Programme SESAR
SESAR signifie Single European Sky Air traffic management Research. Il s’agit du volet technologique du Ciel Unique Européen lancé à l’initiative de la Commission européenne, finalisé en 2004 après quelques années de préparation, et révisé en 2009, afin d’uniformiser la gestion du trafic aérien au niveau communautaire.
Les objectifs du programme SESAR
- restructurer l’espace aérien afin d’augmenter la capacité et d’améliorer l’efficacité globale du système de gestion du trafic aérien
- accroître le niveau de sécurité d’un facteur 10 dans un contexte de doublement du trafic d’ici 20 ans
- diminuer l’impact sur l’environnement de l’activité aérienne
- développer l’efficacité économique du système.
Les trois phases du programme SESAR
la phase de définition :
Elle a été lancée en 2006 et s’est concrétisée en mai 2008 par la fourniture d’un plan directeur du système européen de gestion du trafic aérien. Ce plan, approuvé par le Conseil de l’Union Européenne, constitue la base des travaux futurs.
- la phase de développement (2008-2014)
Elle est pilotée par une « entreprise commune » créée à cet effet au niveau européen, a pour but de concevoir et valider des standards, des procédures opérationnelles, des nouvelles technologies et des composants préindustriels pour le futur système de gestion du trafic aérien
- la phase de déploiement (2015-2025)
Elle verra la production et la mise en service progressive et à grande échelle des éléments issus des travaux de la phase de développement : une nouvelle infrastructure sol pour la gestion du trafic aérien, ainsi que de nouveaux équipements à bord des avions.
L’entreprise commune SESAR
L’entreprise commune SESAR (en anglais SJU – SESAR Joint Undertaking) est une structure juridique créée par le Conseil de l’UE (Règlement n°219/2007). Elle institue un partenariat entre la Communauté Européenne, Eurocontrol et les principaux industriels et opérateurs du secteur :
- prestataires de service de navigation aérienne : DSNA (France), DFS (Allemagne), ENAV (Italie), NORACON (Europe du Nord et Autriche), AENA (Espagne) et NATS (Royaume-Uni)
- aéroports : SEAC (consortium formé par six grands aéroports Européens dont Aéroports de Paris), AENA et NORACON
- fournisseurs d’équipements sols : Frequentis, Indra, Natmig, SELEX Sistemi Integrati et Thales
- fabricants d’avions : Airbus et Alenia Aeronautica
- fabricants d’équipements embarqués : Honeywell and Thales
La SJU est chargée de rassembler et coordonner toutes les ressources nécessaires pour la phase de développement. Le coût total de cette phase est de 2,1 Mds€, soutenu à parts égales par la Communauté Européenne, Eurocontrol et l’ensemble des autres membres.
Les nouveaux concepts SESAR
La mise en œuvre de nouvelles technologies facilitant le partage d’informations entre tous les acteurs (opérateurs aériens, aéroports, prestataires de service de navigation aérienne) constituera un axe essentiel des évolutions proposées pour assurer une gestion plus intégrée des vols dans leurs différentes phases, du départ à l’arrivée, ce qui réduira les temps d’attente au sol ou en vol générateurs de consommation et de pollutions excessives.
Une intégration plus poussée entre les systèmes sol (« contrôle aérien ») et bord permettra de développer de nouveaux concepts opérationnels tels que la « business trajectory », trajectoire optimisée en fonction de critères propres à chaque opérateur aérien, la « déconfliction » automatique des trajectoires, les délégations de responsabilité sol-bord, etc….
L’emploi généralisé des systèmes de navigation par satellite (EGNOS et GALILEO) permettra des procédures plus précises et avec moins de paliers, moins bruyantes et plus économes en carburant, telles que des approches et des montées continues et la réduction des survols à basse altitude des zones à forte densité de population.
La valeur ajoutée de SESAR pour la DSNA
En participant au programme SESAR, le prestataire français de services de navigation aérienne (DSNA) a pour objectif majeur d’augmenter la sécurité et la capacité de l’espace aérien et des aéroports tout en réduisant l’impact environnemental (nuisances sonores et émissions de gaz) de l’activité aérienne.
A moyen terme (2009-2016), la DSNA mettra en œuvre des premières améliorations telles que :
- les descentes et montées continues des avions
- l’optimisation du roulage au sol
- le CDM (Collaborative Decison Making) : prise de décision en collaboration avec tous les acteurs du transport aérien sur les aéroports
- l’optimisation du réseau de routes
A plus long terme : 2020 et au-delà, au fur et à mesure que les avions disposeront de nouveaux équipements de bord issus de la phase de développement de SESAR, la DSNA pourra introduire de nouvelles améliorations telles que :
- la gestion optimisée de trajectoires 4D
- les séparations embarquées
- la redistribution des rôles pilotes/contrôleurs/machines.
A terme, SESAR permettra une gestion du trafic aérien plus efficace, conduisant à une diminution de 10% des rejets de CO2, tout en améliorant la performance du système ATM.
