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Etalement urbain

18 janvier 2010 - Développement durable
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Sommaire :


      

Quelques définitions

15 janvier 2010 (mis à jour le 17 janvier 2011)


La définition de l’aire urbaine varie beaucoup d’un pays à l’autre. En France, l’aire urbaine telle que définie par l’INSEE est un ensemble de communes d’un seul tenant et sans enclave, constitué par :

  • un pôle urbain, qui est une unité urbaine offrant au moins 5 000 emplois
  • une couronne périurbaine composée de communes rurales ou unités urbaines dont au moins 40 % de la population résidente possédant un emploi travaille dans le reste de l’aire urbaine (le pôle ou les communes attirées par celui-ci).

L’unité, urbaine est une commune ou un ensemble de communes qui comporte sur son territoire une zone bâtie d’au moins 2000 habitants où aucune habitation n’est séparée de la plus proche de plus de 200 mètres. En outre, chaque commune concernée doit posséder plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie.

Pour l’Agence européenne de l’environnement, l’étalement urbain représente le phénomène d’expansion géographique des aires urbaines par l’implantation en périphérie, au détriment de larges zones principalement agricoles, de types d’habitat peu denses (banlieues pavillonnaires, maisons individuelles). Cette dilatation de l’espace urbain se traduit par une diminution de la densité des zones urbanisées du fait d’une extension géographique plus rapide que la croissance démographique. En d’autres termes, l’étalement urbain décrit le fait que les villes croissent en surface et que le territoire s’artificialise à un rythme beaucoup plus important que ne l’imposerait le seul facteur démographique.

Ce phénomène peut s’accompagner d’un dépeuplement concomitant des centres-villes, autant en termes d’habitations que d’activités. Ainsi, pour Guillaume Pouyanne (2006), « l’étalement urbain est la traduction morphologique d’[...] un mouvement de déversement de populations et d’activités du centre vers la périphérie de la ville, comme le résume la métaphore du « volcan » (Lacour, 1996) ».

L’étalement urbain est une forme de croissance urbaine mais il ne doit pas être confondu avec celle-ci : la croissance urbaine peut se réaliser sans nécessairement augmenter la surface de l’aire urbaine, par redensification du tissu urbain existant. C’est le renouvellement, ou la reconstruction, de la ville sur elle-même. Le renouvellement urbain permet de limiter les besoins en croissance extra-muros de la ville et donc son étalement. Il s’agit, soit de reconstruire des quartiers anciens, souvent vétustes, en en augmentant la densité, soit de créer de nouvelles constructions « dans les dents creuses », c’est-à-dire dans les espaces interstitiels restés non construits à l’intérieur des villes.

On utilise généralement indifféremment le terme d’étalement urbain et celui d’expansion urbaine, directement hérité de l’ « urban sprawl » anglo-saxon, bien que le terme d’expansion urbaine présente une connotation un peu moins négative. En effet, certains détracteurs de l’étalement urbain peuvent considérer l’expansion urbaine comme acceptable, car nécessaire pour faire face à l’accroissement de la population urbaine.

En réalité, le véritable sujet est plutôt de définir un rythme de consommation de l’espace et, compte tenu de la population à y loger, une densité de construction, acceptables au regard de l’objectif de développement durable, dont une des définitions les plus communément admises est, rappelons-le, celle d’un mode de développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs (rapport Brundtland, 1987). En effet, la population s’accroissant, et affluant encore vers les zones urbaines, il est difficilement envisageable de figer le périmètre des villes à leur emprise actuelle.

Le phénomène d’artificialisation des sols n’est pas exactement synonyme d’urbanisation. Ainsi, on entend par surface artificialisée toute surface retirée de son état naturel (friche, prairie naturelle, zone humide etc.), forestier ou agricole, qu’elle soit bâtie ou non et qu’elle soit revêtue (exemple : parking) ou non (exemple : jardin de maison pavillonnaire). Les surfaces artificialisées incluent donc également les espaces artificialisés non bâtis (espaces verts urbains, équipements sportifs et de loisirs etc.) et peuvent se situer hors des aires urbaines, à la périphérie de villes de moindre importance voire de villages, à proximité des dessertes du réseau d’infrastructures, ou encore en pleine campagne (phénomène d’urbanisme diffus). En conséquence, l’étalement urbain implique nécessairement l’artificialisation des sols concernés alors que la réciproque est fausse, l’artificialisation s’expliquant seulement en partie par l’étalement urbain.

Enfin, la littérature utilise encore de nombreux autres termes tels que la « tache urbaine », le desserrement urbain, la périurbanisation, la rurbanisation, qui tous rendent compte, à quelques nuances près, des phénomènes d’artificialisation des sols et d’étalement urbain.
 

      
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