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Comment gérer la sécheresse ?

Quelles sont les origines de la sècheresse ? En France, les ressources en eau sont-elles suffisantes ? Comment sont décidées les mesures de restriction. ? Sècheresse et changement climatique : comment anticiper ? Toutes les réponses apportées dans ce dossier consacré à la sècheresse.


20 mars 2013 - Eau et biodiversité
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Sommaire :


      

Quelles sont les origines de la sécheresse ?

20 mars 2013


D’où vient l’eau consommée en France ? Les eaux consommées en France proviennent en grande majorité (82%, soit environ 26 milliards de m3) des fleuves, des rivières et des lacs – ce sont les « eaux de surface »-, généralement plus faciles et moins chères à prélever. Pour produire de l’eau potable, on utilise principalement (près de 63%) des eaux souterraines, moins polluées. Cependant, dans les zones urbaines, où la quantité nécessaire à chaque instant est très élevée, on prélève plutôt de l’eau de surface que les grandes collectivités ont les moyens de traiter efficacement L’eau est prélevée à partir de 35000 points de captage. Les captages d’eau destinée à la fabrication d’eau potable sont protégés, pour éviter toute pollution accidentelle.

 Comment détermine-t-on les niveaux d’eau disponibles ?
Les niveaux d’eau sont mesurés en permanence dans des stations de mesures automatisées qui alimentent les bases de données spécialisées. Tous les mois, un « bulletin de situation hydrologique » est publié dans chaque région ou bassin par les directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL). Tous les ans, un « bulletin de situation hydrologique » national est publié par la direction de l’eau et de la biodiversité du ministère du Développement durable.

 Quelles sont les causes possibles de sécheresse ?
La sécheresse peut résulter d’un manque de pluie. Elle survient lorsque la quantité de pluie est nettement inférieure aux normales saisonnières et cela, sur une assez longue période. Lorsque le manque de pluie survient en hiver ou au printemps, il empêche le bon remplissage des nappes phréatiques (« réserves » d’eau) qui s’effectue à cette période de l’année. Au delà du mois d’avril, l’eau de pluie est essentiellement absorbée par les plantes, en pleine croissance, ou s’évapore à cause de la chaleur. La sécheresse peut être accentuée par des températures élevées, notamment en été qui provoquent un assèchement des sols et l’évaporation plus importante de l’eau disponible.
Le manque d’eau peut donc apparaître à tous moments dans l’année.

 Les ressources en eau sont-elles suffisantes en France ? Globalement, au plan national, les ressources en eau sont suffisantes. Des situations de manque d’eau peuvent cependant survenir à certaines périodes de l’année, et dans certaines zones géographiques en raison de prélèvements en eau supérieurs à la ressource disponible.

Une ressource stable La France reçoit chaque année environ 400 milliards de m3 d’eau de pluie, dont les 2/3 s’évaporent : les 175 milliards de m3 restant alimentent les eaux de surface et souterraines. Le débit des rivières de France est resté stable au cours des dernières décennies. La quantité d’eau des eaux souterraines peut varier en fonction du niveau de prélèvement et du taux de renouvellement de ces eaux.

Des prélèvements et utilisations variables
Les prélèvements en eau douce en France représentent environ 32 milliards de m3 par an :
L’industrie rejette une grande partie de l’eau qu’elle prélève. Ses prélèvements représentent près de 70% de l’eau prélevée, soit environ 22 milliards mais elle compte pour 25% des consommations uniquement.
 A l’inverse, l’agriculture consomme presque toute l’eau qu’elle prélève. C’est pourquoi elle représente 50% des consommations pour seulement un peu plus de 10% des prélèvements, soit environ 4 milliards. Les impacts sont importants, car ils sont concentrés sur une seule période de l’année – les 3 mois d’été, où l’agriculture peut représenter jusqu’à 80% de l’eau consommée et certaines zones géographiques où les ressources sont les moins importantes.
L’eau potable représente 25% des consommations. Ce qui représente environ 6 milliards de m3 par an. Un chiffre globalement stable. L’augmentation de la population étant compensée par une diminution de la consommation de chacun.

Pourquoi le cycle de l’eau ne permet-il pas de renouveler suffisamment la ressource ?
 L’eau, prélevée dans les eaux souterraines qui se renouvellent, pour certaines, lentement, est rejetée dans les eaux de surface qui s’écoulent vers la mer. La quantité d’eau qui rejoint les eaux de surface varie fortement en fonction des usages. Selon l’usage et la nature des ressources, le cycle de l’eau ne permet donc pas toujours à lui seul de préserver l’équilibre de la ressource. De plus, si le niveau des nappes souterraines baisse trop à un endroit, l’équilibre hydrogéologique peut se trouver modifié. A proximité de la mer, comme en Gironde, il y a par exemple un risque d’infiltration d’eau de mer (« intrusion saline ») dans les nappes souterraines.

Comment économiser l’eau ?
 Entre juin et août, 80% de l’eau est consommée par l’Agriculture. Limiter l’irrigation à « la bonne dose au bon moment » permet par endroit de diminuer la consommation de 30%. Les économies d’eau dans ce secteur sont globalement encouragées : amélioration du matériel d’irrigation, changement de pratiques, choix de cultures moins consommatrices d’eau. Les légumineuses, racines et tubercules consomment beaucoup moins d’eau que le maïs qui demande une grande quantité d’eau à une période de l’année où la ressource est la moins abondante...
 
Les particuliers sont eux aussi invités à faire des économies d’eau et à réduire leur consommation : en prenant des douches à la place des bains, en installant des chasses d’eau double flux et des réducteurs de pression sur les robinets ou en réutilisant l’eau de pluie.

Des mesures d’économie d’eau sont également préconisées auprès des industriels  : amélioration des modes opératoires pour les rendre plus économes en eau, utilisation de l’eau en circuit fermé, recyclage des eaux de nettoyage.

 

      
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