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Quels scénarios réalistes pour préserver la biodiversité d’ici à 2030 ?

20 octobre 2010 - Développement durable
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Commissariat général au développement durable
Horizons 2030-2050 - Numéro 3 - Septembre 2010

En adoptant, il y a exactement vingt-cinq ans, le terme de biodiversité, les scientifiques ont voulu signifier que l’enjeu n’était plus seulement de conserver certains espaces ou espèces remarquables mais de faire face à une crise, une rupture globale de nos relations à la nature, comparable dans son ampleur à celle qui avait conduit à la disparition des dinosaures il y a 65 millions d’années.

Jamais, dans toute l’histoire humaine, l’érosion de la biodiversité n’a été en effet aussi rapide qu’au cours des cinquante dernières années, si bien qu’aujourd’hui les deux tiers des écosystèmes sont exploités au-delà de leur capacité.

Depuis la fin des années 1980, beaucoup de progrès ont été faits pour comprendre les causes de cette dégradation et rendre explicites les services considérables rendus gratuitement par la nature, indirectement à la base d’au moins 40% des activités économiques.

Mais l’échéance fixée en 2010 pour renverser les tendances passées ne sera pas respectée et l’on peut craindre que le changement climatique ne fasse, au contraire, qu’accélérer le processus.

Pour la France, comme pour beaucoup d’autres pays dans le monde, les deux décennies qui suivront pourraient donc être décisives.

Entre le très long terme des biologistes et l’action quotidienne, la prospective a plusieurs rôles importants à jouer.

D’abord, expliciter et mettre en débat les visions portées par les différents acteurs.

Ensuite, réarticuler les prévisions faites par les scientifiques avec les évolutions anticipées en matière économique, d’aménagement du territoire, d’agriculture, d’énergie.

Enfin, et surtout, permettre une évaluation aussi réaliste que possible des opportunités et des marges de manoeuvre qui seront celles des politiques à long terme de préservation de la biodiversité à l’échelle concrète des territoires, dans une situation qui sera fortement marquée par les difficultés économiques.

Ce sont là les trois objectifs de l’exercice lancé par le ministère, dont ce numéro constitue l’introduction.