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Ségolène Royal inaugure le 2ème colloque international sur les perturbateurs endocriniens

21 janvier 2016 (mis à jour le 22 janvier 2016) - Prévention des risques
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Dans le cadre du programme national de recherche sur les perturbateurs endocriniens (PNRPE), le ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie (MEDDE), avec l’appui de l’Anses, organise son 2ème colloque international sur les perturbateurs endocriniens et leurs effets sur les écosystèmes et la santé humaine, les 21 et 22 janvier, à Paris. Objectif : faire un point sur les travaux les plus récents sur ces substances préoccupantes.




Qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien ?

Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques présentes dans de nombreux produits ou objets, comme des pesticides, des détergents, des cosmétiques, des matériaux variés de produits d’usage quotidien. Ils modifient la régulation hormonale des êtres vivants, aussi bien chez l’homme que pour la faune. On soupçonne notamment ces substances de provoquer des troubles de la reproduction, des cancers, des maladies métaboliques, des troubles de la croissance, etc. En savoir plus

Au vu des fortes préoccupations exprimées par la communauté scientifique, des organismes de recherche et des associations sur l’impact sanitaire de ces substances, le ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, avec l’appui de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), se mobilise pour faire avancer les connaissances. Un premier colloque sur cette question, fin 2012, avait réuni plus de 300 personnes. Cette année, une nouvelle rencontre est apparue nécessaire pour faire un point sur les travaux les plus récents.

Le programme du colloque

Vingt-cinq conférences sont prévues. Interviendront notamment Jean-Pierre Bourguignon de l’université de Liège, Germaine Buck-Louis du National Institute of Child Health & Human Development aux États-Unis, Patrick Fénichel du centre hospitalier universitaire de Nice, René Habert du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives, Christy Morrisey de l’université du Saskatchewan, et Leonardo Trasande de l’université de New-York.

Divers sujets seront abordés durant le colloque :

  • effets des perturbateurs endocriniens sur les écosystèmes ;
  • désordres métaboliques et diabète associés aux perturbateurs endocriniens ;
  • effets épigénétiques et transgénérationnels ;
  • effets des perturbateurs endocriniens sur le système de reproduction ;
  • effets des mélanges de perturbateurs endocriniens ;
  • effets du bisphénol A et de ses substituts ;
  • expertises, évaluation de risque et coûts.

Objectif : réduire l’exposition des populations et de l’environnement aux perturbateurs endocriniens

Ce deuxième colloque marque la priorité accordée par les pouvoirs publics à la recherche sur les perturbateurs endocriniens. La stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens, adoptée par le gouvernement le 29 avril 2014, a par exemple conforté l’interdiction du bisphénol A dans les biberons et dans les matériaux au contact des denrées alimentaires. La France a multiplié ses actions d’évaluation des risques sur des substances susceptibles d’interférer avec la régulation hormonale. L’objectif est de mieux protéger la santé et de faire de la France un pays moteur de l’adoption, par l’Europe, de règles plus protectrices. Cela concerne tout à la fois la santé humaine mais aussi la qualité des milieux qui, d’ailleurs, nous alerte souvent sur les contaminations et leurs effets.

Ségolène Royal a ainsi demandé aux Commissaires européens chargés de l’emploi, de la croissance, des investissements et de la compétitivité ; de l’environnement, des affaires maritimes et de la pêche ; de la santé et sécurité alimentaire :

  • d’étendre l’interdiction du bisphénol A dans les contenants alimentaires au niveau européen, alors qu’il est déjà interdit en France depuis le 1er janvier 2015.
  • de restreindre l’utilisation du bisphénol A dans les tickets de caisse pour protéger les agents de caisse et les consommateurs.

Enfin, la stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens prévoyait de confier à l’Anses l’expertise de 5 substances suspectées perturbatrices endocriniens chaque année pendant 3 ans, de 2014 à 2016 inclus. Ségolène Royal souhaite que l’Anses accélère ce travail, avec 20 substances à expertiser sur trois ans. Ces travaux devront notamment porter sur les pesticides, comme le chlortoluron, largement utilisé comme herbicide pour les céréales.

Le programme national de recherche sur les perturbateurs endocriniens (PNRPE)

La recherche joue un rôle essentiel pour améliorer les connaissances sur des sujets aussi complexes que celui des perturbateurs endocriniens.
Afin d’encourager la production de connaissances scientifiques, le Commissariat général au Développement durable du ministère pilote, depuis 2005, le programme national de recherche sur les perturbateurs endocriniens (PNRPE). Ce programme a pour objectif de soutenir des recherches fondamentales et appliquées en appui aux praticiens de l’action publique sur les questions de perturbation endocrinienne. Quatre appels à propositions de recherche ont été lancés depuis sa création, soit 39 projets financés pour un montant de plus de 5 millions d’euros. Le PNRPE rassemble les acteurs de différentes disciplines (biologie fondamentale, médecine, écotoxicologie, épidémiologie, sciences humaines et sociales…). Les projets abordent des problématiques transversales et pluridisciplinaires et contribuent à l’élaboration des politiques publiques. L’animation scientifique du programme a été confiée à l’Anses.

Télécharger le discours de Ségolène Royal (PDF - 92 Ko)

Crédits photo Une : Bernard Suard/MEDDE.

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