L’éco-conception des produits

Publié le Mardi 29 novembre 2016
L’éco-conception est une approche préventive des problèmes d’environnement. C’est une démarche centrée sur le produit qui peut être appliquée dans tous les secteurs de l’économie. Elle est aujourd’hui mise en oeuvre à des degrés divers et avec une grande variété d’outils dans de très nombreux secteurs comme l’électronique, l’automobile, l’aéronautique, les produits d’équipement et la plupart des produits de grande consommation.

Qu'est-ce que l'éco-conception ?

L’éco-conception consiste à intégrer la protection de l’environnement dès la conception des biens ou services. Elle a pour objectif de réduire les impacts environnementaux des produits tout au long de leur cycle de vie : extraction des matières premières, production, distribution, utilisation et fin de vie. Elle se caractérise par une vision globale de ces impacts environnementaux : c’est une approche multi-étapes (prenant en compte les diverses étapes du cycle de vie) et multi-critères (prenant en compte les consommations de matière et d’énergie, les rejets dans les milieux naturels, les effets sur le climat et la biodiversité).

L’éco-conception est mise en œuvre par une entreprise ou un organisme public, mais elle implique un grand nombre d’acteurs tout au long de la chaîne de valeur du produit et même au-delà, en incluant les consommateurs ou utilisateurs et jusqu’aux récupérateurs et recycleurs. Sa richesse tient dans l’examen des relations qui existent entre les choix de conception relatifs à un produit et les flux de matière et d’énergie qui en résultent tout au long de son cycle de vie.

Quels sont les bénéfices de l’éco-conception ?

Des gains environnementaux

L’éco-conception apporte des gains environnementaux qui peuvent concerner la préservation des ressources et de la biodiversité, la prévention des pollutions et des nuisances, l’équilibre du climat, la destination des sols. À l’issue d’une démarche d’éco-conception portant sur un produit, il est courant de pouvoir constater des réductions d’impacts environnementaux comprises entre 10% et 40% pour plusieurs indicateurs (sur un total d’une douzaine d’indicateurs généralement calculés en analyse de cycle de vie).

La connaissance du produit

L’éco-conception apporte un nouveau regard sur les produits, quels que soient le métier et la branche concernés. Les retours d’expérience sont concordants : elle apporte des enseignements originaux, «des choses auxquelles on ne s’attendait pas». Les aspects ainsi découverts ne sont pas seulement environnementaux, mais portent aussi sur la qualité du produit, sa fonction, les matières et les technologies employées.

Un effet positif sur la synergie dans l’entreprise et vis-à-vis des partenaires

L’éco-conception demande la participation de nombreux métiers au sein de l’entreprise : conception, marketing, achats, production, qualité, responsable du développement durable. Le caractère intéressant et motivant de l’éco-conception renforce la synergie entre les équipes au sein de l’entreprise. Parce que son champ d’action s’étend au-delà des murs de l’entreprise, l’éco-conception débouche sur de nouvelles synergies avec d’autres acteurs de la filière concernée.

Un impact sur le coût du produit

L’éco-conception est avant tout une démarche d’arbitrage entre des objectifs parfois contradictoires : qualité, coûts, délais, sécurité, environnement. Les premiers pas de l’éco-conception sont souvent faciles et peu coûteux à mettre en œuvre. Ils peuvent coïncider avec des options de bon sens qui amènent une réduction des coûts : économies de matière (par allègement) ou d’énergie consommée, optimisation de la chaîne logistique (taux de remplissage des camions, chaîne du froid), moindres quantités de déchets à traiter.

Le positionnement prix d’un produit éco-conçu est un choix. Ce produit, positionné dans un segment haut de gamme, associé à un investissement design, une qualité supérieure et de l’innovation, peut être plus cher qu’un produit concurrent non éco-conçu. Mais cela n’est pas une fatalité ; cela dépend du positionnement recherché pour le produit en question.

Que fait-on en faveur de l'éco-conception ?

La pratique de l’éco-conception

L’éco-conception est pratiquée par des grandes entreprises, des PME et des TPE, des organisations professionnelles, des centres techniques. Ces organisations la mettent en œuvre par eux-mêmes ou avec l’aide de consultants spécialisés. La pratique de l’éco-conception est très liée à l’analyse de cycle de vie et nécessite au préalable une bonne compréhension de ses concepts. Mais il est possible de faire de l’éco-conception sans réaliser une étude d’analyse de cycle de vie. L’éco-conception se trouve également à la base de divers outils publics ou privés, comme les écolabels et les politiques de verdissement des achats.

La promotion de l’éco-conception

En France, c’est essentiellement l’Ademe qui aide les entreprises à développer des démarches d’éco-conception, dans le cadre d’opérations individuelles ou collectives. L’Ademe finance également des programmes de recherche et développement et met à disposition des outils et des méthodes comme le bilan produit (un outil gratuit). Par ailleurs, elle lance par elle-même ou co-finance des études d’analyse de cycle de vie dans des domaines très variés : biocarburants, circuits de distribution, emballages, filières de traitement de déchets. En outre, de nombreux organismes jouent un rôle important pour promouvoir l’éco-conception : le réseau des chambres de commerce et d'industrie, les pôles de compétitivité, des centres techniques et diverses associations.

Le prix écoproduit pour le développement durable

Le prix écoproduit pour le développement durable fait partie des prix entreprises et environnement, organisés chaque année par le ministère et l’Ademe. Ces prix français existent depuis 25 ans, tout comme les prix qui les prolongent au niveau européen : les « European business awards for the environment », organisés par la commission européenne.

La directive européenne sur l’éco-conception des produits liés à l’énergie

La réglementation sur l’efficacité énergétique des produits et équipements s’établit au niveau européen en application de deux directives-cadres. La première est relative à l’éco-conception des produits et permet de fixer par règlement des exigences de performances minimales pour les produits mis sur le marché, et ainsi d’interdire les produits les moins efficaces. La seconde est relative à l’étiquetage énergétique des produits. Une vingtaine de familles de produits a déjà fait l’objet de tels règlements : éclairage, appareils électroménagers, téléviseurs, climatiseurs, moteurs électriques, aspirateurs, ordinateurs...

Quelques exemples d’écoproduits

La machine à café Ek’Oh de Malongo - Prix écoproduit pour le développement durable 2013

Malongo est connu pour ses cafés issus du commerce équitable. L’entreprise propose aujourd’hui une machine à café expresso automatique pour ses cafés en doses, utilisable par les ménages ou en chambres d’hôtels, dont la conception va à l’encontre de l’obsolescence programmée.

La machine Ek’Oh est fabriquée en Europe (à 80% en France), avec des matériaux résistants et recyclables ; elle est entièrement démontable et recyclable à 75%. Elle est étudiée pour fournir un café de qualité supérieure (pompe avec 21 bars de pression pour extraire les arômes du café).

La conception de ce produit (37 brevets déposés) est modulaire, ce qui lui permet d’être facilement réparable et facilement démontable en fin de vie (afin d’améliorer le tri des matériaux et donc leur recyclage). Les pièces ont été choisies dans le but d’allonger sa durée de vie.

La machine est économe en énergie : 45% de réduction de consommation électrique par rapport aux machines les plus performantes du marché. La chaudière demande un temps de chauffe réduit et se met en veille (0.29 watt) après la fin du cycle café. 

Le service Conso’localisation de la Camif - Coup de coeur service innovant de la catégorie « écoproduit pour le développement durable 2013

La fonctionnalité de Conso’localisation développée par la Camif permet au consommateur de choisir son produit (meuble, literie, linge de maison) en fonction du lieu de fabrication et d’en savoir plus sur son fabricant et sa démarche d’éco-conception. Par ce mode d’achat en ligne, les émissions de CO2 sont divisées par 4 (pour l’étape de la distribution) par rapport à un achat effectué par un consommateur dans la grande distribution (déplacement du client compris).

Emery Jacquillat est un entrepreneur français, fondateur de Matelsom qu’il a créé en 1995. En 2009, il a pris le pari de relancer la Camif en recréant 160 emplois. La Camif distribue des produits de qualité, principalement fabriqués en France. Ce nouveau modèle privilégie des fabricants engagés dans une démarche de développement durable. Il a des impacts très positifs pour ses parties prenantes sur le plan économique, social et environnemental : une croissance de +30% sur un marché globalement en baisse de 5% ; 70% du chiffre d’affaires est réalisé avec des fabricants français.

A travers une série de reportages vidéo (coulisses de la fabrication Française), la Camif valorise également le savoir-faire français et fait découvrir des fabricants à travers des témoignages recueillis sur les lieux de fabrication.

Le prix écoproduit pour le développement durable fait partie des prix entreprises et environnement organisés chaque année par le ministère et l’Ademe.

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