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Quelle valeur les Français accordent-ils à la préservation de la biodiversité dans les forêts publiques métropolitaines ?

31 mars 2016 (mis à jour le 29 mars 2016) - Développement durable
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Les forêts publiques font en France l’objet de plusieurs modalités de gestion qui impactent de manière diverse les caractéristiques de la biodiversité forestière suivantes : structure de la forêt (âge des peuplements), diversité des essences du peuplement, présence des restes d’exploitation (ou rémanents) et présence d’arbres à haute valeur écologique (« vieux bois »). Dans cette étude, la valeur accordée par les Français à la préservation de la biodiversité est évaluée par la méthode des expériences de choix sur un échantillon représentatif de 1532 personnes, de plus de 18 ans, résidant en France métropolitaine.


L’enquête a été réalisée par internet en 2012. La construction des choix et des scénarios est basée sur les caractéristiques de la biodiversité forestière (attributs) et leur impact sur la biodiversité. Deux protocoles d’évaluation des choix ont été établis : avec information relative à la biodiversité et sans information.

L’étude prend en compte deux paramètres essentiels dans l’évaluation des préférences : la sensibilité des individus à l’environnement et le niveau de connaissance et d’informations dont ils disposent.

Les principaux résultats de l’étude sont les suivants :

  • Les préférences des individus s’orientent spontanément vers des caractéristiques forestières dont la gestion privilégie la biodiversité.
  • Les consentements à payer obtenus sont plus élevés pour préserver la biodiversité associée au maintien des structures mélangées de la forêt et à la diversité de ses essences que pour celle associée à la préservation des rémanents et des vieux bois. Ce constat présume d’une meilleure valorisation par le public des caractéristiques de la biodiversité qui sont les plus connues.
  • La valeur accordée à la biodiversité augmente avec la sensibilité écologique de l’individu. L’étude a pris en compte l’hétérogénéité de la population en termes de sensibilité écologique et des usages de la forêt, et a distingué deux classes d’individus : « les familiers », à sensibilité écologique plus forte, et les « non familiers », à sensibilité écologique plus faible.
  • L’apport d’information a deux effets distincts selon le niveau de sensibilité écologique des individus. D’une part, elle augmente la valeur accordée à la biodiversité pour la population de « non familiers ». D’autre part, elle conduit les « familiers » à faire un arbitrage différent entre les différentes caractéristiques de biodiversité et à réorganiser leurs préférences à l’avantage des modalités de gestion forestière bénéfiques à la biodiversité les moins connues comme le maintien des rémanents.
  • L’intérêt de l’évaluation économique est de disposer des variations de bien-être social associées à certains scénarios de gestion. À titre indicatif, le bénéfice social associé à l’évolution des forêts de feuillus du périmètre de la forêt domaniale métropolitaine vers des réserves de biodiversité, est de l’ordre de 3 milliards d’euros par an.
  • L’évaluation des bénéfices de la préservation de la biodiversité forestière, au regard des modalités de gestion possibles constitue un outil d’appui à la décision publique en matière de gestion forestière.

Pour en savoir plus, consultez l’étude sur la valeur que les Français accordent à la préservation de la biodiversité dans les forêts publiques métropolitaines.

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