Comprendre le GIEC

Publié le Mardi 6 décembre 2016
Depuis plus de 25 ans, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) évalue l’état des connaissances sur l’évolution du climat, ses causes, ses impacts, mais aussi les possibilités d’atténuer l’évolution future et de s’adapter aux changements attendus. Il travaille à favoriser une réponse de la communauté scientifique la plus internationale, la plus objective et la plus transparente possible.
En France, de nombreuses équipes de recherche travaillent sur ces sujets, impliquant plusieurs centaines de scientifiques. Certains d’entre eux contribuent à différentes phases d’élaboration des rapports du GIEC.

Ce sont ses États membres qui assurent collectivement la gouvernance du GIEC et acceptent ses rapports durant des réunions plénières annuelles ou bisannuelles. Le lien permanent entre le GIEC et les États est établi par un point focal national, fonction assurée en France par l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (ONERC), depuis 2001.

Création et mission

Le GIEC a été créé en 1988 par deux institutions des Nations unies : l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).

Cet organisme intergouvernemental est ouvert à tous les pays membres de ces deux organisations.

195

Membres du GIEC, soit la quasi-totalité des pays du monde

  • Le GIEC a pour mandat d’évaluer, sans parti pris et de manière méthodique et objective, l’information scientifique, technique et socio-économique disponible en rapport avec la question du changement du climat. Ces informations sont synthétisées à partir des recherches ou études effectuées par des scientifiques, des experts ou des organismes et publiées dans des revues scientifiques.
  • Le GIEC n’est pas un laboratoire ni une structure commanditant et finançant ses propres recherches. C’est un lieu d’expertise collective visant à synthétiser les travaux menés dans les laboratoires du monde entier.
  • Le GIEC travaille à dégager clairement les éléments qui relèvent d’un consensus de la communauté scientifique et à identifier les limites dans les connaissances ou l’interprétation des résultats. La compréhension des fondements scientifiques du changement climatique provoqué par l’homme doit permettre d’en établir les conséquences et d’envisager des stratégies d’adaptation et d’atténuation.

Structure du GIEC

L’assemblée générale du GIEC

Le GIEC fonctionne sur la base d’une réunion plénière qui se réunit une ou deux fois par an et dans laquelle chaque membre dispose d’une voix. Toutes les décisions, à l’exception de l’élection des membres du Bureau, sont prises par les représentants des gouvernements, par consensus, en réunion plénière. Chaque gouvernement dispose d’un point focal national. En France, cette mission est dévolue à l’ONERC (Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique).

Le bureau du GIEC

Organe exécutif du GIEC, le bureau est composé de scientifiques élus par l’assemblée plénière de manière à représenter les différentes disciplines et régions du monde.

Ses 34 membres incluent :

  • le président : Hoesung Lee (République de Corée), élu le 6/10/2015
  • 3 vice-présidents : Ko Barrett (USA), Thelma Krug (Brésil), Youba Sokona (République du Mali)
  • les bureaux de chacun des 3 groupes de travail
  • les 2 coprésidents de l’équipe spéciale

Les membres du bureau sont élus pour un cycle complet qui dure de cinq à sept ans, ce qui correspond à la durée de l’établissement d’un rapport d’évaluation. L’actuel bureau du GIEC a été élu au cours de la 42e réunion plénière du GIEC qui s’est déroulée du 5 au 8 octobre 2015 à Dubrovnik, en Croatie. Cette élection a aussi permis de déterminer la composition du bureau des équipes de chacun des groupes de travail du GIEC.

Les groupes de travail du GIEC : 3+1

L’expertise scientifique est conduite par trois groupes de travail et une équipe spéciale pour les inventaires nationaux de gaz à effet de serre (GES).

  • Le groupe de travail 1 évalue les aspects scientifiques du système climatique et de l’évolution du climat.
  • Le groupe de travail 2 s’occupe des questions concernant la vulnérabilité des systèmes socio-économiques et naturels aux changements climatiques, les conséquences négatives et positives de ces changements et les possibilités de s’y adapter.
  • Le groupe de travail 3 évalue les solutions envisageables pour limiter les émissions de gaz à effet de serre ou atténuer de toute autre manière les changements climatiques.
  • L’équipe spéciale pour les inventaires nationaux de gaz à effet de serre développe et améliore un guide méthodologique pour le suivi des émissions de GES. L’usage d’une telle référence commune favorise les travaux de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

Le secrétariat du GIEC

Le GIEC dispose d’un secrétariat à Genève (Suisse), hébergé par l’OMM.

Le budget du GIEC

Les États membres peuvent contribuer volontairement au budget annuel du GIEC, qui varie entre 4 et 10 millions d’euros selon l’activité durant un cycle d’évaluation.
La contribution annuelle de la France s’élève généralement 200 000 euros. Elle est alimentée par trois ministères : Environnement, Affaires étrangères, Recherche. Depuis 2016, la France finance aussi le fonctionnement de l’unité de support technique du groupe de travail 1.
Le GIEC est composé d’une dizaine d’employés permanents. En complément, tous les scientifiques contribuant aux travaux du GIEC ont une mission bénévole et temporaire (environ 4 ou 5 mois d’équivalent temps plein sur deux ans).

Activités et procédures du GIEC

La principale mission du GIEC consiste à évaluer, à chacun de ses cycles, l’état des connaissances les plus avancées relatives au changement climatique.

Pour ce faire, il produit durant chacun de ses cycles :

  • un rapport d’évaluation composé de plusieurs volumes. Cinq rapports d’évaluations ont été publiés entre 1990 et 2014. En mai 2017, le GIEC va définir le plan du sixième rapport d’évaluation (AR6) qui sera publié entre 2021 et 2022.
  • des rapports spéciaux qui fournissent une évaluation relative à thème spécifique. Au cours de son 6e cycle, le GIEC produira 3 rapports spéciaux dont les thèmes ont été choisis par les États.

Le GIEC peut également produire :

  • des documents techniques sur des sujets qui nécessitent des informations et des avis scientifiques établis de façon collective, indépendante et transparente.
  • des rapports méthodologiques dans lesquels les experts fixent les méthodes à appliquer pour les inventaires nationaux d’émissions de gaz à effet de serre.

Les rapports du GIEC ne doivent pas prescrire de choix de nature politique. La formule constamment rappelée à ce sujet est que le contenu des rapports doit être « policy relevant, but not policy prescriptive » (pertinentes politiquement, mais non prescriptives).

Si l’originalité du GIEC est d’associer les États au processus d’élaboration des rapports d’évaluation, ceux-ci n’interviennent que lors de la phase finale : la rédaction du « résumé pour décideurs ». Ce texte est examiné puis adopté ligne par ligne par les représentants des gouvernements sous le contrôle des scientifiques, auteurs du texte initial. Ainsi, les États interviennent effectivement dans le processus d’acceptation de la synthèse des rapports d’évaluation, ce qui leur donne un caractère universel, mais pas dans le processus d’expertise scientifique qui consiste à rédiger le rapport extensif.

La production du GIEC constitue l’apport scientifique alimentant les négociations internationales sur le climat qui se déroulent sous l’égide de la CCNUCC, notamment pour la mise en œuvre de l’Accord de Paris qui est entré en vigueur le 4 novembre 2016.
Lors des négociations internationales, le GIEC a le statut d’observateur.

Les travaux du GIEC obéissent à une série de principes et de procédures clairement définis pour toutes ses activités, et sont constamment révisés et actualisés afin de garantir leur efficacité, leur transparence et leur fiabilité en toutes circonstances.

Élaboration d’un rapport du GIEC

Les contributions à la rédaction des rapports se font à différents niveaux :

  • les coprésidents coordonnent l’ensemble de la préparation du rapport de leur groupe de travail ;
  • l’auteur coordonnateur principal coordonne les principales sections des rapports ;
  • l’auteur principal produit une section déterminée ;
  • l’auteur collaborateur élabore les éléments techniques à intégrer dans le chapitre ;
  • l’éditeur-réviseur s’assure que le rapport tient compte des commentaires formulés par les spécialistes et par les gouvernements.

Les étapes successives de la préparation d’un rapport d’évaluation sont les suivantes :

  1. Le GIEC, en réunion plénière, décide de préparer un rapport et en approuve les grandes lignes.
  2. Les gouvernements et les organisations soumettent au GIEC la nomination de spécialistes, en fournissant notamment leurs curriculum vitae et leurs listes de publications.
  3. Les bureaux des différents groupes de travail sélectionnent les auteurs.
  4. Les auteurs rédigent un premier projet de rapport.
  5. Ce projet est examiné par les spécialistes – examen 1 (8 semaines).
  6. Les auteurs établissent un second projet de texte.
  7. Cette seconde version est examinée par les spécialistes et par les gouvernements – examen 2 (8 semaines).
  8. Les auteurs établissent la version définitive du rapport.
  9. Les gouvernements examinent le résumé à l’attention des décideurs – examen 3 (8 semaines).
  10. Les gouvernements réunis en assemblée plénière examinent le résumé à l’attention des décideurs, le texte final est adopté mot à mot à l’unanimité par les délégations gouvernementales et sous le contrôle des auteurs.
Etapes successives de la préparation d’un rapport d’évaluation du GIEC

Généralement, les rapports du GIEC comportent :

  • un ensemble de chapitres contenant l’évaluation scientifique, technique et méthodologique ;
  • un résumé à l’intention des décideurs ou un chapitre de présentation générale ;
  • un résumé technique (facultatif).

Dans le processus de validation des rapports, le GIEC fait une distinction entre acceptation, adoption et approbation ligne à ligne.

Les rapports dans leur version intégrale doivent être acceptés par le groupe de travail correspondant. Cela signifie que le texte n’a pas fait l’objet d’une approbation ligne par ligne, mais qu’il expose néanmoins le sujet de façon complète, objective et équilibrée.

Les résumés à l’intention des décideurs sont approuvés ligne à ligne lors d’une session du groupe de travail, cette procédure visant à garantir leur conformité aux éléments factuels figurant dans les chapitres du rapport.

Les rapports méthodologiques, les rapports de synthèse et les rapports spéciaux établis par chacun des groupes de travail sont acceptés, approuvés ou adoptés par le GIEC en session plénière. L’adoption est un processus d’approbation section par section, qui s’applique aux chapitres de présentation générale des rapports méthodologiques et à la version in extenso des rapports de synthèse.

Les rapports sont « réécrits » 3 fois tout au long d’un processus qui dure 2 ans.

Un rapport d’évaluation c’est 2 000 à 3 000 pages s’appuyant sur des milliers d’études et prenant compte plusieurs dizaines de milliers de commentaires.

Publications du GIEC

 

Rapports d’évaluation

 

Cinquième rapport d’évaluation du GIEC (AR5), 2013-14

 

Quatrième rapport d’évaluation du GIEC, 2007

 

Troisième rapport d’évaluation du GIEC, 2001

 

Deuxième rapport d’évaluation du GIEC : changements climatiques 1995

 

Suppléments du GIEC 1992

 

Premier Rapport d’évaluation du GIEC - 1990 (en anglais)

 

Rapports spéciaux

 

 

Documents techniques

 

 

Glossaires

 

 

Ces contenus peuvent aussi vous intéresser