveau de la Seine moyenne (région parisienne), la rivière Essonne connait une crue exceptionnelle. La situation à Corbeil-Essonne nécessite une attention particulière. Le pic de crue devrait être atteint d'ici demain matin. Un point de la situation a été fait avec la préfète de l'Essonne par téléphone.
•    la Seine aval, avec une attention particulière au niveau d'Elbeuf, compte tenu de la concomitance de la crue et de forts coefficients de marée. Nous atteignons néanmoins bientôt les niveaux maximum, qui n'engendrent que peu de débordements.
•    le Cher, près de Tours, où le pic de crue vient d'être atteint, mais qui mérite toujours une attention particulière car les niveaux restent à ce stade supérieurs au seuil de sureté de la digue au niveau de Villandry.
Sur la Seine elle-même au niveau de Paris, la décrue se poursuit lentement. Le niveau est redescendu à 5,17 m à 15h (93 cm en deca du pic de crue). La décrue de la Seine pourrait s'accélérer à partir de demain sous l'effet de la décrue de l'Yonne, mais cela dépend des éventuelles précipitations à venir. La vigilance vient de repasser d'orange à jaune sur Paris et les boucles de la Seine.

Il convient de noter que la période lente de décrue n'est pas sans risque: les ouvrages hydrauliques (digues, petits barrages) sont fragilisés par endroits et nécessite une surveillance accrue : j'ai mis en vigilance particulière les 11 services de contrôle des ouvrages hydrauliques des DREAL pour assurer un suivi renforcé des ouvrages.

Par ailleurs, il peut y avoir des phénomènes de ruissellement importants en cas de pluies orageuses localisées car les sols sont saturés.

2- Qualification de cet épisode de crues

Cet épisode de crues est le plus important pour la région depuis plus de 30 ans. Le pic sur la Seine a Paris est équivalent à celui de 1982 (6,10 m contre 6,18 m), mais les crues de certains affluents de la Seine ont atteint des niveaux supérieurs à 1910 (notamment pour le Loing).

L'origine de cet épisode est un niveau de précipitation exceptionnel sur le mois de mai (le plus important jamais enregistré), avec, depuis le week-end des 28-29 mai, une forte période orageuse suivie de plusieurs jours de précipitations intenses.


3- Suites à donner

•    la question des pollutions induites par les inondations doit être pleinement prise en compte en cette phase de décrue. Les sites industriels ont bien anticipé l'arrivée des eaux en mettant en sécurité les dépôts de produits chimiques et les installations sensibles. Il y a par contre dans différents endroits des pollutions par les hydrocarbures, générées notamment par des débordements de cuves de particuliers et des fûts d'huiles usagés dans les garages. J'ai demandé aux organismes spécialisés de mon ministère, au CEDRE (Centre de documentation, de recherche et d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux), mais aussi l'ADEME, d'apporter tout leurs concours aux préfets et aux collectivités pour faire face aux pollutions, tant d'hydrocarbures que par tout type de déchets.

•  La problématique des déchets va également être importante. Il est nécessaire de procéder dès que possible au nettoyage des zones inondées une fois que l'eau s'est retirée. Des mesures particulières ont été prévues pour faciliter la gestion des déchets générés par ces inondations. Un guide a été largement diffusé en ce sens. Il permet notamment de créer des zones temporaires de transit pour stocker les déchets en toute sécurité. 

•    La problématique de la dépollution des eaux
Les agences de l’eau Seine-Normandie, Loire-Bretagne, Rhin-Meuse et Artois-Picardie sont sollicitées pour mettre en place des études post-crues qui visent à identifier les sources de pollution engendrées et leurs conséquences sur les milieux afin de  prévenir à l’avenir le plus tôt possible ces pollutions et autres conséquences des crues sur l’environnement.

•    La problématique de la dépollution des sols
Le CEDRE va réaliser un diagnostic, rendre des avis et conseils sur le nettoyage des sols, identifier les produits pollués présents et les produits à utiliser pour la dépollution. Le centre de documentation, de recherche et d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux est financé à hauteur de 1,8 million d’euros par an par le ministère de l’environnement soit 1/3 environ de son budget annuel.

•    La question des ouvrages de rétention d'eau et de leur localisation méritera également d'être rediscutée, pour réduire l'ampleur des montées d'eau en épisode de crue. Nous avons en effet constaté que de nombreux secteurs urbains inondés n'étaient pas dus à la Seine ou même à ses grands affluents, mais à des affluents plus petits (cas de Longjumeau ou de Corbeil-Essonne).

•    Documenter davantage les petits cours d’eau

•    Enfin, mes services et les équipes de Météo-France sont mobilisés dès aujourd'hui pour apporter leur soutien dans le processus d'instruction des demandes d’indemnisation des collectivités pour leur permettre de remettre en état leurs bâtiments et infrastructure le plus vite possible. 


Enfin, un point de situation écrit sera fait demain, mardi 7 juin à 17h à destination de la presse.

Télécharger le point du 06 juin 2016 (PDF - 43 Ko)

Télécharger le guide : Prévention et gestion des déchets issus de catastrophes naturelles : de l’anticipation à la gestion (PDF - 6362 Ko)

Télécharger le point sur les crues du 06 juin 2016 (PDF - 1629 Ko)

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