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Eau

15 janvier 2010 - Prévention des risques
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Sommaire :


Principaux polluants

15 janvier 2010 (mis à jour le 17 janvier 2011)


On distingue usuellement les types suivants de pollution des eaux :

  • la pollution par les matières organiques,
  • les matières en suspension,
  • la pollution par les matières azotées et le phosphore,
  • la pollution minérale par des sels (chlorures et sulfates),
  • la pollution par les métaux,
  • les (micro-) polluants organiques (plus ou moins) toxiques, au regard de l’alimentation en eau potable ou de la vie aquatique : produits organo-chlorés, benzène-toluène-xylène et leurs dérivés, hydrocarbures aromatiques polycycliques, pesticides…,
  • les radio-éléments,
  • la pollution physico-chimique : pollution thermique (rejets d’eau chaude), modification du pH des eaux, de leur couleur.

Dans l’industrie la réduction des rejets de matières organiques, caractéristiques en particulier des secteurs chimie, papeterie, textile, agroalimentaire, a été entamée dès les années 1970 avec à la fois des réductions à la source et la mise en place, rendue obligatoire par la réglementation, de stations d’épuration performantes. On atteint des taux moyens d’épuration de l’ordre de 70 à 80 %. Ces stations traitent de plus en plus souvent l’azote et le phosphore.

La diminution des rejets industriels a été plus importante que celle des rejets domestiques en matière de pollution organique, azotée ou phosphorée.
La réduction des rejets de métaux (secteurs chimie, métallurgie, traitement de surface…) a été entamée par voie incitative et réglementaire dans les années 1980 (par exemple arrêté ministériel de septembre 1985 sur les traitements de surface, cette arrêté a été abrogé par un arrêté ministériel de 2006).
Des progrès importants ont été obtenus tout en restant encore en retrait de ceux enregistrés pour les matières organiques.

Depuis les années 90 l’attention a porté aussi sur les micro- polluants organiques, rejetés en faibles quantités, parfois difficiles à détecter et aussi à traiter.

Des actions sont aussi conduites en direction des élevages générateurs en particulier, par les déjections produites par les animaux, de rejets de matières organiques, de matières azotées et de phosphore pouvant poser des problèmes de pollution des eaux superficielles et souterraines dans les zones d’élevage intensif. Ainsi, les épandages de déjections animales sont actuellement strictement encadrés. Ils doivent notamment répondre à un objectif d’équilibre de fertilisation (équilibre de l’apport par rapport aux besoins des plantes). Des stations de traitement des lisiers sont également utilisées dans les gros élevages.

Les pollutions physico-chimiques sont aussi surveillées et limitées : limitation du pH des rejets, de leurs températures, généralisation progressive du circuit fermé pour les eaux de refroidissement.

Dans les années à venir, eu égard aux directives européennes la réduction des rejets de substances dangereuses (métalliques et organiques) – voire dans certains cas leur suppression – sera une priorité.

Les eaux souterraines sont encore plus fragiles que les eaux superficielles : situées dans un milieu plus confiné, les nappes se renouvellent beaucoup moins vite que les eaux superficielles (en particulier les nappes profondes).Leur dégradation est donc quasi-irréversible. C’est pourquoi les rejets en eaux souterraines sont interdits depuis longtemps, sauf cas très exceptionnels.


La prévention des pollutions pouvant atteindre les eaux souterraines, par fuite/déversement chronique ou accidentel fait l’objet de prescriptions précises et sévères dans la réglementation : mise sous rétention des aires de stockage et manutention pour récupérer les fuites, surveillance de l’état des nappes souterraines pour les installations mettant en œuvre des produits polluants (arrêté du 2 février 1998). De même, la politique de traitement des sites pollués vise à diagnostiquer puis limiter, voire supprimer, l’impact sur les eaux souterraines.

Les pollutions des milieux aquatiques peuvent avoir des effets directs ou indirects sur la santé humaine mais également sur l’environnement.


Les effets directs sur la santé humaine peuvent être dus à la toxicité élevée de polluants déversés dans des milieux aquatiques sensibles (ressources d’alimentation en eau potable, eaux de baignade) : c’est le cas de certains métaux (mercure, chrome, plomb, cadmium, nickel), des nitrates, des pesticides par exemple.


Les effets indirects sur la santé humaine sont liés à la contamination des milieux aquatiques par des polluants peu biodégradables qui peuvent se stocker dans certains compartiments des écosystèmes (sédiments, matières en suspension) et surtout se concentrer ensuite dans les organismes vivants tout au long de la chaîne alimentaire. On retrouve les pollutions métalliques, les produits phytosanitaires, les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Ces phénomènes s’observent pour des pollutions à faible dose se développant sur des durées importantes ou se cumulant sur des bassins importants.


Enfin, les pollutions des milieux aquatiques peuvent avoir des conséquences sur la qualité écologique des milieux eux-mêmes :

  • par asphyxie due à une turbidité élevée ou à la consommation de l’oxygène dissous par une charge excessive de pollution biodégradable ;
  • par eutrophisation due à un excès de nutriments (pollution azotées ou phosphorées) ;
  • par toxicité directe pour la faune ou la flore des milieux (nitrites, ammoniaque, insecticides, hydrocarbures, rejets acides ou basiques).

 

Les effets sur l’homme et l’environnement

 

Matières en suspension :
Augmentation de la turbidité préjudiciable à la photosynthèse, à la respiration des poissons et colmatant les milieux aquatiques. Les particules peuvent transporter différentes formes de pollution (organiques, métalliques,…)

Pollution organique :
Asphyxie du milieu par consommation de l’oxygène dissous. Toxicité de la charge organique faiblement biodégradable.

Azote, Phosphore :
Eutrophisation des milieux aquatiques par excès de matières nutritives pour les végétaux (algues) et conduisant à l’asphyxie des milieux. Toxicité de l’ammoniaque et des nitrites pour la faune aquatique.
Les nitrates peuvent engendrer chez les nourrissons un empoisonnement du sang par blocage de l’hémoglobine interdisant le transport de l’oxygène.

Métaux :
La majorité des éléments métalliques est indispensable à la vie animale et végétale (oligo-éléments).Cependant, à des doses importantes, ils peuvent se révéler très nocifs. La pollution métallique des milieux aquatiques pose un problème particulier car non biodégradable. Elle a tendance à se concentrer dans les organismes vivants (bioaccumulation ou bioamplification).
Les effets toxicologiques varient suivant le métal et sa forme chimique : les composés organiques sont généralement plus toxiques. De façon générale, les troubles les plus fréquents sont d’ordre respiratoire, digestif, nerveux ou cutané. Certains métaux sont également considérés comme cancérigènes : Arsenic, Nickel, Chrome VI.

Substances très [1] dangereuses [2] pour les milieux aquatiques :
Les insecticides sont généralement les pesticides les plus toxiques. Ce sont des polluants organiques persistants subissant trois types de phénomènes (transformation, rétention, transport) selon leurs propriétés physico-chimiques.
Ils s’adsorbent sur les matières en suspension et s’accumulent dans certains compartiments (sédiments, matières organiques, chaîne alimentaire) Selon leurs formes et propriétés chimiques, ces substances présentent des effets toxiques, mutagènes et cancérogènes.

 

[1] La liste I de la directive 76/464/CEE et l’annexe X de la directive cadre eau 2000/60/CE recensent au total 42 substances considérées comme très dangereuses pour le milieu aquatique : 4 métaux lourds (Hg, Cd, Ni, Pb), la famille des HAP et 3 HAP individuels, 7 composés organiques halogénés volatils (COHV), 6 autres organohalogénés dont 4 chlorobenzène, 10 pesticides, 4 drines et 7 autres composés.

[2] Les substances répertoriées aux annexes Va,b,c de l’arrêté du 2 février 1998 sont considérées comme substances dangereuses pour le milieu aquatique. Les pesticides organochlorés et organophosphorés constituent la majorité des substances visées. Ce sont essentiellement des insecticides. L’arsenic et ses composés minéraux, les PCB (polychlorobiphényles), des sels organiques d’étain, la trifluraline et la benzidine complètent la liste.

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