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Le captage et le stockage géologique du dioxyde de carbone (CO2). DGEMP-DIREM, mars 2006.

Une
demande mondiale d'énergies fossiles toujours croissante jusqu'en
2030
Le
captage du CO2
Le stockage géologique du CO2
Une forte mobilisation internationale et nationale en faveur
du captage et du stockage du CO2
Une
demande mondiale d'énergies fossiles toujours croissante jusqu'en
2030
Selon les prévisions de l'AIE, la consommation mondiale d'énergie
devrait progresser de 70 % entre 2000 et 2030. Dans ce contexte, les énergies
fossiles telles que le pétrole, le gaz et le charbon devraient continuer à jouer
un rôle incontournable et dominant, pour représenter jusqu'à 90%
de la consommation totale. Cette croissance de la demande pose deux défis
technologiques majeurs pour d'une part, renouveler et diversifier les
ressources et d'autre part, concilier la consommation de cette quantité accrue
d'énergies fossiles avec la nécessité de réduire
les émissions de gaz à effet de serre liées aux
activités humaines.
En effet, les risques de changements climatiques sur terre
résultent - pour l'essentiel - de la combustion de produits fossiles
extraits du sous-sol et contenant du carbone. Ces combustions provoquent
l'émission dans l'atmosphère de grandes quantités d'un « gaz à effet
de serre », le dioxyde de carbone, appelé aussi gaz carbonique.
Selon l'AIE, les émissions globales de CO2 issues de la combustion
de produits fossiles devraient croître de 62 % entre 2002 et 2030.
La collectivité française à elle seule, émet plusieurs
centaines de millions de tonnes de gaz carbonique chaque année. L'augmentation
de la concentration de ce gaz dans l'air depuis le début du XXème
siècle, pourrait être à l'origine de graves phénomènes
météorologiques.

Copyright :
IEA WEO 2004
Des
solutions pour faire face à la menace de changement
climatique
Face à la menace sérieuse de changement climatique, trois
types de solutions complémentaires peuvent être mises en œuvre
:
- La première consiste à limiter notre consommation d'énergies
fossiles qui émettent du CO2 grâce à des moteurs
ou chaudières plus performants et aussi grâce à un
meilleur comportement des utilisateurs;
- La seconde consiste à remplacer les énergies fossiles
par d'autres énergies qui n'émettent pas ou très peu
de CO2 telles que l'énergie nucléaire, l'énergie
hydraulique, les biocarburants, les éoliennes, l'énergie
solaire;
- La troisième consiste à éviter tout rejet de CO2 dans
l'atmosphère en captant ce gaz dès sa source
de production et en le stockant dans le sous-sol où il ne pourra
plus contribuer au réchauffement climatique planétaire. Cette
technologie pourrait être mise en œuvre partout où les émissions
de CO2 sont concentrées, c'est-à-dire principalement
dans les secteurs de la production d'électricité et de la
grande industrie comme les cimenteries ou les centres sidérurgiques.
Cette dernière solution qui intègre également le transport
du gaz pour l'acheminer depuis le lieu de captage vers le lieu de stockage
est très prometteuse sur le plan environnemental et industriel :
- Son intérêt environnemental provient de la très
grande capacité de la planète à stocker le gaz carbonique.
On estime la capacité de stockage souterrain entre 1 000 et 10 000
milliards de tonnes de CO2 à comparer aux 30 milliards de tonnes émises
annuellement au plan mondial;
- Son intérêt industriel est soutenu par la conviction
qu'une mobilisation mondiale contre le changement climatique est nécessaire
et que malgré toutes les autres actions entreprises telles la maîtrise
de l'énergie, le développement des énergies renouvelables
et de l'énergie nucléaire, ces technologies seront indispensables
pour permettre d'éviter un trop fort développement des émissions
de CO2 .
Aujourd'hui toutefois, cette technologie se heurte d'une part, à des
coûts relativement élevés dont le montant global comprenant
le captage, la compression, le transport et le stockage, est évalué entre 40
et 70 $/t de CO2 et d'autre part, à l'incertitude concernant
le comportement du CO2 dans les structures géologiques pendant des
milliers d'années. Par conséquent, pour être mise en œuvre à grande échelle
(stockage de dizaines de millions de tonnes), cette filière nécessite
d'importants progrès scientifiques et technologiques permettant de
la rendre attractive économiquement et de garantir la fiabilité à long
terme des stockages. Pour faire face à ce double défi, un effort
soutenu de recherche scientifique et technologique doit être poursuivi
en ce qui concerne chaque nouvelle étape de cette solution :
Le
captage du CO2
Le captage du CO2 représente aujourd'hui 70% du coût global
de la solution et constitue un enjeu technologique et économique considérable.
On distingue usuellement trois catégories de procédés
:
Le traitement des fumées « post combustion » ,
en aval des installations de production. Il s'agit soit d'améliorer
les technologies existantes de lavages par solvant employées pour
le traitement du gaz naturel en particulier, soit de mettre au point d'autres
types de technologies : refroidissement et condensation, membranes de séparation,
adsorption. Ces technologies ont l'avantage d'être adaptées
aux installations existantes sans modification du procédé de
fabrication mais elles doivent fonctionner avec de grands volumes de fumées à basse
pression et faible concentration de CO2 ce qui constitue des conditions
peu favorables. De plus, elles nécessitent l'installation d'équipements
encombrants, coûteux et fortement consommateurs d'énergie. C'est
pourquoi d'autres options sont envisagées pour les nouvelles installations;

Copyright : IFP, BRGM, ADEME
Les techniques d'oxycombustion : ces techniques ne
traitent pas directement le problème mais le simplifient. L'idée
consiste à utiliser de l'oxygène et non plus de l'air en tant
que comburant principal de l'installation. Ceci permet d'élever considérablement
la concentration de CO2 dans les fumées et d'améliorer ainsi
sensiblement l'efficacité des techniques appartenant à la première
catégorie. La mise en œuvre de cette technologie nécessite
toutefois une réduction des coûts de production de l'oxygène
(qui est aujourd'hui séparé de l'air par cryogénie)
ainsi qu'une adaptation des chaudières pour prendre en compte les
températures plus élevées qui résultent de la
combustion à l'oxygène ainsi que des volumes de gaz réduits
du fait de l'absence d'azote dans le comburant;

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Les techniques de « pré-combustion » qui prévoient
le captage du carbone en amont des installations avant toute combustion.
On parle aussi de décarbonisation. Il s'agit de transformer le combustible
fossile en hydrogène, en isolant au passage le CO2. Pour
cela, le combustible est transformé en gaz de synthèse, constitué par
un mélange de CO et d'hydrogène par vaporéformage en
présence d'eau ou par oxydation partielle en présence d'oxygène.
Puis le CO présent dans le mélange réagit avec l'eau
pour former du CO2 et de l'hydrogène. Le CO2 est
alors séparé de
l'hydrogène dans de bonnes conditions et l'hydrogène peut être
utilisé pour produire de l'énergie sans émission de
CO2. Il s'agit toutefois d'une technologie complexe dont le rendement
global est encore médiocre. Des progrès technologiques sont
nécessaires
pour améliorer les rendements à chaque étape du traitement
en amont de la combustion et pour mettre au point des turbines spécifiques
adaptées à la combustion hydrogène.

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Le stockage du
CO2
Après la phase de captage, il faut pouvoir stocker le CO2 pendant
des durées suffisamment longues pour couvrir au minimum la période
pendant laquelle le problème des émissions de gaz à effet
de serre risque de demeurer critique. On peut estimer qu'il suffira de dépasser
l'ère d'utilisation massive des énergies fossiles, soit deux à trois
siècles. Il n'est pas absolument nécessaire de garantir que
le dioxyde de carbone sera emprisonné dans le sous le sol « pour
toujours » mais il s'agit de constituer des stockages tampons permettant
de différer son émission dans l'atmosphère. La question
de la durée du stockage constitue une dimension importante de la problématique
de la réduction de la concentration de CO2 dans l'atmosphère.
Par précaution, certains envisagent des solutions permettant de stocker
le gaz sur des périodes pouvant atteindre des milliers d'années.
Le stockage géologique pose certes des problèmes complexes,
en particulier pour garantir la fiabilité des stockages sur le très
long terme et pour apprécier son impact environnemental. Néanmoins,
ce mode d'action est prometteur : sa crédibilité s'appuie sur
l'existence depuis plusieurs millions d' années de gisements naturels
de CO2 (on en trouve par exemple dans le sud de la France). Elle est renforcée
par la réalisation d'expériences de démonstration à grande échelle
sur plusieurs sites à travers le monde.

Copyright : BRGM-im@gé
Dans les gisements d'hydrocarbures (gaz ou pétrole). Ceux-ci
présentent a priori de nombreux avantages : le milieu géologique
est relativement bien connu, son étanchéité a d'une
certaine manière déjà été éprouvée
et, dans le cas des gisements de pétrole, il est possible de rentabiliser
partiellement l'opération d'injection grâce à l'augmentation
induite de la production de pétrole. Malheureusement, comme chacun
sait, on ne trouve pas de gisements d'hydrocarbures exploités partout à la
surface de la planète. Par ailleurs, les volumes de stockage disponibles
ne sont pas toujours à la hauteur des besoins de stockage sur le long
terme. Les capacités mondiales de stockage seraient de l'ordre de
930 milliards de tonne de CO2 (d'après AIE GHG, 2004).
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Weyburn (d'après IFP, BRGM, ADEME)
Depuis septembre 2000, une opération de récupération
assistée de pétrole par injection de CO2 est menée
par EnCana sur le champ pétrolier de Weyburn au Canada (Saskatchewan).
En janvier 2001, un programme de recherche international a démarré sous
l'égide de l'Agence Internationale de l'Energie (AIE), baptisé AIE
Weyburn CO2 Monitoring and Storage Project. Son but : tirer parti
de cette opération industrielle pour étudier le stockage
géologique du CO2 dans un réservoir pétrolier
et examiner comment concilier récupération de pétrole
et stockage à long terme. Le gaz carbonique provient d'une unité de
gazéification de charbon située dans le Dakota du Nord
aux Etats-Unis. Il est acheminé jusqu'à Weyburn par un
pipeline transfrontalier de 30 kilomètres conçu spécialement
pour ce transport. Il est prévu d'injecter 1,8 million de tonnes
de CO2 par an pendant 15 ans, ce qui permettra de stocker définitivement
20 millions de tonnes de CO2 tout en produisant 130 millions de barils.
L'Union européenne participe au financement du projet de recherche
Weyburn. Les pays européens impliqués incluent le Danemark,
la France(BRGM), l'Italie et le Royaume-Uni, en collaboration avec
les équipes de recherche canadiennes et américaines.
L'enjeu est considérable : l'expérience acquise
dans ce domaine sera déterminante pour l'avenir du stockage
géologique dans les réservoirs d'hydrocarbures.
Pour
en savoir plus sur l'expérience de Weyburn , consulter le
site internet de l'AIE , celui du ministère
des ressources naturelles canadien et du Canada's
petroleum Technology Tesearch Centre
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Dans les aquifères salins profonds. Ces nappes
souterraines d'eau salée sont situées à grandes profondeurs.
Elles ne constituent ni une ressource en eau potable, ni en eau d'irrigation.
Elles offrent de plus grandes capacités de stockage que les gisements
d'hydrocarbures et sont relativement mieux réparties à la surface
du globe. Les capacités mondiales de stockage de CO2 dans ces aquifères
profonds seraient de 400 à 10 000 milliards de tonnes (d'après
AIE GHG, 2004). La largeur de la fourchette s'explique par une mauvaise connaissance
de l'évolution à long terme des plus grands stockages car ces
aquifères n'ont quasiment pas été étudiés.
Un effort de recherche important doit par conséquent être engagé pour
caractériser ces sites et préciser leur comportement à long
terme avant de les qualifier pour le stockage géologique.
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Sleipner (d'après IFP, BRGM, ADEME)
La première expérience à grande échelle
de stockage dans un aquifère salin a été engagée
en mer du Nord où, depuis 1996, le pétrolier norvégien
Statoil injecte du CO2 par an dans un aquifère salin situé sous
le fond de la Mer du Nord. Le gaz naturel exploité est essentiellement
constitué de méthane mais contient aussi de 4 à 10
% de CO2 . Pour respecter les critères de vente, le gaz naturel
doit être traité pour diminuer sa teneur en gaz carbonique à 2,5
%. Cette opération est réalisée en offshore. Le
gaz naturel produit est acheminé sur une autre plate-forme pour
en extraire le CO2 (procédé d'absorption par des amines).
Ce dernier est alors directement injecté dans le plus grand
aquifère salin local, à près de 1000 mètres
sous le plancher océanique, dans la formation des sables d'Utsira.
Chaque année un million de tonnes de CO2 est enfoui dans le
sous-sol marin, au lieu d'être rejeté dans l'atmosphère
comme cela se pratique habituellement. Les frais d'injection sont compensés
par l'existence en Norvège d'une taxe sur les émissions
de CO2 offshore.
Pour
en savoir plus sur l'expérience de Sleipner, consulter le
site internet de Statoil
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Dans les veines de charbon non exploitables. Celles-ci
présentent des caractéristiques intéressantes en raison
de leur capacité à adsorber, c'est à dire retenir préférentiellement
le CO2 à la place du méthane naturellement présent
dans le charbon. De plus, ce mécanisme de piégeage du CO2
permet de récupérer et de valoriser du méthane en surface
et de rendre ce procédé plus attrayant économiquement.
La capacité mondiale de stockage de CO2 dans les mines de charbon
non exploitables serait de l'ordre de 40 milliards de tonnes (d'après
AIE GHG, 2004) mais elle n'est pas encore garantie. En effet, la faisabilité de
cette solution doit être confirmée pour savoir si la faible
perméabilité de ce type de formation, bien plus faible que
pour les gisements d'hydrocarbures ou les aquifères adaptées
au stockage de CO2 est compatible avec la nécessité d'injecter
d'importants volumes de CO2 sans avoir à multiplier les puits d'injection.
Le projet européen Recopol
Essai pilote de séquestration de CO2 dans une veine de charbon en
Pologne. Le projet inclut également des essais de laboratoire, l'élaboration
de modèles géologiques, la mise en œuvre de simulations et
des études d'impact technique et socio-économique.
Partenaires : TNO-NITG (coordination Pays-Bas), Central Mining Institute,
Csiro, DBI-GUT, Gaz de France, Gazonor, AIE-GHG, IFP, Jcoal, Shell-RTS, Universités
technologiques d'Aachen et de Delft.
Pour
en savoir plus , consulter le
site internet dédié au projet Recopol
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Une forte mobilisation internationale et nationale en faveur
du captage et du stockage du CO2
Le captage et le stockage géologique du CO2 constituent une filière
largement étudiée depuis quelques années au niveau international,
notamment aux États-Unis, au Japon, en Europe et particulièrement
en France.
Le protocole de Kyoto
L'engagement de la communauté internationale en faveur d'une réduction
des émissions de CO2 s'est concrétisé par
l'entrée
en vigueur du Protocole de Kyoto et par la mise en œuvre d'actions
uni ou multilatérales. Les mécanismes de développement
propre (MDP), prévus dans le cadre de ce protocole, permettent à un
pays développé d'investir dans des projets visant à réduire
les émissions de gaz à effet de serre dans un pays en voie
de développement. L'investisseur bénéficie en échange
d'un crédit d'émissions de CO2. Les projets admissibles
sont habituellement de nature énergétique, comme la construction
de petites centrales hydroélectriques ou le remplacement des centrales électriques
alimentées au charbon par des turbines au gaz naturel à haut
rendement. Le captage et le stockage du CO2 fait également
parti des secteurs pour lesquels les critères d'éligibilité sont
en cours de définition.
Le GIEC
Un rapport spécial du GIEC (Groupe International d'Experts
sur le Climat) diffusé en septembre 2005 a examiné le rôle
que peut jouer le captage et le stockage du CO2 dans la lutte contre le
réchauffement climatique. Ce rapport a montré que ces technologies
pourraient abaisser de 30 % ou plus le coût de la lutte contre les
changements climatiques. De plus, le stockage du CO2 dans des formations
géologiques pourraient représenter 15 à 55 % de
la totalité des réductions d'émissions requises (entre
220 et 2 200 milliards de tonnes de CO2 ) d'ici à 2100 pour pouvoir
stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère.
Pour
en savoir plus, consulter le site internet du GIEC et le rapport de 2005
Le G8
Le G8 a pris acte des données du GIEC et reconnaît
l'importance de cette technique comme stratégie de limitation des émissions
de gaz à effet de serre. Il déclare vouloir rechercher des
solutions pour diffuser cette technologie dans les grands pays émergents.
L'Agence internationale de l'énergie
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a mis en place depuis
1991 un programme de R&D sur les gaz à effet de serre qui constitue
une source d'information objective sur les technologies susceptibles de contribuer à la
réduction de l'émission de gaz à effet de serre. Ce
programme réalise une évaluation technico-économique
des solutions pouvant contribuer à atténuer les risques
de changement climatique liés à l'activité humaine.
Ainsi, les travaux du groupe de travail Greenhouse Gas (GHG) évaluent
entre 1200 et 11000 milliards de tonnes de CO2 , les capacités mondiales
de stockage alors que les rejets actuels de CO2 sont de l'ordre de 25 milliards
de tonnes par an. Ce programme apporte également un soutien financier à plusieurs
projets de démonstration à travers le monde. La France participe à ce
programme depuis 2001.
Pour
en savoir plus , consulter le
site internet de l'AIE
Les États-Unis
Un coup d'accélérateur aux recherches dans le domaine du
captage et du stockage du CO2 été donné par les États-Unis qui
ont augmenté les budgets de recherche sur le sujet et ont notamment
lancé plusieurs initiatives phares :
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Le projet de centrale à charbon zéro émission « FutureGen »
Ce projet d'un montant d'un milliard de dollars financé par le gouvernement
américain et les industriels vise la conception d'une centrale à charbon
de 275 MW destinée à produire de l'électricité et
de l'hydrogène pratiquement sans émission de CO2.
Le projet de centrale est basé sur la technique de gazéification
du charbon associant des technologies dites de pré-combustion pour
produire de l'hydrogène à des techniques de captage et de stockage
du CO2 dans des couches géologiques.
Pour
en savoir plus , consulter le
site internet du department of energy (DOE)
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Le Carbon Sequestration Leadership forum
Ce forum multilatéral à vocation politique vise à organiser
la recherche au niveau mondial sur les thématiques du captage et du
stockage du CO2 et à mettre en avant les solutions technologiques
pour résoudre le problème du changement climatique. La France
s'est associée à cette initiative dès 2004
Pour
en savoir plus , consulter le site
internet du forum
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L'Union européenne
À travers son programme cadre de recherche développement (PCRD),
l'Union européenne est également très active sur
le sujet du captage et du stockage du CO2 depuis plusieurs années.
Elle a soutenu plusieurs projets de recherche dans le cadre du 5 ème
PCRD (Recopol, ICBM, SACS, NGCAS) qui couvrent tous les domaines technologiques du
captage et du stockage. Elle a également mis en place un réseau
de recherche européen nommé CO2net et le projet
européen Inca-CO2 .
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Le réseau CO2 net
Créé en 2002, ce réseau thématique européen
soutenu par la Commission européenne comporte aujourd'hui 65 membres
répartis sur 19 pays. Regroupant chercheurs, développeurs et
utilisateurs de la technologie de captage et de stockage de CO2 , il a pour
but de faciliter les échanges et la coopération entre les différents
acteurs. Les organismes français membres sont : Air liquide, BRGM,
CEA, Compagnie Générale de Géophysique, Gaz de France,
IFP, Total.
Pour
en savoir plus , consulter le site internet du réseau
CO2net
Le projet européen Inca-CO2
Le projet Inca-CO2 a pour objectif de positionner, sur le plan international,
le savoir-faire européen dans le domaine du captage et du stockage
du CO2 . Ce projet réunit, depuis 2005, autour de l'IFP, 6 centres
de recherche européens, BGS (Grande-Bretagne), BRGM (France), GEUS
(Danemark), OGS (Italie), Sintef (Norvège) et TNO (Hollande) ainsi
que 4 partenaires industriels majeurs, Alstom, BP, Statoil et Vattenfall
(premier groupe suédois d'électricité très fortement
implanté en Allemagne). Ce groupe constitue une structure de coopération,
de concertation et d'échanges sur laquelle va s'appuyer la Commission
Européenne dans ses négociations internationales. Plusieurs
axes seront parallèlement développés : identifier les
possibilités de coopération futures entre l'Europe et ses partenaires
internationaux (Australie, Canada, États-Unis et Japon), fournir toutes
les informations utiles aux représentants européens siégeant
dans les organisations internationales comme le CSLF (Carbon Sequestration
Leadership Forum) et dégager une vue cohérente sur l'activité internationale
relative au domaine du captage et du stockage du CO2 , afin de promouvoir
les politiques européennes à venir. Le projet Inca-CO2 a obtenu
le financement de l'Union européenne.
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Actuellement, l'Union européenne poursuit cet effort au sein du 6 ème
PCRD à travers plusieurs projets (Castor, ENCAP, CO2sink) qui visent à étudier
le captage et le stockage géologique du CO2 ou à développer
de nouveaux systèmes de production d'électricité avec
stockage du CO2 à partir de différents combustibles :
charbon, gaz naturel ou pétrole. Les équipes françaises
des centres de recherche ou de l'industrie participent à plusieurs
projets européens et ont une implication forte dans les projets du
6 éme PCRD (CASTOR, ENCAP, le réseau CO2GeoNet, etc.).
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Le projet intégré Castor
Piloté par la France grâce à l'Institut français
du pétrole (IFP) associe 30 partenaires européens représentant
11 pays. Il vise à mettre au point les technologies permettant de
capter et de stocker géologiquement 10% des émissions de CO2 en Europe (30% des émissions des installations de production d'énergie
et des installations industrielles). Plusieurs expérimentations à grande échelle
seront réalisées au sein de ce projet. Des résultats
importants ont été obtenus dans ce cadre en 2005. Le 15 mars
2006, un pilote de captage post-combustion installé sur la centrale
thermique de la compagnie Elsam dont la puissance est de 420 MW ,a été inauguré, à Esbjerg
(ouest du Danemark).
Partenaires : IFP (coordinateur), Alstom Power, BASF, BGR, BGS, BRGM,
Elsam, ENI, Gaz de France, GEUS, GVS, Imperial College, Mitsui Babcock, NTNU,
OGS, Powergen, PPC, Repsol, Rohoel, RWE, Siemens, Sintef, Statoil, TNO, Université de
Stuttgart, Université de Twente, Vattenfall.
Pour
en savoir plus , consulter le site internet du projet
Castor
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Le projet Encap
Le projet Encap vise le développement de procédés de
capture "pré-combustion" et "oxycombustion" du
CO2 pour les systèmes de production d'électricité, à partir
de différents combustibles : charbon, gaz naturel ou combustibles
pétroliers. Il est coordonné par Vattenfall avec la participation
de l'IFP, ALSTOM Power, Air Liquide
Pour
en savoir plus , consulter le site internet du projet
Encap
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Le réseau CO2GeoNet
Réseau d'excellence européen sur le stockage géologique
de CO2 visant à renforcer l'intégration et la coordination
des équipes de recherche.
Partenaires :BGS (coordinateur),BGR,BRGM,GEUS,IFP,Imperial College,
NIVA, OGS, RF, SPRSintef, TNO,Université d'HeriotWatt et Université de
Rome.
Pour
en savoir plus, consulter le site internet du réseau
CO2GeoNet
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Le projet CO2STORE (anciennement SACS)
Etude du comportement à long terme à Sleipner et de la faisabilité du
stockage en aquifère sur 4 autres sites en Europe.
Partenaires : BGR, BGS, BP, BRGM, Énergie2, Exxon-Mobil, GEUS,
Hydro, IFP, AIE, Industrikraft, GHG, NGU, Schlumberger, Sintef, Statoil,
NO, Total, Valleys Energy, Vattenfall.
Pour
en savoir plus, consulter le site internet du projet
Co2store
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Projet ICBM
Développement d'outils de caractérisation et de modélisation
pour améliorer la récupération de méthane par
injection de CO2 dans les charbons.
Partenaires : BP, Deutsche Steinkohle Aktiengesellshaft,
IFP, Imperial College, Université de Delft, Wardell Armstrong.
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NGCAS ( Next generation tools for CO2 Capture and
Storage)
Le projet Next Generation Capture And Storage fait partie du CCP
;commandé par l'Union européenne, il vise à développer
une méthodologie et des outils pour maximiser le stockage de CO2
;études de faisabilité sur gisements en fin de production en
mer du Nord.
Partenaires : BP (coordinateur), AEA Technology, BGS, GEUS, IFP,
Statoil.
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La plateforme technologique européenne « Zero
Emission Fossil Fuel Power Plants », est destinée à fédérer
les actions de recherche, conduites au niveau européen, sur les
centrales à combustibles fossiles - au charbon particulièrement
- n'émettant pas de gaz à effet de serre. La France est associée à cette
plateforme technologique. Ainsi, l'IFP co-préside cette plateforme
technologique qui jouera un rôle clé dans l'orientation du
programme de recherche « Energy » de l'union européenne
dans le cadre du 7 ème PCRD.
Pour
en savoir plus , consulter le site internet de l'Union
européenne.
Les initiatives françaises
La France, qui s'est fortement engagée au niveau international en
faveur de la lutte contre le changement climatique, est étroitement
associée à ces initiatives internationales et s'intéresse
de près au captage et au stockage du CO2.
En plus des actions menées dans un cadre international (AIE, Carbon
Sequestration Leadership Forum, plateforme technologique européenne « Zero
Emission Fossil Fuel Power Plants). Plusieurs actions complémentaires
sont également menées au niveau national :
Le soutien à la recherche et au développement
La
stratégie nationale de recherche sur l'énergie publiée
début 2007, a confirmé le caractère
prioritaire du thème du captage et du stockage du gaz carbonique,
reconnu comme incontournable au plan international.
Le captage et le stockage du CO2 a fait l'objet d'appels à projet
lancés par l'Agence nationale de la recherche (ANR) en 2005, 2006
et 2007. Ce thème a bénéficié d'une enveloppe
de plus de seize millions d'euros sur les années 2005 et 2006. Ces
projets regroupent les acteurs français du secteur privé et
les grands centres de recherche. L'Agence de l'innnovation industrielle (AII)
paraît un moyen privilégié pour lancer la réalisation
d'un pilote de démonstration en France. Ce pilote devra servir de
laboratoire en vraie grandeur permettant de valider les innovations issues
de la recherche.
Un certain nombre de verrous scientifiques et technologiques
relatifs au captage et stockage du CO2 subsistent aujourd'hui. Ainsi, dans
le domaine du captage, de nombreux travaux sur les matériaux
(absorbants, adsorbants, membranes, conditions de pression et de température
plus élevées) et sur les procédés sont encore à mener.
Dans le domaine du stockage géologique , la modélisation
du devenir du CO2 dans le sous-sol à long terme et la surveillance
des sites de stockage (y compris des puits) nécessitent encore des
travaux importants. Dans les deux domaines de vraies percées technologiques
peuvent encore être obtenues.
Le cadre réglementaire
Enfin, en complément des travaux de recherche, un travail juridique
a été entrepris afin de vérifier que la législation
actuelle sur le sous-sol et sur la protection de lenvironnement
autorise le recours à cette nouvelle technique. En 2006, le Conseil
général des Mines a remis à M. François
Loos, ministre délégué à lIndustrie,
un rapport qui recense les différentes dispositions juridiques
applicables, envisage des modifications de ces dispositions et propose
des solutions pour les premières opérations de démonstration.
Consulter
la note de présentation du cadre juridique et le rapport du Conseil général des Mines.
Le Réseau des Technologies Pétrolières
et Gazières (RTPG)
Ce réseau, qui associe des entreprises du secteur pétrolier
et parapétrolier français , des centres de recherche et des
universités (CNRS, IFP, BRGM) a pour objectif de promouvoir la recherche
dans leurs secteurs par le biais de l'octroi d'avances remboursables destinées à financer
des projets de recherche. Jusqu'en 2005, il est intervenu sur le thème
du captage et du stockage du CO2 et se concentre sur l'optimisation
du stockage dans différentes formations géologiques et sur
ses effets à long terme.
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Le projet Picoref
Soutenu par le RTPG, Picoref est un projet de deux ans destiné à mettre
en application les résultats obtenus dans le projet Picor, et à préparer
des projets industriels d'injection de CO2 dans le sous-sol français.
Depuis 2005, le financement de Picoref se fait par le biais de l'ANR.
PICOREF fait suite à quatre années d'études sur
le stockage géologique du CO2 , soutenues par le RTPG, par
l'industrie et par des organismes de recherche français. Ces études
ont été destinées notamment à faire le
point des connaissances et à recenser les outils, dans un domaine
d'activité nouveau pour les industries d'extraction pétrolière
et de stockage souterrain. L'année 2005 est une année
de transition entre cette recherche de base et son application à des
projets industriels. Il s'agit désormais d'identifier des sites
de piégeage du CO2 dans le sous-sol français (notamment
dans le Bassin de Paris) et de mettre au point une approche méthodologique
dédiée à l'étude d'un site. Celle-ci comprend
des aspects techniques et, examinés ici dans le contexte français,
des aspects économiques, environnementaux, réglementaires
et d'acceptabilité par la société.
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Le club CO2
Le Club CO2 , sous la présidence de l'Agence de l'environnement
et de la maîtrise de l'énergie (ADEME)
et grâce à l'appui de l'Institut français du pétrole
(IFP) et du Bureau de recherches géologiques
et minières (BRGM), regroupe les
acteurs majeurs concernés du monde industriel (Total , Air
Liquide , ARCELOR , Lafarge , Alstom
Technologie , Electricité de France , Gaz
de France ...), et de la recherche publique ou privée (ADEME, BRGM , CNRS ,
IFP) et soutient plusieurs projets de recherche principalement dans le domaine
du captage.
Pour
en savoir plus, consulter le site internet du club CO2.
L'action des centres de recherche IFP et BRGM
L'IFP mène des travaux sur l'ensemble de la chaîne captage,
transport et stockage géologique du CO2.
Le plus souvent, ces travaux sont conduits au sein de collaborations nationales
et européennes .
Le BRGM fait figure de pionnier en France sur le stockage géologique
de CO2. Depuis une dizaine d'années, il participe à de
nombreux projets de recherche européens, internationaux et français.
L'action des industriels français
La société Total a annoncé un projet de captage
et d'injection géologique de gaz carbonique sur le site de Lacq (région
Aquitaine). Elle va consacrer 50 millions d'euros pour y construire une unité pilote
de captage et de stockage de CO2 et développer d'autres technologies
permettant de limiter les émissions de gaz à effet de serre
liées à l'utilisation des énergies fossiles.
Elle est également impliqué dans les programmes internationaux
comme celui de Sleipner et de Snovhit en Norvège ainsi que de Weyburn
au Canada.
De même, Gaz de France a un projet de stockage de CO2 à des
fins de récupération améliorée de gaz sur le
champ K12B en mer du Nord.
D'autres industriels français sont également associés
tels Alstom, Air liquide , Suez etc.
Les actions françaises engagées au niveau national sont déjà très
significatives. Elles devraient toutefois se renforcer. Plusieurs raisons
motivent cet engagement de la France qui estime être en mesure de contribuer à faire
face à ce problème mondial :
L'enjeu environnemental : la mise au point des technologies de captage
et de stockage du CO2 pourrait être déterminante
pour favoriser l'adhésion de certains pays gros émetteurs de
gaz à effet
de serre à un protocole de réduction de l'émission de
ces gaz.
L'enjeu de compétitivité : bien qu'elle soit relativement
vertueuse du point de vue de ses émissions de CO2 , la France pourrait,
elle aussi, avoir besoin, pour atteindre ses objectifs de réduction
des émissions à long terme, de recourir au stockage souterrain
du gaz carbonique (l'objectif
d'une division par 4 de nos émissions en 2050 a été évoqué).
L'enjeu économique : les investissements additionnels liés à la
mise en œuvre de technologies de captage et de stockage pourraient s'élever à plusieurs
centaines de milliards d'euros au niveau mondial (dont une grande partie
dans des pays comme l'Inde ou la Chine). Compte tenu des ses atouts industriels,
la France peut prétendre jouer un rôle majeur dans la fourniture
des équipements et services associés à ces technologies.
L'enjeu pour la recherche : la France dispose d'équipes de
recherche publiques (IFP, BRGM, universités) ou privées lui
permettant de jouer un rôle de premier plan dans la mise au point de
l'ensemble des équipements et services associés au captage,
au transport et au stockage du gaz carbonique.
La France a pour ambition de catalyser les efforts de l'ensemble des acteurs
concernés pour constituer une vitrine de son savoir-faire en vue de
faciliter l'exportation de biens et de services dans ce domaine prometteur.

© Ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, modifié
le 27/10/2006
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