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Pétrole en France: les principaux résultats en 2007. DGEMP / Observatoire de l’énergie. Juin 2008

Prix à la consommation : nouvelles hausses en fin d'année
La moyenne de l’année des prix pétroliers est pour le consommateur en
hausse par rapport à 2006, mais ce sont surtout les hausses de fin d’année qui
retiennent l’attention.
Le
gazole a peu
augmenté en moyenne annuelle (+0,9%), finalement moins que les prix en général.
Mais il décolle en fin d’année pour atteindre en décembre 1,20 €/l, soit 10% en
décembre de plus que la moyenne 2007.
Le
super 95 est à
1,28 €/l en moyenne (+4,1% de plus qu’en 2006), mais finit à
1,32 €/l.
Et le fioul domestique ne
progresse que de 1,6% en 2007 par rapport à 2006, mais son prix est en décembre
de 17% plus élevé que la moyenne 2007.
En fait, le poids des taxes atténue les hausses en pourcentage :
plus la TIPP, qui est fixe, a une forte part dans le prix, moins la hausse est
rapide en pourcentage. C’est pourquoi le fioul domestique, peu taxé, augmente
plus vite que le gazole, qui lui-même augmente plus vite que le super. Ceci
explique en partie que l’écart de prix entre le gazole et le super tombe à
seulement 12 centimes en décembre 2007, contre 19 pour la moyenne 2007. L’avantage
compétitif du diesel s’en trouve affaibli. De même, le fioul domestique se
trouve de plus en plus mal placé parmi les combustibles en tant que mode de
chauffage.
Ces variations sur les moyennes annuelles sont très inférieures aux
augmentations du brut (+11,2% en 2007), ou des cotations sur le marché de
Rotterdam (+12% en 2007 pour le SP95, +11% pour le gazole). Pour la plupart,
elles sont cependant supérieures à la hausse générale des prix à la
consommation en France qui était de +1,5% entre 2006 et 2007 et de +1,6% en
2006.
Consommation de produits pétroliers : hausse des usages non énergétiques , stabilité des transports , baisses sensibles ailleurs 
L’année 2007 a été marquée par un premier semestre
particulièrement doux et, en revanche, un dernier trimestre plutôt froid.
Globalement, l’année a été douce (indice global de 0,85) et l’analyse doit en
tenir compte en privilégiant les séries corrigées du climat pour mieux
comprendre les évolutions de comportement.
Depuis le contre-choc pétrolier de
1985 et jusqu’en 1999, la consommation primaire (1) de pétrole
corrigée du climat avait progressé à un rythme d’environ +0,9% par an, à
l’exception d’une courte stagnation en 1995-1996. Depuis 2000, cette tendance a
clairement été stoppée pour laisser place à des fluctuations orientées autour
d’une légère baisse. En 2005, année de très forte hausse des cours, ce recul,
exprimé en tonnes-équivalent pétrole, avait été de -1,4% ; en 2006, malgré
de nouvelles hausses des cours, il cède la place à une très légère progression
(+0,1%) ; en 2007, il revient à -0,3%.
Toujours après correction du climat, la consommation
totale de produits raffinés(2) diminue de –1,4%. Hors usages non
énergétiques et consommation de la branche énergie (centrales électriques
classiques et consommation propre des raffineries), la consommation finale
énergétique (3) est également en baisse sensible (–2,9%, à 70 Mtep).
Les évolutions par secteur sont les suivantes :
- Usages non énergétiques (pétrochimie et lubrifiants
essentiellement) :
la consommation de cette branche est en hausse (+1,8% à 13,9 Mtep). Mis
à part l’année 2005, en léger recul à –0,9%, la tendance reste à la hausse
depuis 2001. La pétrochimie en effet continue à bénéficier d’une demande
internationale soutenue ;
- Industrie, y compris
sidérurgie :
les usages énergétiques du pétrole par l’industrie continuent à diminuer, mais
à un rythme accéléré (-6,9%). Pourtant, l’effet de structure est
légèrement positif, les activités utilisant beaucoup de produits pétroliers
ayant été dans l’ensemble un peu plus dynamiques que la moyenne. Mais l’effet
cumulé des hausses de ces dernières années, ajouté à la mise en place de quotas
d’émissions, a fortement pesé et les gros consommateurs ont cherché à
privilégier, dans la mesure du possible, des solutions alternatives aux
produits pétroliers. Cette recherche est pour eux d’autant plus nécessaire
qu’ils se trouvent dans un secteur exposé à la concurrence des pays à bas coûts
de main d’œuvre est forte : ils ne peuvent alors pas répercuter facilement
la hausse des prix pétroliers. Parmi les secteurs grands consommateurs, celui
des matériaux de construction reste dynamique, même si sa croissance fléchit.
La chimie organique bénéficie d’une bonne conjoncture malgré les prix
pétroliers. La chimie minérale connaît une légère reprise. Le verre et le
papier-carton ont du mal à se maintenir. Les cimenteries ont diminué
sensiblement (-12%) leur utilisation de coke de pétrole, dont le prix s’est
envolé. La sidérurgie a eu des difficultés, mais n’est plus un gros
consommateur. L’industrie ne représente plus que 8,4% de la consommation finale
de produits pétroliers, contre 12,6% en 1990 ;
- Le résidentiel-tertiaire accentue
nettement sa chute, de –5,2%, à 13,9 Mtep, après –1,6% en 2006 et -1,7%
en 2005. La tendance de fond est toujours à la baisse : une baisse lente
compte tenu de l’inertie du parc installé, mais forte dans la construction
neuve. Le chauffage électrique est en effet moins coûteux à installer, ce qui,
compte tenu des coûts actuels de l’immobilier, est un avantage important pour
les accédants à la propriété. Et le chauffage au gaz est, là où la desserte est
assurée, moins coûteux en fonctionnement. Mais 2007 a été une année particulière : la douceur des températures au premier semestre, puis la
hausse des prix en fin d’année ont conduit les particuliers à différer autant
qu’ils le pouvaient la reconstitution de leurs stocks. Le haut niveau des prix
a donc renforcé le mouvement qui est allé bien au-delà de la correction
climatique normale. Il n’est pas certain en outre que les consommateurs aient
complètement pris conscience de la période de baisse des prix fin 2006 :
le prix au litre est passé de 69 centimes en août 2006 à 58 en janvier, avant
de repartir à la hausse pour atteindre 79 centimes en décembre 2007. L’effet
des hausses est évidemment plus fort pour les populations les plus
défavorisées, les dépenses de chauffage étant relativement plus lourdes pour
les petits revenus ;
- La consommation de l’agriculture
diminue de –1,8% à 2,1 Mtep. C’est un secteur diffus où les
substitutions sont difficiles et l’élasticité aux prix faible. Cette évaluation
porte seulement sur les usages spécifiquement agricoles ;
- Depuis 2001, la consommation des transports
a cessé d’augmenter et oscille autour de 49 Mtep. La baisse de 2005 a été assez importante (-1%). En 2006 et 2007, on peut considérer que la baisse est enrayée, et
la hausse aussi… Les carburéacteurs ont continué à progresser (+3,2%), à
l’image du trafic aérien qui reste très dynamique (+5% en nombre de passagers
dans les aéroports français). Seul le trafic intérieur, concurrencé par le TGV,
marque le pas. La consommation du trafic maritime et fluvial progresse
également (+2,5%). Mais la grosse masse est évidemment celle des carburants
routiers qui représentent 80% du total. Elle progresse globalement de 1,4%,
preuve que la circulation n’a été sensible que de façon passagère aux hausses
de prix : la baisse de 2005 n’a été que provisoire. Mais la hausse
correspond presque exactement aux quantités de biocarburants qui ont été
incorporées dans le gazole et l’essence. Si bien que, en termes de produits
pétroliers et d’émissions de gaz à effet de serre, c’est à la stabilité qu’il
faut conclure. Les transports représentent maintenant 70% de la consommation
non énergétique de produits pétroliers ;
- La consommation de combustibles
pétroliers pour la production d’électricité thermique a diminué de façon
considérable (-23%). A l’évidence, le fioul n’a pas été privilégié dans
le choix du combustible à utiliser…
Les usages pour lesquels le pétrole est difficilement
substituable (transports et matières premières) progressent nettement. Ils
représentent désormais 74% de la consommation totale de produits raffinés,
contre 62% en 1990.
Importations en baisse 
Les quantités de pétrole brut
importées continuent à reculer (4) : -1,2% en 2007,
après -2,4% en 2006, et -1,1% en 2005. Les provenances se répartissent presque
à égalité entre quatre zones : les pays de l’ex-URSS (29%), le
Moyen-Orient (25%), l’Afrique (22%) et la Mer du Nord (22%).
Le déclin des gisements de Mer du Nord se poursuit, et les
importations d’Arabie Saoudite, du Nigeria et d’Algérie se réduisent
sensiblement. En revanche, les flux venant de l’ex-URSS (Russie, Kazakhstan et
Azerbaïdjan) augmentent, ainsi que ceux en provenance d’Angola et de Libye.
En 2007, les échanges de
produits raffinés (5) cessent de progresser et diminuent de 9% pour les
importations et 6% pour les exportations. Le déphasage entre le marché et les
possibilités du raffinage persiste : les raffineries françaises produisent
trop d’essence relativement à notre marché actuel, où le gazole est nettement
majoritaire, et doivent exporter les excédents (vers les Etats Unis,
notamment). Inversement, elles ne produisent pas assez de gazole et doivent en
importer (en particulier de Russie). Ce déséquilibre est d’ailleurs général et
les cours du gazole à Rotterdam ont maintenant dépassé ceux de l’essence. De la
même façon, les raffineries de France produisent du fioul lourd (FOL) destiné
aux soutes maritimes internationales en excédent par rapport aux besoins
nationaux et l’exportent alors qu’il faut importer du fioul lourd peu riche en
soufre.
Le solde global des importations pétrolières est, en
quantité, légèrement à la baisse :
-
Les importations
de brut ont diminué de 0,8 millions de tonnes (Mt),
-
Les importations
de produits raffinés ont diminué de 3,3 Mt,
-
Les exportations
de produits raffinés ont diminué de 1,5 Mt,
-
Globalement, le
solde importateur s’est donc réduit de 2,6 Mt.
Prix du brut importé en hausse 
Le prix moyen annuel CAF (6) du pétrole
brut importé s’établit à 72 $/bl, en augmentation de 10,3 %. Il suit
donc de très près le cours du brent daté. Mais la dévaluation de fait du dollar
ramène cette hausse à seulement 1 % exprimée en euro.
Néanmoins la situation s’est
fortement détériorée au cours de l’année, et le baril de brut importé coûtait
en décembre 62,4 €, contre 52,6 € pour la moyenne de l’année. L’année
2008 commence ainsi avec un prix des importations qui n’a pas d’équivalent
depuis le début des années 1980 et le second choc pétrolier.
Exprimé en euro,
le prix moyen des produits
pétroliers raffinés à l’import n’augmente que très légèrement : +1% à
445 €/t soit moins que la hausse des prix (après +15% en 2006 et +35% en
2005). Il en va de même pour le prix à l’export qui progresse de +1% à 424 €/t,
après +20% en 2006 et +37% en 2005.
Production : déclin limité 
La production nationale d'huile
s'établit à 974 kt en 2007 et représente 1% des besoins nationaux. 580 kt ont
été extraites en Bassin Parisien (dont 111 à Itteville), et 387 en Aquitaine
(dont 113 à Parentis).
Raffinage : activité stable 
L’activité du raffinage a été
stable, traitant 82,7 Mt contre 82,9 Mt en 2006. La marge de raffinage, après
un très haut niveau en 2005 (35 €/t en moyenne annuelle), puis une baisse à
26 €/t en 2006, s’est reconstituée à 31 €/t. Les grands arrêts
techniques normaux ont été du même ordre qu’en 2006. Le taux d’utilisation de
la capacité de distillation atmosphérique est stable à 85,6% en 2007, après
84,8% en 2006 et 87% en 2005.
Stocks : quasi stables 
Les stocks de pétrole brut ont
légèrement diminué au cours de l’année (baisse de –0,4 Mt), ainsi que ceux de
produits raffinés (-0,7 Mt). En fait, les mouvements sont de faible ampleur.
Notes :
(1) hors soutes
maritimes internationales.
(2) ventes déclarées par les
entrepositaires agréés (source CPDP, déduction faite du contenu en
biocarburants pour les carburants routiers) + solde net des bases
pétrochimiques (source DIREM).
(3)
sans tenir compte des variations de stocks chez les consommateurs finals
(4)
Source Observatoire de l’énergie.
A la différence des données des Doanes, le pétrole brut est classé ici selon le
lieu de son extraction et non selon la provenance du pétrolier qui le livre en
France
(5) données
estimées principalement à partir de celles des Douanes.
(6)
CAF : coût, assurance, fret - Source DGDDI/DSEE
(7)
Source Direm

© Ministère de l'Écologie, de lÉnergie, du Développement durable et de lAménagement du territoire,
© Ministère de l'Économie, de lIndustrie et de l'Emploi, DGEMP, modifié le 09/07/2008
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