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Qu’est-ce que le risque sismique ?

16 mars 2011 (mis à jour le 7 octobre 2013) - Prévention des risques
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Le risque sismique touche de très nombreuses régions à la surface du globe, mais de manière variable d’une région à une autre. La France est elle aussi concernée par ce risque.


En France, l’aléa sismique est fort aux Antilles, tandis qu’il est de très faible à moyen sur le reste du territoire. Il est estimé qu’un séisme majeur aux Antilles pourrait causer la mort de plusieurs milliers de personnes ; un séisme tel que celui de 1909 en Provence pourrait aujourd’hui provoquer des centaines de victimes, ainsi que des milliards d’euros de pertes économiques.

Qu’est ce qu’un séisme ?
Un séisme correspond à une rupture brutale des roches de la lithosphère, le long d’une faille (zone de rupture dans la roche, le long de laquelle les deux bords se déplacent l’un par rapport à l’autre). Les séismes sont l’une des manifestations de la tectonique des plaques.
L’activité sismique est ainsi concentrée le long d’une faille, qui peut être située à la frontière entre deux plaques ou au sein d’une plaque. En raison des frottements importants au niveau d’une faille, le mouvement entre les blocs de roche de part et d’autre de la faille est bloqué. De l’énergie est alors stockée le long de la faille, parfois pendant des milliers d’années. Lorsque la limite de résistance des roches est atteinte, cette énergie accumulée est libérée, sous forme de chaleur, de déplacements permanents des blocs et d’ondes sismiques. Quand les déplacements des blocs rétablissent un nouvel équilibre, le mouvement est à nouveau bloqué. La succession de ces différentes étapes constitue le cycle sismique.
Les ondes sismiques émises lors d’un séisme se propagent à travers les roches jusqu’à atteindre la surface terrestre. C’est le passage de ces ondes qui provoque les vibrations du sol lors d’un séisme. À la secousse principale, succèdent des répliques, des secousses plus faibles mais parfois meurtrières. Les répliques correspondent à des réajustements de blocs au voisinage de la faille pour retrouver un nouvel équilibre.

Foyer d’un séisme © Graphies / Fotolia
La violence d’un séisme est caractérisée par deux paramètres : sa magnitude et son intensité.
La magnitude d’un séisme traduit l’énergie libérée par un séisme. La magnitude est « unique » pour un séisme et indépendante du lieu d’observation. Elle est estimée par exploitation des sismogrammes. À ce jour, aucune magnitude mesurée n’a encore dépassé 9,5 (séisme du Chili du 22 mai 1960). Augmenter la magnitude d’une unité revient à multiplier l’énergie libérée par 32. Ainsi, un séisme de magnitude 6 équivaut à la libération de l’énergie d’environ trente séismes de magnitude 5. À partir d’une magnitude 5, un séisme dont le foyer est peu profond peut causer des dégâts significatifs aux constructions, comme lors du séisme de Lorca (Espagne) du 11 mai 2011, de magnitude 5.1.
L’intensité est un paramètre traduisant la sévérité de la secousse au sol, en fonction des effets du séisme en un lieu donné. Ce n’est pas une mesure par des instruments ; l’intensité est évaluée à partir de la perception du séisme par la population et des effets du séisme à la surface terrestre (effets sur les objets, dégâts aux constructions, …). L’intensité n’est donc pas, contrairement à la magnitude, fonction uniquement du séisme, mais également du lieu où l’intensité est évaluée. De manière générale, l’intensité est maximale à l’épicentre et décroît au fur et à mesure qu’on s’en éloigne. Néanmoins, des conditions géologiques et topographiques locales, dits effets de site, peuvent localement accroître l’intensité. L’échelle d’intensité de référence en Europe est aujourd’hui l’échelle EMS 98. Celle-ci comporte douze degrés, le degré I correspondant à un séisme non perceptible, le degré XII à une catastrophe généralisée.
Les deux grandeurs, magnitude et intensité, ne sont donc pas comparables ; il n’y a pas de relation mathématique simple entre elles.
On distingue deux types d’effets liés aux séismes :
- les effets directs, dus aux mouvements vibratoires du sol, qui peuvent être modifiés localement par des effets de site ;
- les effets induits, liés à des ruptures permanentes du sol, tels que glissements de terrain, chutes de blocs, liquéfaction des sols, avalanches, tsunamis.
De plus, dans le cas de séismes de magnitude élevée, la faille peut se prolonger jusqu’à la surface et engendrer des décalages de la surface du sol de part et d’autre de la faille.
 
L’aléa sismique en France
L’aléa sismique est l’estimation de la probabilité, pour un site et un intervalle de temps donnés, d’être exposé à une secousse tellurique de caractéristiques données.
En France, c’est aux Antilles (Martinique, Guadeloupe, Saint-Martin, Saint-Barthélemy) que l’aléa sismique est le plus élevé, ces îles étant situées au niveau de la zone de subduction des plaques Nord Amérique et Sud Amérique sous la plaque caraïbe.
Parmi les séismes importants survenus ces dernières années aux Antilles, peuvent être cités le séisme des Saintes en Guadeloupe du 21 novembre 2004 (magnitude 6,3), qui fit une victime et de nombreux dégâts aux habitations, ainsi que le séisme du 29 novembre 2007 en Martinique (magnitude 7,4).
Les plus forts séismes historiques connus dans la région sont le séisme du 8 février 1843 en Guadeloupe (magnitude estimée de l’ordre de 8), qui causa la mort de plus de 1500 personnes et la destruction de la ville de Pointe-à-Pitre, et le séisme du 11 janvier 1839 en Martinique (magnitude estimée de l’ordre de 7,5), qui provoqua plusieurs centaines de victimes et la destruction de Fort-de-France (alors appelée Fort-Royal).
 
La sismicité de la France métropolitaine est considérée comme modérée en comparaison, par exemple, des pays les plus sismiques du pourtour méditerranéen (Grèce, Turquie, Algérie,…). Toutefois, des séismes destructeurs se sont aussi produits par le passé en métropole et se reproduiront dans le futur. Les Pyrénées, les Alpes, la Provence et l’Alsace sont considérées comme les régions où l’aléa sismique est le plus fort en métropole. Une sismicité plus modérée est observée dans le Grand Ouest, le Massif central, le Nord et les Vosges. Le dernier séisme d’une magnitude supérieure à 6 qui a eu lieu en France métropolitaine est le séisme dit de Lambesc (Bouches-du-Rhône) du 11 juin 1909, qui fit 46 morts.


Les séismes en France métropolitaine 1980-2012 - Source : BCSF

Dans les régions d’outre-mer hors Antilles, la sismicité en Guyane, à La Réunion et à Mayotte est estimée respectivement très faible, faible et modérée.
 
Le risque sismique
On parle de risque quand il y a conjonction d’un aléa avec des enjeux (personnes, biens, activités) vulnérables. Le risque sismique peut être estimé en termes de conséquences notamment sur la vie humaine, l’économie, l’environnement.
Les conséquences humaines
Le séisme est le risque naturel majeur le plus meurtrier, tant par ses effets directs (vibrations du sol, causant des chutes de meubles ou d’objets, l’effondrement des bâtiments vulnérables, etc.) que par ses effets induits (mouvements de terrain, tsunamis, etc.). Le séisme peut non seulement être la source de victimes, mais aussi de personnes sans abri et déplacées.
Par exemple, le séisme de Kobe, en 1995, causa environ 6000 morts, 37000 blessés et 310000 personnes évacuées. Les victimes sont dues non seulement à l’effondrement de bâtiments, mais aussi aux incendies qui firent rage pendant deux jours et ne purent être combattus en raison de la rupture de canalisations d’eau et de difficultés d’approvisionnement.
Les conséquences économiques
Un séisme et d’éventuels effets dominos peuvent engendrer l’endommagement ou la destruction des habitations, des outils de production (usines, bâtiments des entreprises, etc.), des ouvrages d’art (ponts, routes, etc.), des réseaux d’eau, d’énergie ou de télécommunications, causant des pertes matérielles directes mais aussi des perturbations importantes de l’activité économique et de l’organisation des secours.
Le séisme des Saintes en Guadeloupe, du 21 novembre 2004, a par exemple causé une victime et 50 millions d’euros de dégâts.
Les conséquences environnementales
Un séisme peut engendrer des pollutions importantes des milieux naturels liées à la rupture d’équipements industriels (ex. : stockage d’hydrocarbures déversé en mer). Par ailleurs, un séisme fort peut se traduire en surface par des modifications du paysage (décrochements, apparition ou tarissement de sources, glissements pouvant barrer une vallée,…).
Lors du séisme de Gansu en Chine du 16 décembre 1920 (M8.5), le paysage fut bouleversé par des glissements de terrain, des fractures à la surface, des rivières engorgées ou dont le cours fut modifié.
 
Comment prévenir le risque sismique ?
 
Que faire en cas de séisme ?
L’impossibilité de prévoir un séisme et d’alerter la population à temps limite les possibilités de mise en sécurité des personnes pendant la crise sismique. Les actions de prévention sont donc essentielles ; la préparation à la gestion de crise reste toutefois indispensable pour sauver un maximum de vies et éviter une aggravation de la catastrophe. L’État et les collectivités territoriales ont le devoir d’organiser les moyens de secours nécessaires pour faire face aux crises. La population doit, elle, s’y préparer en s’informant des risques et en respectant les consignes à suivre avant, pendant et après une catastrophe.
Les consignes à suivre
Les consignes à suivre pour se protéger vis-à-vis du séisme sont les consignes générales (définies pour l’ensemble des risques naturels et technologiques) et les consignes spécifiques au séisme.
 
 
Consignes générales à respecter en cas de catastrophe
Consignes spécifiques au risque sismique
Avant
- Prévoir les équipements minimum de survie (radio portable avec piles, lampe de poche, eau potable, papiers personnels, médicaments d’urgence, couvertures, vêtements de rechange, matériel de confinement).
- S’informer en mairie :
• des risques encourus ;
• des consignes de sauvegarde et du signal dalerte national.
- Organiser le groupe dont on est responsable ; discuter en famille des mesures à prendre si une catastrophe survient (protection, évacuation, points de ralliement).
- Participer aux exercices de crise.
- Faire diagnostiquer la vulnérabilité au séisme de son bâtiment (par un professionnel de la construction parasismique) et, si nécessaire, le faire renforcer.
- Identifier les lieux où se protéger (murs solides, encoignures de ports, tables résistantes...).
- Repérer les points de coupure de gaz, d’eau, d’électricité.
- Fixer les meubles lourds, enlever les objets lourds en hauteur.
- Préparer un plan de regroupement familial.
Pendant
- S’informer : écouter la radio : les premières consignes sont données par Radio-France et les stations locales de France Ô.
- Informer le groupe dont on est responsable.
- Penser aux personnes âgées et handicapées.
- Ne pas aller chercher les enfants à l’école.
- Ne pas téléphoner (les réseaux doivent rester disponibles pour les secours).
 
- Se protéger en restant où l’on est :
• à lintérieur : sabriter dans un endroit repéré préalablement ;
• à lextérieur : séloigner des bâtiments, des lignes électriques ou de ce qui peut seffondrer (ponts, corniches, toitures, cheminée, etc.) ;
• en voiture : sarrêter dans un endroit dégagé et ne pas descendre avant la fin des secousses.
- Se protéger la tête avec les bras.
- Ne pas allumer de flamme.
Après
- S’informer : écouter et suivre les consignes données par la radio et les autorités.
- Informer les autorités de tout danger observé.
- Apporter une première aide aux voisins.
- Se mettre à la disposition des secours.
- Évaluer les dégâts et les points dangereux, s’éloigner de ces derniers.
- Sortir des bâtiments, ne pas se mettre sous ou à côté de lignes électriques et de ce qui peut s’effondrer.
- Ne pas prendre les ascenseurs pour quitter un immeuble.
- Couper l’eau, l’électricité et le gaz : en cas de fuite, ouvrir les fenêtres et les portes, se sauver et prévenir les autorités.
- Après la première secousse, se méfier des répliques : il peut y avoir d’autres secousses.
- S’éloigner des zones côtières, même longtemps après la fin des secousses, en raison d’éventuels tsunamis (qu’il y ait ou non retrait de la mer).
 
 

Pour en savoir plus, consulter :
L’article La prévention du risque sismique en France
La brochure "Les séismes" éditée par le Ministère
Le site de la prévention du risque sismique www.planseisme.fr

 

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