La crise économique et financière a montré la nécessité de mieux intégrer le long terme dans nos décisions et, de ce fait, a renforcé l’intérêt des acteurs, tant publics que privés, pour les démarches de développement durable. Elle a aussi donné une nouvelle acuité aux problématiques sociales ; il est symptomatique de constater la place faite à ces sujets à la fois dans les conclusions de la commission Stiglitz-Senn-Fitoussi et dans le film de Nicolas Hulot. Ce rapprochement peut paraître surprenant mais il me semble qu’il illustre bien la nécessité, aujourd’hui, de traiter ensemble les questions environnementales et sociétales, y compris sociales. La nomination de Valérie Létard comme secrétaire d’Etat en charge du « pilier social » de nos politiques va nous conduire, nous aussi, à renforcer et à amplifier la prise en compte de la dimension sociale dans nos approches du développement durable.
Dans ce contexte et face à la hausse du chômage, l’impact du Grenelle de l’environnement sur l’emploi prend une importance particulière. La réalisation de ses objectifs passent par une mutation de nos modes de consommation et de production vers une plus grande sobriété, au cœur d’une « croissance verte », plus respectueuse de l’environnement et génératrice d’emplois. Mais pour réussir cette transition, il faut former nos concitoyens à ces nouveaux emplois et accompagner les reconversions. Le défi est majeur et le CGDD est mobilisé, sous la conduite du cabinet de Valérie Létard, pour mettre en œuvre désormais le « Plan de mobilisation des filières et des territoires pour le développement des métiers de la croissante verte » qu’elle a annoncé en conseil des ministres le 9 septembre dernier. Il s’agit d’un travail interministériel qui sera mené en concertation avec l’ensemble des acteurs et secteurs concernés en vue de créer de véritables synergies et de rassembler toutes les forces et moyens disponibles.
Au delà de ce plan centré sur l’emploi et la formation et qui devrait être déployé progressivement dans les régions, c’est un défi encore plus large qui s’offre à nous : faire du développement durable une valeur véritablement partagée par tous, en le rendant socialement accepté, accessible et désirable. C’est là tout l’objet du « Pacte de Solidarité Ecologique » dont les travaux préliminaires ont été lancés, il y a quelques jours, par la Secrétaire d’état, avec l’appui du CGDD et en associant tous les services du ministère.
L’équité, le partage, la responsabilité sont les valeurs qui structureront ce pacte sur lequel le travail ne fait que commencer mais qui doit permettre de faire bénéficier à l’ensemble de la société de l’opportunité que constitue la croissance verte et d’obtenir l’adhésion de tous face aux mutations en cours.
Michèle Pappalardo






Grenelle Environnement
