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Zoom métiers dans l’économie verte

6 janvier 2015
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Sommaire :


      

Zoom sur les métiers du tourisme

3 mai 2012 (mis à jour le 4 mai 2012)


 Synthèse de 2 rapports de décembre 2009 et novembre 2010 sur l’impact de l’économie verte sur ces métiers

 
Président : Gérard RUIZ Inspecteur général au conseil général de l’environnement et du développement durable
Rapporteur : Hélène BEGON, sous directrice de l’intégration des démarches de développement durable par les acteurs économiques au commissariat général au développement durable
 
 

I. Le rapport de mobilisation pour les métiers de l’économie verte dans le tourisme

 
Le comité a retenu une définition du tourisme qui comprend :
  • les sites
  • les hébergements touristiques
  • les transports par car de tourisme
  • le tourisme urbain, rural, de montagne, littoral (voire à terme spatial...)
  • les métiers de la vente de voyages, du guidage
  • les activités des touristes : shopping, tourisme d’affaires, culture, balnéothérapie…
  • le tourisme social
  • l’animation et le sport liés au tourisme
 
Le tourisme en France fait partie des filières qui sont très fortement concernées par les évolutions liées à l’économie verte et plus généralement par le développement durable et qui doit par conséquent muter rapidement malgré l’absence de risques de délocalisations ou de contraintes fortes de changement technologique, car :
  • Il représente un potentiel économique (6,3% du PIB ) et un gisement d’emplois (1 million d’emplois directs) considérables
  • Il est tenu de s’adapter aux demandes des touristes-consommateurs de demain
  • Il doit anticiper les futures contraintes sur les ressources nécessaires à son activité (nature, énergie, bâti,..)
  • Il peut avoir un effet pédagogique très significatif sur les goûts et les comportements des touristes et particulièrement les jeunes.
 
Le tourisme compte un nombre important d’emplois saisonniers, d’emplois à temps partiel et de doubles emplois. Beaucoup d’emplois sont peu qualifiés. Un emploi dans le tourisme représente souvent une porte d’entrée dans la vie professionnelle notamment dans les filières hébergement, restauration, animation, sport.
 
Le tourisme n’a pas été identifié comme un secteur d’activité devant se préparer à une mutation lourde. Pour autant, il fait partie des filières qui, parce qu’elles représentent un potentiel économique important, doivent muter pour s’adapter aux demandes des consommateurs et aux contraintes environnementales.
 
De façon générale, il n’y a pas de reconversion lourde, de pertes d’emplois ou de délocalisations prévus dans le tourisme. Le comité estime nécessaire de verdir tous les emplois, soit par une sensibilisation, soit par une formation légère ou lourde : en général le cœur de métier restera le même mais les éco-compétences seront à développer. Les métiers de l’animation et du sport semblent avoir pris de l’avance dans ce domaine.
 
L’offre de formation universitaire s’est beaucoup développée ces dernières années. Les diplômes tourisme et hôtellerie-restauration de ce niveau sont cependant de plus en plus concurrencés sur le marché de l’emploi par d’autres diplômes plus généralistes - commerce, communication, gestion. Il existe une cinquantaine de masters professionnels, une soixantaine de licences professionnelles, ainsi que deux principaux BTS.
 
Si la formation continue en tourisme est importante, il n’existe pas de réseau de formation continue spécifique au tourisme, exception faite de quelques écoles spécialisées, notamment dans les formations en hôtellerie/restauration.
La très grande majorité des entreprises et services publics du tourisme étant de très petite taille et disséminés sur l’ensemble du territoire, la mobilisation des acteurs territoriaux de la formation (notamment régions, chambres consulaires et fédérations professionnelles) sera cruciale.
 
Actuellement le développement durable, s’il est l’objet de quelques masters et commence à être enseigné sous forme de modules dans les formations de niveau I et II, demeure encore rare dans les formations de niveaux III, IV et V.
Les initiatives d’intégration du développement durable dans les formations même inférieures au niveau III commencent actuellement à s’étendre, mais le terrain n’est pas toujours prêt, ni favorable du côté des employeurs, faute de connaissance ou de prise en compte des enjeux.
Le comité de domaine tourisme estime que l’impact du passage à une économie verte sur certains métiers du tourisme par exemple, fait apparaître un très important besoin de formation initiale et continue. Plutôt que de créer des formations spécialisées en développement durable, il est préférable de susciter le changement de pratique professionnelle. Les structures de tourisme, et notamment la petite hôtellerie, arrivent à un moment de la pyramide des âges de leurs dirigeants qui rend urgente la mobilisation en faveur de leur reprise dans les meilleures conditions. Les croisements entre tourisme et croissance durable doivent être mieux connus sur le terrain, surtout des principaux intéressés. Cela passe par une action de sensibilisation des acteurs, parmi lesquels il ne faut pas oublier les consultants et les services des collectivités publiques.
 
Typologie des croisements entre les problématiques du tourisme et de la croissance verte
 
Ce qui caractériserait un tourisme durable dans une croissance verte serait naturellement un tourisme qui veillerait à réduire les effets négatifs et poursuivre les effets positifs ainsi listés :
 
Biodiversité
 
Trame verte et bleue
La France a un patrimoine très riche mais menacé. Elle est le seul pays présent dans 5 des 34 "points chauds" de la biodiversité mondiale : Méditerranée, Caraïbes, Océan Indien, Polynésie et Nouvelle-Calédonie. Elle possède le 2ème domaine maritime au monde avec 10% des récifs coralliens et lagons. Au total, la France abrite plus d’espèces que toute l’Europe continentale, mais elle est au 9ème rang mondial pour le nombre d’espèces animales et végétales menacées, selon la Liste rouge de l’UICN.
Biodiversité de prélèvement pour le tourisme : alimentation servie, matériaux de construction…
Biodiversité récréative pour le tourisme : facteur d’attraction, risques d’atteinte par la mauvaise ou la sur-fréquentation de touristes
Mécénat d’entreprises touristiques, par ex pour la reforestation
Eau
Eau récréative : avec 27 % des séjours personnels et 40 % des nuitées en 2007, le bord de mer reste l’espace touristique préféré des Français : c’est là qu’ils séjournent le plus longtemps (7,7 nuits en moyenne). Demande accrue de piscines et jeux aquatiques dans les campings et même les gîtes et résidences secondaires
Eau pour la consommation humaine : boisson, hygiène
Eau pour l’entretien des espaces verts, pour la maintenance des forêts
Transports
Incertitude forte sur le coût de l’énergie et notamment du pétrole dans l’avenir. Incertitudes consécutives sur le transport sur longue distance notamment (aérien) et donc sur le tourisme international. Toutefois :
si l’apport économique des touristes étrangers est important pour l’économie française, ce sont cependant les résidents qui font la majorité du tourisme en France : ils réalisent les deux tiers des nuitées et de la consommation touristique
la grande majorité des touristes étrangers séjournant en France sont des Européens. Ils représentent 87 %des arrivées et 82 %des recettes (forte fréquentation des hébergements de plein air et importance croissante des résidences secondaires, courtes étapes sur la route de l’Espagne ou de l’Italie). Les touristes originaires du continent américain représentent 7 % des arrivées et apportent près de 10 % des recettes, les touristes en provenance d’Asie et d’Océanie, 5 % des arrivées et 6 % des recettes.
Effet de serre : Le secteur du tourisme, via notamment le poste transport aérien, émet 5 % environ des gaz à effet de serre dans le monde. Par ex., dans une étude conduite au début de l’année 2008, le WWF affirme qu’il serait possible d’économiser 22 millions de tonnes de CO2 si 20% des voyages d’affaires étaient remplacés par des visioconférences.
Les déplacements effectués par les touristes français entre leur lieu de résidence et leur lieu de villégiature représentent 65% des distances parcourues en France et 6% des émissions de gaz à effet de serre (GES) françaises, transport international inclus, 3% si l’on ne prend en compte que les critères actuels du protocole de Kyoto (hors tourisme des Français à l’étranger). Les déplacements les plus producteurs de GES sont concentrés sur une minorité de touristes : 5% de la population française contribuent à eux seuls, par leurs déplacements vers les lieux de vacance, à la moitié des émissions dues aux déplacements touristiques.
Succès des vélos – routes voies vertes. Etude 2009 sur l’économie du vélo en France :
- 4,5 milliards d’euros
- 35.000 emplois
- Un retour sur investissement élevé pour la collectivité
- 500 M€ de dépenses annuelles
- 700 M€ de recettes fiscales
- Une haute teneur en emploi : 10 emplois/million d’euros contre 2,5 dans l’industrie automobile.
- Une dépense supérieure de 20% à la moyenne des touristes
- 2e activité en séjour derrière la randonnée pédestre
Développement possible du tourisme de navigation de plaisance.
Pas assez d’offre de déplacements multimodaux autour des clusters de transport, ce qui fait que la plupart des touristes prennent leur voiture pour leurs déplacements. (82% des déplacements touristiques en France)
Changement climatique
Mouvement vers le Nord des touristes (GB +, Esp -), à priori un avantage pour les destinations rurales et la montagne en été
La climatisation suffira-t-elle à faire rester les clients ? Aller vers l’éco-conception des hébergements
Un mouvement vers le tourisme hors-sol à éviter
La baisse de l’enneigement en montagne
Baisse de la ressource en eau et sécheresse : plus d’eau en hiver, moins en été : alimentation en eau (îles), mais surtout sports d’eau douces (lacs, rivières…), feux de forêt (campings). Nombreuses conséquences possibles :
Interdiction du canoë-kayak (2006)
Interdictions de pêche (2003)
Marnages trop importants et découvrant au-delà des plages aménagées, les fonds des plans d’eau
Eutrophisation des plans d’eau
20 % des communes littorales ont leurs plages atteintes par l’érosion (une part est vraisemblablement liée au changement climatique)
Une évolution vers des paysages secs (été, automne)
Une évolution des paysages suite à l’évolution des activités agricoles
Moindre résistance des forêts aux maladies
Spécificité des événements extrêmes : accroissement de la fréquence des cyclones ? Changement de trajectoire ? Risques associés (inondations…)
Risques sanitaires : réchauffement des eaux ; modification de la faune sous-marine (multiplication des méduses…)
Récifs coralliens : dégradations importantes selon les lieux, risques de disparitions massives au cours des prochaines décennies
Apparition de maladies absentes ? Développement de maladies présentes ?
Pollution de l’air
Intoxications alimentaires
Pics de mortalité été/hiver
Etc.
Responsabilité sociale interne des entreprises
Part importante du travail saisonnier et à temps partiel dans le tourisme
Part importante du travail peu qualifié, notamment dans le secteur HCR
Difficultés de recrutement et de maintien dans l’emploi, notamment dans le secteur HCR, du fait des conditions salariales et de travail
Responsabilité sociale externe des entreprises
Incidences de l’implantation d’une activité / d’un hébergement touristique sur l’économie locale en France et à l’étranger.
Pour le parc du tourisme social notamment :
- 17% des établissements sont implantés dans des communes de moins de 500 habitants
- 36% sont implantés dans des communes de moins de 1.000 habitants
- 80% sont implantés dans des communes de moins de 5.000 habitants
Influence des opérateurs touristiques sur les décideurs du territoire pour faire évoluer la gestion locale vers davantage de développement durable (par exemple par ses achats)
Secteur du tourisme solidaire ou équitable : un tourisme qui participe au développement des populations et pays visités. Ce tourisme, fondé sur une notion de proximité, recouvre trois dimensions, complémentaires :
- une dimension socio-économique : des échanges commerciaux équitables et un développement durable
- une dimension éducative pour d’autres modes de relations commerciales basées sur la confiance et la transparence
- une dimension politique avec un engagement pour plus de justice dans les règles du commerce international
Secteur du tourisme responsable : axé sur la connaissance des réalités locales, de la culture, des modes de vie et aussi de la situation politique et sociale des populations, il alterne en général activités culturelles et rencontres avec des acteurs locaux (association, projets sociaux)
Importance quantitative et politique du tourisme social sur le territoire français - Politiques d’aide au départ en vacances sur le territoire français. Tourisme ® facteur de développement personnel, de bien-être
Participation de groupes de transport ou d’hébergement à la lutte contre le tourisme sexuel
Production et consommation responsables
Le professionnel du tourisme est aussi un acheteur : il doit apprendre à acheter et pas seulement à produire « durable »
Le touriste est avant tout un consommateur qui peut acheter et consommer durable.
Problématique de l’affichage environnemental des produits de grande consommation.
Risques
Changement climatique : cyclones, inondations, épidémies, feux de forêts…
Déchets
Problématique de la sur-fréquentation, par exemple dans les stations littorales l’été
Possibilité de valorisation des déchets dans les grandes structures (campings, villages de vacances…)  : compost, chauffage…
Paysage
Ambivalence du tourisme, qui vit des paysages mais qui est également accusé de participer à leur destruction (ex : stations balnéaires ou de montagne) par des constructions inadaptés, des installations lourdes tels les téléphériques ou la sur-fréquentation de sites naturels
Culture, patrimoine
Ambivalence du tourisme, qui vit des cultures et patrimoines (y compris gastronomiques) visités, qui aide à leur survie ou leur développement, mais peut aussi être accusé de participer à leur destruction.
Secteur du tourisme responsable souhaite favoriser le maintien des cultures locales
Question des métiers de guides et conférenciers pour favoriser la qualité de l’accès à la culture et au patrimoine : ces professions doivent-elles, pour cette raison, demeurer réglementées ?
Bâtiment
Les hôtels font partie des « bâtiments tertiaires » au sens des lois Grenelle 1 (13 août 2009) et 2 (au Parlement) : exigences d’efficacité énergétique renforcées pour les bâtiments neufs dès 2010 – obligations de rénovation énergétique
Problématique centrale de l’hôtellerie « économique » dont les bâtiments pourraient ne pas passer le cap des obligations de mise à niveau imposées par les nouvelles normes.
Loi de février 2005 sur la mise en accessibilité d’ici 2015 des bâtiments accueillant du public
Exemplarité possible des hébergements touristiques pour la démonstration d’un habitat et d’un mode de vie durables
Energies renouvelables
Possibilité d’installer des systèmes de production d’énergies renouvelables sur les bâtiments touristiques et leurs dépendances
Agriculture « raisonnée »
Utilisation de produits biologiques, faveur des produits locaux et de saison, dans la restauration touristique
Gîtes et chambres d’hôtes ruraux, accueil à la ferme, métiers d’accompagnateurs, élevage de chevaux de randonnée, travail saisonnier en station de ski etc. pour permettre la diversification des petites exploitations :
« Si le nombre d’exploitations pratiquant l’agritourisme a augmenté de 13 % entre 1988 et 2000, il demeure un secteur d’activité encore en devenir. Le dernier recensement général de l’agriculture, qui a eu lieu en 2000, a en effet mesuré que sur 650.000 exploitations : – 2 % proposent un hébergement touristique : 150.000 lits sont ainsi disponibles, soit autant que ceux exploités par les villages de vacances et les résidences de tourisme ; – 0,4 % ont une activité de restauration ; – 0,92 % proposent des services et activités touristiques tels que la visite d’exploitations ou des activités équestres »
FRANCOIS-PONCET Jean, BELOT Claude – Rapport d’information fait au nom de la Délégation à l’aménagement et au développement durable du territoire sur le nouvel espace rural français. Paris, Sénat, 2008,
Labels, classements
Ecolabel :
Les hébergements touristiques et les campings sont dans le périmètre de l’écolabel. 59 hébergements et 16 campings sont porteurs de la marque en France en novembre 2009 sur 288 hôtels et 54 campings (juil. 09) en Europe, soit une croissance très rapide après 3 années de mise en place (écolabel tourisme créé en 2003).
Clé Verte – en 2009 :
302 hébergements en France (230 campings, 51 hôtels, 21 gîtes, chambres d’hôtes et locations)
Dans le monde, plus de 700 hébergements verts dans 13 pays (Danemark, Chypre, Pays-Bas, Italie, France, Portugal, Japon, Suède, Lituanie, Belgique, Maroc, Tunisie, Estonie) 
Gîte Panda : en 2009 : 290 hébergements en France
La certification Agir pour un tourisme responsable est attribuée par l’organisme Afaq-Afnor. Le référentiel a été déposé en mai 2006 à la DGCCRF et publié au JO du 16 mars 2007.
Selon une enquête SOFRES 2009 un voyageur sur deux connaît l’un de ces quatre labels …. qui représentent 0,5% de l’hébergement et 2,25% des campings en France !
Green Globe : Green Globe est un label international créé en 1999 pour le voyage et le tourisme durable.
7 hôtels et 1 agence de voyages porteurs de la marque en France
La réforme des classements des différents hébergements touristiques (2008 – 2010) a intégré des critères relatifs au développement durable
La réforme des communes touristiques et stations classées (sept. 08) a intégré des critères relatifs au développement durable
Agendas 21
Pôles d’excellence rurale
Nombre de projets sont basés sur le tourisme durable, la mise en valeur de ressources locales par le tourisme
Education à l’environnement et au développement durable, formation de « l’éco-citoyen »
Rôle du secteur du tourisme associatif pour l’éducation au développement durable, notamment des jeunes (ex : réseau Ethic Etapes)
Rôle pédagogique, en direction de la protection de l’environnement et du développement durable, des métiers de l’animation, du tourisme vert
Exemplarité possible des hébergements touristiques pour la démonstration d’un habitat et d’un mode de vie durables
Développement durable = facteur d’attractivité touristique
Demande croissante de la part des « grands comptes » du tourisme d’affaires
Demande de la clientèle Nord Europe et Nord Amérique
Politique de labellisation / marquage (écolabel, écolodge, etc.) ; actions (commerciales ?) de compensation carbone des déplacements
Accès aux vacances
Politique et label Tourisme et Handicap (plus de 3250 labels attribués à ce jour). Volonté d’élargir la politique du handicap à la politique de l’accessibilité pour tous
Politiques d’aide au départ en vacances sur le territoire français : 30% de français ne partent pas en vacances dans l’année, chiffre qui stagne depuis plus de 10 ans.
En 2006, à la fourchette de revenus 800 €-2300 € bruts mensuels par foyer correspondait un taux de non départ de 70% à 40%, à 3000 €, le taux de non départ s’abaissait à 30% et à 5000 € il tombait à 20%.
Problématique des jeunes et des seniors, tranches d’âge qui partent le moins : 20-24 ans : 46% de non-partants dans la tranche d’âge) et + de 65 ans : 39% en moyenne, mais avec des écarts important).
Agence nationale des chèques vacances (1 Mds € de chiffre d’affaires annuel)
Territoires spécifiques
Montagne : réchauffement climatique, paysage…
Mer : qualité de l’eau, paysage, déchets, comportements des plaisanciers et plongeurs…
Territoires ruraux : répond au goût croissant pour la proximité, sports de nature, double activité pour les agriculteurs…
Le total des hébergements ruraux en 2008 se porte à 57 789 sur un total d’environ 235 400 (hors résidences secondaires). En outre les 3/4 des 2200 petits terrains de camping (pouvant accueillir au maximum 20 personnes sur au maximum six emplacements) sont situés sur une exploitation agricole (camping à la ferme).
Ces tourismes sont appelés à se développer dans le cadre de la croissance verte : bon bilan carbone du point de vue des transports, bien placés pour l’initiation à l’environnement, aux écosystèmes, à la biodiversité, voire pour développer des produits plus sophistiqués tels que « bienvenue à la ferme bio », et pour des séjours touristiques à faible empreinte écologique.
Toutefois, à long terme, le changement climatique pourrait changer l’économie touristique de certaines régions, d’autant plus fortement pour ce secteur du tourisme qu’il est très dépendant de la Nature.
Territoires urbains : problématiques des transports, des déchets
Stations « volets clos » = ouverts en saison et quasi vides le reste de l’année.
Antarctique : restrictions majeures au tourisme
Iles : besoins de protection contre la sur-fréquentation ; risques de submersion par hausse des eaux marines, menace sur les récifs coralliens
Parcs naturels, parcs nationaux, sites protégés, Sites UNESCO
 

Il s’agit d’une activité de services où les métiers sont très divers et essentiellement de niveau de qualification moyenne à faible (niveau III et inférieurs). Les niveaux universitaires sont plutôt réservés à des activités de management, d’encadrement ou de conseil en aménagement relativement limités.

 
Concernant les évolutions des métiers, le comité a dégagé les caractéristiques suivantes (dans un tableau recensant l’ensemble des métiers du tourisme croisés avec le degré d’impact de l’économie verte sur les compétences) :
  • Il n’y a pas de métier qui ne soit pas modifié dans ses gestes ou comportements professionnels par les évolutions liées au développement durable
  • Quelques métiers seront peu modifiés dans les gestes et comportements professionnels. Pour ceux-là, une sensibilisation de contexte suffira
  •  La grande majorité des métiers verra leurs gestes professionnels et leurs comportements modifiés. Une formation sera nécessaire
  •  Quelques métiers « verts « , existants ou en émergence (conseiller en développement durable / empreinte écologique / bilan carbone / eco-conception dans le domaine du tourisme - risk manager (gestion des risques juridiques et financiers d’un manquement aux exigences du développement durable), ...) requièrent une formation finale centrée sur le développement durable.
 

Tableau croisant les métiers du tourisme et le degré d’adaptation à la transition vers l’économie verte :

Typologie par métier : adaptation des métiers du tourisme au développement durable (DOC - 310 Ko)

 
 

II. Les préconisations du comité pour faciliter l’évolution des métiers et des emplois de la filière du tourisme durable

 
La première recommandation du comité est de passer en revue rapidement toutes les formations initiales et continues, les diplômes et la valorisation des acquis de l’expérience (dite VAE) du tourisme pour y instiller les nouveaux gestes professionnels liés à l’économie verte et au développement durable.
 
Pour cela, il propose :
  • d’appuyer la prise en considération par la commission nationale de la certification professionnelle et les commissions paritaires consultatives traitant des métiers du tourisme (notamment la 17ème CPC de l’Education nationale « Hôtellerie - restauration - tourisme » ainsi que les CPC des métiers du sport, de l’agriculture, de l’animation) de l’importance d’intégrer et de valoriser les aspects de développement durable dans les gestes professionnels de demain, à l’instar de la réforme des deux BTS tourisme « Vente et production touristique » et « Animation et gestion touristique locale » lancée en septembre 2010 ou des réformes lancées des métiers d’animateur développement durable ou d’éducateur sportif.
  • de réfléchir à la création d’une plate-forme réunissant, sous le pilotage des administrations concernées, du service public de la formation et de l’emploi et des professionnels, quelques techniciens capables de décrire par le menu ce que doit être le tourisme durable et les besoins de compétence en la matière par grand type de métier L’intérêt de la plate-forme serait de constituer la base utile en une seule fois pour tout le monde, dans des mondes du tourisme et de la formation très éclatés (Education Nationale, ADEME, commissariat général au développement durable, GIE Atout France, sous direction du tourisme, AFPA, professionnels représentant le secteur... ). A défaut, les travaux de « verdissement » des compétences menés pour les BTS du tourisme, les baccalauréat de l’hôtellerie - restauration ou les métiers de l’hôtellerie l’hôtellerie - restauration et de plein air devront être le mieux possible être diffusés à l’ensemble des parties intéressées car les méthodologies employées et les typologies élaborées sont reproductibles
  • de recruter et former les formateurs au développement durable dans les filières tourisme, priorité surtout pour les niveaux IV et inférieurs. La Fédération française des techniciens et scientifiques du tourisme organise des formations au tourisme durable notamment à destination des professeurs en BTS.
  • dans le même temps de conduire une politique de sensibilisation des professionnels, majoritairement des très petites entreprises (TPE), aux enjeux de la demande à venir pour des services associant le développement durable, pour que la demande de formation se déclare. A ce titre, la mobilisation du réseau des CCI, notamment avec la démarche RESPECT, est saluée, tandis que l’agence Atout France a mis les métiers du tourisme au menu de ses rencontres annuelles de fin 2010, que le syndicat national des agents de voyage a réalisé un guide du tourisme durable à destination de ses adhérents et informé sa commission développement durable des travaux du plan « métiers de l’économie verte » et que l’institut français du tourisme a reçu un nouveau mandat en matière d’emploi, de formation et de recherche dans le tourisme.
 
Les autres principales recommandations concernent :
  • l’attention portée aux conditions d’emploi des nombreux saisonniers pour renforcer l’attractivité et la qualification de ces métiers ;
  • l’attention portée aux conditions d’emploi dans les secteurs Hôtellerie-cafés-restauration et Vente de voyages (problèmes d’attractivité et de turn over) ;
  • la nécessité de veiller à la qualité de l’insertion dans l’emploi : le tourisme, gros pourvoyeur de métiers peu ou pas qualifiés, est une importante porte d’entrée pour des personnes peu ou non qualifiées en recherche d’emploi ;
  •  l’information de la clientèle : accroître la diffusion des « éco-labels ou des labels de tourisme durable, revoir les classements de tourisme dans un sens plus durable ;
  • le suivi de ces évolutions des emplois du tourisme dans le futur observatoire national des emplois verts
  • le renforcement de la recherche dans le tourisme durable (elle est notoirement insuffisante car inorganisée).
 

La période récente a vu la thématique du tourisme durable monter en puissance

 
  • création du partenariat mondial pour le tourisme durable (février 2010)
  • réactivation du comité français pour le développement du tourisme durable (mars 2010)
  • intégration dans l’ensemble des classements des hébergements touristiques de critères liés au développement durable dont la sensibilisation et la formation du personnel à ces problématiques
  • fusion des deux BTS tourisme « Vente et production touristique » et « Animation et gestion touristique locale » avec intégration, dans la partie liée aux problématiques territoriales, de nombreux enjeux du développement durable
 

Dans le cadre des conventions régionales d’expérimentation signées au titre du plan national Métiers entre le MEDDTL et les régions, la problématique de la formation en tourisme durable est traitée par La Réunion (signature en mai 2011) : 

Filières

Domaines

Métiers Impactés

Modules thématiques de formation

TOURISME

Hôtellerie

Agent d’hôtellerie

Réduction du volume de lavage

Economie d’énergie

Utilisation des produits de nettoyage « verts »

Restauration

Serveur/serveuse de restauration

Art de la table (art floral local)

Commercialisation produits locaux

Cuisinier

Agent de restauration

Utilisation des « produits bio » ou issus de l’agriculture raisonnée

Modes de cuisson économe

Animation Touristique

Animateur de loisirs

Animateur de tourisme

Sensibilisation au tourisme durable

Culture gastronomique

Faune, Flore endémique

L’habitat créole

Entretien sentiers, chemins

 

 

 

      
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