Renouvellement de 10 concessions hydroélectriques d’ici 2015
Le ministère du développement durable vient d’arrêter le périmètre précis de renouvellement des concessions hydroélectriques. Il est prévu que 10 concessions d’une puissance cumulée de 5.300 MW seront renouvelées d’ici 2015.
L’ouverture des appels à candidatures s’échelonnera, selon les concessions, entre 2010 et 2013. Les concessions hydroélectriques dans les Alpes (Vallée du Drac, chaîne du Beaufortain et station de pompage de Bissorte), les Pyrénées (Vallées d’Ossau, du Louron et de la Têt) et le Massif Central (vallée de la Dordogne et de la Truyère) seront attribuées entre 2013 et 2015.
L’attribution des concessions se fera dans le respect le plus absolu des exigences de sûreté. Seuls les candidats ayant démontré leurs capacités techniques et financières à exploiter un ouvrage hydroélectrique en toute sécurité seront admis à concourir.
Les offres les plus intéressantes seront retenues selon un triple critère :
- le critère énergétique sera fondé notamment sur l’engagement pris par les candidats de moderniser les installations existantes ou d’ajouter des équipements additionnels.
- le critère environnemental sera établi à partir des projets de protection des écosystèmes et d’intégration de l’ensemble des usages non énergétiques de l’eau, par exemple à des fins d’irrigation ou de loisir.
- le critère financier sera la traduction de la proposition de redevance faite par le candidat. En effet, une redevance hydroélectrique, proportionnelle au chiffre d’affaires de l’ouvrage mais plafonnée concession par concession, va être instaurée dans le cadre de la loi Grenelle 2. Le produit de cette redevance sera partagé à parts égales entre l’Etat et les collectivités territoriales.
La production hydroélectrique en France
L’hydroélectricité présente plusieurs atouts. Il s’agit d’une source d’énergie renouvelable et nationale. Elle permet un stockage de l’énergie et la modulation de la production électrique, apportant ainsi une contribution appréciable à la stabilité du système électrique. Enfin, elle n’est pas productrice de gaz à effet de serre, ni d’autres gaz polluants.
Elle joue un rôle crucial dans la sécurité et l’équilibre de notre système électrique, en permettant :
- un démarrage rapide et une montée jusqu’à la pleine puissance en quelques minutes,
- une bonne stabilité de fonctionnement dans les situations très perturbées que peuvent connaître les réseaux électriques,
- une capacité de redémarrage permettant, en cas d’écroulement du réseau électrique,
de relancer le système électrique.
L’énergie hydraulique constitue la seconde source de production d’électricité en France derrière le nucléaire. Elle représente 12% de la production totale d’électricité, avec une capacité de production de 70 TWh en année moyenne.
On distingue alors plusieurs techniques :
- Les centrales au fil de l’eau, ne disposant pas de capacité pour retenir l’eau, turbinent en continu le débit du cours d’eau. Ces centrales produisent en moyenne 35 TWh par an.
- Les centrales de lacs ou fonctionnant par éclusées permettent de moduler la production électrique en retenant l’eau dans leur réservoir créé notamment par des barrages et en turbinant en période de pointe de consommation. Ces centrales produisent en moyenne 30 TWh par an.
- Les centrales de pompage-turbinage (ou stations de transfert d’énergie par pompage - STEP) utilisent un réservoir amont et un réservoir aval entre lesquels l’eau est pompée vers l’amont en période de basse consommation quand l’électricité est peu chère et turbinée vers l’aval en période de pointe de consommation. Ces centrales au rendement global de l’ordre de 75% produisent environ 5 TWh par an.




