La conférence internationale sur le climat, qui s’est tenue à Bali du 3 au 14 décembre 2007, a réuni 190 pays. La "feuille de route de Bali", calendrier de négociations pour les deux prochaines années, a été adoptée. Elle permettra de poser les jalons d’un accord prolongeant le protocole de Kyoto qui arrive à échéance en 2012. Pays développés et émergents y sont associés.

Bali - photo du site : http://unfccc.int/
La conférence de l’Onu sur les changements climatiques à Bali vient de s‘achever par la conclusion d’un accord lançant les négociations sur le futur régime de lutte contre le réchauffement climatique.
Ce processus de négociations devra être lancé au plus tard en avril 2008 et conclu fin 2009 lors de la conférence sur le climat organisée par l’Onu à Copenhague.
Jean-Louis Borloo avait demandé, au nom de la France, un engagement des pays industrialisés sur une réduction "de 25 % à 40 % d’ici à 2020 de leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990".
Il avait également annoncé que la France soutiendrait des programmes de lutte contre la déforestation et la dégradation des forêts, ainsi que contre la désertification et la dégradation des sols.
Pour le ministre du Développement durable, il était impératif que les parties prenantes adoptent un mandat de négociations. Il a pour cela insisté sur le levier de croissance que constitue un "développement sobre en carbone".
La "feuille de route de Bali" :

photo site : http://www.iisd.ca/
- Elle stipule que les négociations sur les suites à donner au protocole de Kyoto, dont les premiers engagements expirent en 2012, doivent commencer "au plus tard en avril 2008" et aboutir en 2009 ;
- Elle souligne "l’urgence" d’une action internationale face au réchauffement en renvoyant aux travaux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec).
Deux scénarios sont évoqués : une réduction des émissions de -10 à -30% (par rapport à 1990) pour les pays industrialisés d’ici 2020, avec des efforts "marginaux" de la part des pays en développement. Le deuxième, plus ambitieux, recommande -25 à -40% d’ici 2020 pour les pays développés, 50% pour tout le monde d’ici 2050.
- Elle lance un "processus" global qui, pour la première fois, réuni sous le même chapeau pays industrialisés et pays en développement, invités à réduire leurs émissions polluantes.
Aux premiers, l’accord enjoint de prendre les "engagements ou actions appropriés", les seconds sont priés de lancer "des actions vérifiables et mesurables", sans notion de contrainte.
L’accord promet de renforcer les financements disponibles et les investissements pour soutenir les actions d’atténuation des émissions.
Autres décisions :
La gestion du Fonds d’adaptation au changement climatique, prévu par Kyoto pour aider les pays en développement à faire face aux impacts négatifs, est confiée pour trois ans à un conseil d’administration de 16 membres créé au sein du Fonds pour l’environnement mondial (FEM, GEF en anglais), basé à Washington. Sa présidence d’un an sera tournante.
Le Fonds d’adaptation est abondé par un prélèvement de 2% sur les Mécanismes de développement propre (MDP), qui permettent aux pays industrialisés de financer des projets énergétiques "propres" au sud pour alléger leur facture de gaz à effet de serre et respecter leurs objectifs de Kyoto. Il devrait atteindre 300 à 500 millions de dollars entre 2009 et 2012, selon l’ONU.
Bali prend en compte les émissions de GES dues à la déforestation et à la dégradation des sols (20% des émissions mondiales), Elle encourage d’ici 2009 le lancement de projets pilotes pour lesquels un appel à contribution a été lancé.

photo site : http://www.iisd.ca/
La conférence lance des mécanismes qui permettront d’agir dans le cadre du futur régime post-2012 sur les transferts de technologie. Elle constitue un groupe international d’experts pour lancer un programme de travail sur le sujet et mettre en place des indicateurs de performance.
Il reviendra aux pays d’évaluer leurs besoins et de les transmettre au FEM qui se chargera de définir des "programmes stratégiques".
La technologie de capture et stockage de carbone (CCS), encore expérimentale, doit permettre d’endiguer une partie des émissions dues aux centrales à gaz ou à charbon. La conférence a demandé à son organe scientifique et technique (SBSTA) de rédiger pour la conférence de Poznan (Pologne) en décembre 2008 un rapport sur les possibilités d’intégrer les projets CCS aux mécanismes de développement propre dans l’après-2012.
(source AFP)
Point sur la Conférence des Nations Unies de Bali (ministère de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables)
Discours de Jean-Louis Borloo prononcé à Bali (format PDF - 83.2 ko)
Consultez le site dédié au changement climatique.