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La continuité écologique des cours d’eau

 

 

La continuité écologique est une notion que les lois « Grenelle » de 2009 et 2010 ont mise en avant en créant la trame verte et bleue. Toutefois, la notion de continuité écologique des cours d’eau (circulation des poissons et transport des sédiments) existait dans sa dimension « circulation des poissons », depuis bien longtemps. Les 1ers classements de cours d’eau sur lesquels les barrages devaient être aménagés pour leur franchissement par les poissons, ont été imposés par une loi de 1865 ! A partir de 1984, l’obligation d’aménagement de « passes à poissons » dans un délai de cinq ans, s’est appliquée à de nombreux ouvrages existants. La question est donc loin d’être nouvelle, même si sa pertinence a été renforcée par l’objectif d’atteinte du bon état des cours d’eau fixé par la directive cadre sur l’eau de 2000. Les présentes pages expliquent l’importance de restaurer suffisamment cette dimension essentielle du fonctionnement des cours d’eau.

 

Depuis la loi sur l’eau et les milieux aquatiques de 2006, la restauration de la continuité écologique des cours d’eau suscite beaucoup d’interrogations, de scepticismes voire d’oppositions, parfois très tranchées et très diffusées. Beaucoup d’idées fausses circulent d’ailleurs sur la nécessité de maintenir tous les seuils en rivière, sur l’absence de priorité de leur aménagement voire sur les perturbations négatives que déclencherait leur suppression. Des réponses à ces idées fausses sont apportées dans le dernier chapitre des présentes pages.


7 décembre 2015
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Sommaire :


      

Un cours d’eau : comment ça marche ?

3 décembre 2015 (mis à jour le 4 décembre 2015)

Le cycle de l’eau est un cycle continu qui lie à la fois l’atmosphère à la terre grâce à des processus de circulation de l’eau sous différentes formes (liquide, vapeur, glace). Ces transformations sont illustrées dans le dessin intitulé « Continuité du cycle de l’eau » dans lequel sont schématisés les principaux processus de circulation de l’eau : précipitation, évaporation, écoulement de surface et écoulement souterrain.



D’où vient l’eau des cours d’eau ?

 

Depuis des milliards d’années, la même eau est en circulation au sein de ce cycle de l’eau, et elle se transforme en permanence (atmosphère, surface et sous-sol).

Ce cycle n’a ni commencement ni fin car les mécanismes du cycle de l’eau (cycle hydrologique) ne surviennent pas les uns à la suite des autres mais aussi simultanément. C’est pourquoi, ce cycle est dit continu.

Le débit est la « quantité d’eau s’écoulant en une seconde en un point donné d’un cours d’eau » (Larousse). Celui-ci est constitué grâce aux différents processus d’écoulement décrits ci-dessus. La quantité d’eau arrivant au cours d’eau va dépendre des principaux facteurs suivants :

  • la quantité de pluie qui tombe : la pluviométrie
  • les réserves d’eau : notamment nappes phréatiques et glaciers
  • la structure physique du bassin versant (cf. schéma ci-après) : sa forme, son relief, sa composition

En fonction de ces différents paramètres, l’étendue des réponses possibles à un évènement pluvieux est très vaste.

 

Fonctionnement des cours d’eau

 

L’ensemble des bassins versants alimente le réseau hydrographique. Le réseau hydrographique est « l’ensemble constitué par les fleuves et leurs affluents drainant une région plus ou moins étendue » (Larousse). Celui-ci est assimilable au système vasculaire du corps humain et l’exemple de la France est donné sur la figure ci-après.

Le réseau hydrographique est la base du fonctionnement de l’écosystème aquatique, c’est à dire du « système formé par son environnement (biotope) et par l’ensemble de ses espèces (biocénose) qui y vivent, s’y nourrissent et s’y reproduisent » (Larousse).

Un cours d’eau présente naturellement un profil d’équilibre qui permet à toute rivière de tendre vers une pente qui assure le transport vers l’aval des matériaux solides provenant de l’amont. Le transport de matériaux, et surtout sa variabilité, génère de la mobilité. C’est pourquoi le cours d’eau est un architecte : hydraulique, morphologique et sédimentaire.

Une rivière est un axe « de circulation » dont « le transporteur » est l’eau. Ce transport peut être actif (cf. schéma), ou passif (cf. schéma).

 

Les variations de débit sont à la base du fonctionnement d’une rivière et permettent la création d’habitats. L’habitat dans un cours d’eau ne se localise pas au hasard mais selon une logique morphologique (c’est-à-dire selon le faciès : profondeur, largueur, pente, le type de berge, de substrat) et géographique qui s’organise à la fois longitudinalement et transversalement. Ainsi, la faune s’implante en fonction de la présence ou non des conditions nécessaires à sa survie (température précise, pH adapté, quantité de lumière, certaine concentration d’oxygène, …).


 

      
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