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Zooms sur les métiers dans l’économie verte

13 août 2014 - Développement durable
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Sommaire :


      

Zoom sur les métiers de l’électricité

3 mai 2012 (mis à jour le 2 octobre 2013)


Synthèse du rapport de décembre 2009 et des travaux liés à la préparation du rapport n°2

Président du comité de domaine Eco-électricité : Jean-Luc THOMAS, Professeur du Conservatoire National des Arts et Métiers

 

Présentation de la filière

La filière est globalement centrée sur les différentes technologies liées à l’électricité, à travers sa production, son transport, sa distribution, son stockage, son utilisation et sa transformation. Par extension, les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) peuvent être également associées à cette filière en raison de leur lien direct avec l’électricité.
La filière intitulée est initialement très mal connue et peu valorisée dans le cadre de l’économie verte, notamment par rapport à celle des énergies renouvelables. Néanmoins les emplois sont présents pour une profession dont les effectifs sont globalement stables depuis 10 ans (environ 400 000 emplois). La difficulté majeure est de quantifier le nombre d’emplois « verts » de manière globale car le périmètre de cette filière est à géométrie variable.
Le comité a identifié un besoin impératif de clarifier avant toute chose la structuration de la filière, essentiellement technologique, afin de faire apparaître les secteurs impactés par l’économie verte.
L’idée de base a été de décrire cette filière sur le plan des échanges de puissance, en considérant comme point de départ la production électrique et comme point d’arrivée les différents usages. Le lien naturel entre ces deux points est alors le réseau électrique de transport et de distribution, intégrant désormais des unités de stockage.
 

Les métiers de la filière

Le comité propose de structurer la filière, à partir du processus de production / consommation de l’électricité, autour de sept champs professionnels d’activités
Champs professionnels « PReSTIGE »
Sous thèmes
Production électrique
Centralisée
Nucléaire – EPR
Nucléaire 4ème génération
Nucléaire démantèlement
Cogénération
Thermique à flamme avec captage CO2
Hydraulique
 
Décentralisée
Eolien
Photovoltaïque
Energies marines
Biomasse et biogaz
Géothermie
Micro-hydraulique
Pile à combustible
 
Réseau électrique
Réseaux électriques sédentaires
Transport ultra-haute tension (800 kV)
Transport (63 – 400 kV)
Distribution (400 V – 20 kV)
Réseaux intelligents (smart grids)
Réseaux basse tension
Ferroviaire – ENR (LGV, tramways)
Convertisseurs
Protection
Câbles
 
Réseaux électriques embarqués
Mobiles à réseaux DC (robots)
Véhicules électriques
Véhicules hybrides rechargeables
Marine civile et militaire
Aéronautique
Normes et sécurité
 
Réseaux internes aux entreprises
 
Stockage
Batteries
Super condensateurs
Inertiel
Hydraulique (STEP – Pompage/turbinage)
 
Traction - propulsion
Moteurs haut rendement
Chaîne de traction
Maîtrise de l’énergie
 
Industrie
Systèmes
Maîtrise de l’énergie
Chaîne de mesure (capteurs)
Ascenseurs / levage
Normes et sécurité
 
Produits
Moteurs à vitesse variable
Moteurs haut rendement
Matériels électriques
Electro-ménager
Objets communicants
Normes et sécurité
 
Gestion technique du bâtiment
Systèmes
Chauffage électrique
Climatisation
Bâtiment à énergie positive
Bâtiment intelligent / domotique
Rénovation énergétique
Objets intelligents / domotique
 
Produits
Matériels électriques
Climatisation par absorption (solaire / biomasse)
Pompe à chaleur
 
Eclairage
Privatif
Lampes (LBC, LED…)
Ambiance visuelle
Ergonomie – Design
Eclairage automobile
Normes et sécurité
 
Public
Sources d’éclairage (lampes, lampadaires)
Aménagement urbain
Normes et sécurité
 
Les technologies de l’information et de la communication étant présentes dans chacun de ces champs professionnels.
 

Evolutions attendues de la mutation de la filière vers l’économie verte

Le comité de domaine estime qu’il n’y aurait globalement pas création de métiers nouveaux dans le domaine de l’énergie électrique, mais plutôt une évolution des métiers.
La filière est en effet en pleine métamorphose :
  • elle se situe désormais à l’intersection des technologies de l’énergie électrique, de l’économie et du sociétal, associée étroitement aux technologies de l’information et de la communication, au droit de l’environnement…
  • le déploiement des réseaux électriques intelligents est un enjeu très important pour l’avenir dans le cadre de l’ouverture des marchés de l’électricité
  • il en est de même de l’« efficacité énergétique » où de vrais besoins vont en effet apparaître dans les métiers liés au diagnostic et à la performance énergétique des bâtiments (installations mais aussi gestion active du bâtiment).
  • l’activité des entreprises va évoluer vers plus de « conception »
  • si les électriciens de terrain seront toujours nécessaires, pour continuer à installer les dispositifs dans les bâtiments, les différentes branches du secteur électrique disent elles-mêmes que l’électricien, tel que tout le monde l’a connu jusqu’à présent, ne va plus exister (ce qui est attendu par les entreprises relève de plus en plus d’une formation supérieure BTS que d’une formation du niveau 4 baccalauréat)
 

De forts besoins de recrutement (et donc de formation)

Le marché de l’emploi de l’électricité est sous-tension ; la filière de l’installation-maintenance est en situation de surchauffe. Ce déficit de main d’œuvre s’explique par l’installation des nouveaux compteurs électriques ("LINKY") par ERDF.
Le déploiement des réseaux électriques intelligents notamment est en enjeu très important pour l’avenir dans le cadre de l’ouverture des marchés de l’électricité.
Le comité estime en toute première approche les futurs besoins de recrutements à 45 000 par an de 2010 à 2015, soit 225 000 au total sur la période (v. plus loin « E. Formation – Diplômes  », en tenant compte des perspective de développement des sous – filière mais aussi du turn over et des pyramides des âges. Le secteur de l’électricité est caractérisé par une pyramide des âges « en toupie », avec peu de candidats et un grand nombre de départs à la retraite.
En effet le domaine attire des jeunes mais peu de personnes en reconversion de carrière. Il se caractérise par un déficit structurel de 15 à 20 000 emplois par an, dû aux nombreux départs à la retraite et au manque de personnes qualifiées. Le domaine est contraint d’utiliser des intérims qui sont formés au sein de l’entreprise pour des activités-support, sans contact direct avec les réseaux électriques. Un tiers du personnel est agent de maîtrise, mais les demandes d’emploi se concentrent sur les métiers de techniciens supérieurs et ingénieurs.
 

Quelles compétences pour demain ?

La filière estime que les dispositifs de formation existants au plan national sont très hétérogènes, avec des cursus classiques intégrant des options ENR, des nouvelles licences pro « vertes » (rénovation énergétique, réseaux électriques intégrant les ENR), la création de masters en « efficacité énergétique » dans lesquels la part électrique est très importante et, dans les écoles d’ingénieurs, des cursus -en génie électrique notamment - orientés sur l’économie verte.
La formation initiale à court terme n’est pas suffisante. Il n’y a pas de formations initiales proposées dans le secteur de la Gestion Technique de Bâtiment (GTB) ni dans le secteur de l’éclairage, en dépit de quelques licences professionnelles.
L’accès au niveau territorial à tous les types de formations est très inégal dans le domaine du « génie électrique » intégrant les ENR et les réseaux.
Il a été considéré qu’il était indispensable de donner aux formateurs qui interviennent dans le champ de la formation continue les outils pour contribuer à la tenue des objectifs du Grenelle.
Des actions peuvent être menées en commun, mais à ce jour, aucun acteur ne possède une vue d’ensemble sur tout le territoire. Il s’avère donc indispensable d’identifier et de donner des moyens à une autorité qui serait chargée de tenir à jour un tableau de bord des actions, aussi bien sous l’angle qualitatif que quantitatif. Cette autorité pourrait être la Région.
La filière électromécanique, construction électrique et réseau a avancé l’idée d’introduire les notions nouvelles issues du Grenelle dans le cursus de formation des enseignants, notamment pour ceux qui interviennent dans les lycées.
Aujourd’hui, dans la filière « électrique », les enseignants du supérieur font régulièrement appel à des vacataires industriels dans leurs formations initiales, continues et par apprentissage. Leurs compétences sont donc réactualisées au contact d’experts industriels.
Les enseignants relevant de l’éducation nationale pourraient effectuer des stages en entreprise et suivre des formations complémentaires auprès de l’enseignement supérieur ou d’organismes de formation continue afin de faire évoluer leurs connaissances.
Dans la filière « électrique », la formation des formateurs est souvent effectuée en interne dans les grands groupes industriels et dans les branches.
Les métiers en mutation de la filière, associés aux 7 champs professionnels identifiés, sont portés par deux grandes branches professionnelles, celle de la Construction (Bâtiment et travaux publics) et celle de la Métallurgie (UIMM).
Dans certains sous-secteurs, les besoins de nouvelles formations sont absents pour les niveaux V et IV, voire niveau III, ce qui traduit un glissement vers le haut du niveau de formation requis pour les métiers de l’électricité évoluant dans le cadre de l’économie verte.
Les besoins en formation initiale sont les mêmes que ceux en formation continue, mais décalés dans le temps. En d’autres termes, dans la plupart des cas, pour des formations continues identifiées sur le court terme, la formation initiale le sera sur le moyen terme.
 
Zoom sur les connaissances et compétences transversales liées notamment à l’adaptation à l’économie verte
Eco … nomie mais aussi eco … logie
En effet, le terme « éco » représente à la fois « l’économie » aux sens énergie et économique mais aussi « l’écologie » au sens de la protection de la biodiversité, de la prise en considération de la pollution lumineuse, etc.
Ainsi les formations dans le domaine " systèmes éco-électriques" doivent prendre en compte le deux dimensions … et réciproquement les formations en matière de développement durable ne peuvent sous estimer l’importance du sujet électricité et pas seulement sous l’angle du réchauffement climatique.
Sécurité
Les évolutions que connaît ce secteur peuvent conduire à des risques nouveaux en termes de sécurité. En effet, le réseau électrique est conçu pour être descendant, mais aujourd’hui des unités deviennent émettrices. Or, les formations à la sécurité se concentrent sur des réseaux électriques descendants alors qu’il faudrait que les systèmes de production décentralisée soient mieux pris en compte.
Efficacité énergétique
Aujourd’hui, rien ne se fait sans électricité. Il y a une rupture importante dans la façon d’appréhender la consommation énergétique. Alors que ce bien était considéré comme inépuisable, il nécessite aujourd’hui un management pointu pour maîtriser les flux à tous les niveaux, avec de nouvelles contraintes et exigences en termes de qualité des produits et des services aux usagers. Le comité voit dans ces enjeux la possibilité de développer de nouveaux savoir-faire et une approche « système », pour mieux appréhender des écosystèmes de plus en plus complexes et aux interactions multiples. Il s’agit de les utiliser au mieux tout en conservant une qualité de vie satisfaisante.
Normalisation
Sciences humaines
Lors de la rencontre franco-belge du 20 octobre 2010 à Lille surle thème de la maîtrise de l’énergie et de la gestion de l’électricité dans un environnement libéralisé, avec intégration croissante d’énergies renouvelables et de TIC, s’il a bien été réaffirmé que les nouveaux profils devront s’appuyer sur des fondamentaux techniques solides, les aspects sociétaux ont été - pour la première fois semble-t-il- très fortement abordés.
Les partenaires belges sont très prudents en matière de choix technologiques et l’interdisciplinarité entre les activités semble plus forte. Mais cela s’explique surtout par le fait que les changements majeurs que connaît la filière ont des liens amont et aval avec les comportements et les mentalités. On peut citer :
  • Le comportement de l’usager de l’immeuble vs sa performance énergétique
  • L’acceptabilité des véhicules électriques
  • Les nuisances des éoliennes (les spécialistes doivent disposer de connaissances basiques en matière juridique et d’organisation administrative, la maîtrise des questions d’autorisation réglementaire par les collectivités territoriales et les riverains étant un préalable à tout projet)
  • La formation de l’usager au compteur intelligent
  • Les situations de stress des opérateurs de réseaux de transport (dispatcheurs) devant les cas (croissants) de pannes sévères
  • La panne sévère du 4 novembre 2006 a créé chez les opérateurs des réseaux de transport (TSO) (dispatcheurs) des situations de stress significatives qui ont justifié depuis de prendre en compte cette dimension dans des modules de formation (simulations, réaction au stress...) et de mettre en place des recommandations (guide de bonne conduite des réseaux de transports électriques dont le chapitre 8 - Policy 8 : Operational Training) de l’Operation Handbook associé à l’ENTSO-E – European Network of Transmission System Operators for Electricity -est consacré à la formation des dispatcheurs). V. le site www.entsoe.eu
  • Le consommateur va progressivement devenir un acteur actif (éoliennes individuelles, photovoltaïque). Les méthodes de maintenance et de planification seront bouleversées par cette évolution
  • Etc.
Se pose cependant la question de savoir comment arriver, dans des programmes horaires déjà contraints, à intégrer des savoirs et savoir-faire élargis.
Les écoles d’ingénieurs délivrent plus d’enseignements spécialisés sur les aspects économiques ou sur la gestion industrielle (déchets, recyclage..) et encore peu sur les sciences humaines. Les industriels ne sont pas encore prêts pour aborder ces questions. Supelec a mis en place en troisième année un système de contrat d’études industrielles qui permet à l’étudiant de contracter avec un industriel. Ceci facilite la prise de conscience de la pression qui pèse sur l’ingénieur face à un client (respect de l’échéancier…), mais ce dispositif ne concerne que quelques étudiants par an.
Cette exigence de former des personnes pluridisciplinaires doit passer par l’acquisition en formation initiale de bases théoriques fortes et par une formation continue « tout au long de la vie » pour compléter les compétences sur les approches pluridisciplinaires et transversales. C’est ce mixte qu’il faut privilégier. Les mastères spécialisés (MS) répondent à ces préoccupations de formations spécifiques, courtes et professionnelles, sur des sujets transversaux venant compléter la formation de diplômés d’écoles d’ingénieurs, d’école de commerce ou de 3ème cycle.
Le comité pense qu’il serait utile de rencontrer des sociologues pour discuter des implications sociales et comportementales des innovations techniques dans le domaine des « Systèmes éco-électriques ». Si les aspects économiques sont bien intégrés dans les préoccupations des spécialistes, en revanche les sciences humaines ne le sont pas. L’observatoire national des métiers de l’économie verte pourrait aussi voir là un champ de réflexion intéressant à développer.
Nécessaire renforcement des fondamentaux techniques
Environ 66% des installations de panneaux photovoltaïques ne sont pas conformes…
Les basiques, surtout en termes de sécurité électrique et d’approche « système », sont négligés et insuffisants par rapport au volume des personnes à former. L’essentiel du travail est aujourd’hui fait par les industriels qui diffusent notamment des notices d’installation et organisent des formations continues courtes, mais cela reste insuffisant.
 
Zoom sur les réseaux électriques sédentaires
Les réseaux électriques sédentaires couvrent les sous – ensembles :
  • Transports ultra haute tension (800kV)
  • Transports (63kV – 400kV)
  • Distribution (400V – 20kV)
  • Réseaux intelligents
  • Réseaux basse tension
  • Ferroviaire – énergies renouvelables
  • Convertisseurs
  • Protections
  • Câbles
Dans ce sous-secteur, les compétences existent, les fondamentaux aussi. Il existe une offre de formation adaptée. Les problèmes constatés portent sur les smart-grids, la gestion des réseaux, l’augmentation du transit sur les lignes électriques, la connexion des réseaux de distribution, l’approche systémique. Sur tous ces sujets, il y a des besoins de formations complémentaires en conception et en installation.
Leurs évolutions et les besoins de compétences correspondants sont surtout marquées par les problématiques suivantes :
L’installation des énergies renouvelables
En ce qui concerne les installations photovoltaïques, la filière du bâtiment se préoccupe (du moins avant la baisse des tarifs) davantage des effets d’aubaine liés au rachat du courant produit qu’aux installations elles-mêmes. Ce domaine souffre d’un manque d’anticipation des besoins de formation ; des modules complémentaires devant venir compléter les cursus de baccalauréats professionnels et de CAP. Cette filière d’excellence nationale doit perdurer. Les dispositifs de qualification se mettent en place en priorité au niveau de l’installateur sous la pression de la demande.
Le déploiement de réseaux intelligents (ou smart grids)
Dans une approche « systèmes intelligents », il y a à la fois des aspects « capteurs » pour mesurer et traiter l’information (Linky), des aspects « actionneurs » (convertisseur de puissance) pour agir sur le système en fonction des informations relevées par le capteur (courant alternatif ou continu : AC ou DC) et des aspects « stabilité du réseau » c’est-à-dire qualité du produit électricité (fluctuations de la tension...).
Le compteur intelligent n’est qu’un des maillons de la chaîne des smart grids, pas le plus important sauf du point de vue du consommateur… et du marché de l’emploi de l’électricité, dont la tension, voire la surchauffe dans la filière de l’installation-maintenance, est pour partie due à l’installation des nouveaux compteurs électriques ("LINKY") par ERDF.
Pour l’instant, la priorité des besoins pour les smart grids se situe au niveau ingénieur. Des partenariats se nouent entre les écoles d’ingénieurs et de génie électrique. La main d’œuvre est aujourd’hui substantiellement constituée d’ingénieurs de recherche.
Mais plus les réalisations deviendront concrètes, plus il y aura besoin de techniciens formés.
Les points faibles, le risque systémique
Au niveau du consommateur individuel : accroître la protection des installations
Les pollutions des réseaux, perturbations ("flickers"), coupures, papillonnement des lampes, pulsions harmoniques, déséquilibres provoquent des risques pour les appareils électriques toujours plus nombreux à être connectés aux réseaux de distribution électrique : PC, imprimante laser, … (demain véhicule électrique ?)… Grâce aux analyseurs de la qualité du courant électrique, les utilisateurs peuvent cependant mieux maîtriser les coûts liés à la consommation et protéger leurs équipements de production.
Au niveau du système : anticiper des besoins d’investissements et de (re)conception du réseau
Des investissements importants doivent être faits dans le transport et la distribution d’électricité. Les régions Sud-Ouest et Bretagne sont de véritables points faibles du réseau. Les lignes aériennes doivent être optimisées pour que soit augmentée leur capacité de transit.
Un nombre sans cesse croissant de sources décentralisées (type installations individuelles éoliennes ou photovoltaïques) sont raccordées sur un réseau qui n’a pas été conçu pour supporter une telle charge, avec une gestion complexifiée. Le consommateur va progressivement devenir un acteur actif. Les méthodes de maintenance et de planification seront bouleversées par cette évolution.
Les liaisons HVDC doivent être renforcées, notamment en ce qui concerne l’éolien et l’éolien off-shore.
Les réseaux électriques ont été construits historiquement sur une structure de type courant alternatif pour des raisons de transport de l’énergie sur des longues distances, en minimisant les pertes. Depuis, les convertisseurs de puissance sont apparus (AC/DC, DC/DC, AC/AC, DC/AC) et sont au cœur de cette révolution industrielleaussi bien en termes de gestion des flux de puissance active qu’en termes de stockage et de « power quality » (puissance réactive). Il s’agit alors de mettre l’accent sur l’électronique de puissance (discipline associée à la technologie des convertisseurs de puissance) pour l’ensemble des applications des systèmes éco-électriques
L’électronique de puissance est peu connue et compte encore peu de spécialistes ; il est difficile de trouver un électronicien de puissance. ; l’électronique de puissance apparaît très tard, voire trop tard, dans les formations.
Or, elle peut être une solution pour le pilotage des réseaux électriques. Des compétences en réseaux électriques et en électronique de puissance sont à développer, en particulier en électronique de puissance dédiée aux réseaux électriques (transport, distribution, embarqués …).
Le Comité recommande donc de porter une attention toute particulière à l’enseignement de l’électronique de puissance en lien avec la conversion d’énergie, à tous les niveaux de qualification
 
Zoom sur l’éclairage
Le secteur
  • Eclairage privatif
  • Lampes (LBC, LED…)
  • Ambiance visuelle
  • Ergonomie – Design
  • Eclairage automobile
  • Normes et sécurité
  • Eclairage public
  • Sources d’éclairage (lampes, lampadaires)
  • Aménagement urbain
  • Normes et sécurité
Le cluster Lumière fournit des données chiffrées au sujet de l’éclairage :
  • 30 000 points lumineux sont installés en France. Les investissements publics sont réalisés sur 30 ans. La durée du cycle de changement est longue
  • On évalue à 30 – 35 % les économies à réaliser d’ici 5 ans 
  • Croissance à deux chiffres des métiers de la maintenance sur les 10-15 années à venir.
Des stratégies d’acteurs commencent à se définir. La filière éclairage public va petit à petit se différencier de la filière des réseaux électriques car elle traite de thématiques très spécialisées et de plus en plus complexes. Par exemple, l’éclairage d’un aéroport exige des compétences pointues et distinctes selon qu’elles concernent l’intérieur pour l’accueil du public ou l’extérieur pour l’éclairage des pistes.
Au fur et à mesure de la complexification des réseaux électriques, la question de la maintenance prend aussi de l’importance (15% du coût de l’installation). Malheureusement la filière maintenance n’attire pas beaucoup. Les niveaux bureaux d’études (BET) sont en déficit chronique aussi bien dans les réseaux électriques que dans l’éclairage.
Le SERCE organise tous les ans un concours lumière dont le prix est attribué en fonction de critères d’esthétique et d’efficacité énergétique. Certains bureaux d’études développent des compétences d’expert dans le domaine de l’efficacité énergétique et de la réduction de la pollution lumineuse ; ces exemples ne sont cependant pas la norme et les cabinets ont une certaine méfiance envers ce domaine qui évolue trop rapidement pour que les calculs de rentabilité puissent être fiables.
Une pénurie de main d’œuvre qualifiée
Il y a une pénurie de personnel qualifié, dans une filière qui n’a pas eu l’intuition de l’explosion de la filière énergie. La filière manque de personnels formés et qualifiés. Elle fait appel à l’intérim (20 % des effectifs), car la crise n’a pas incité à recruter. Ce manque s’accentuera avec la mise en vigueur de la réglementation technique RT 2012.
il manque de spécialistes alors que le parc de l’éclairage public, qui a une moyenne d’âge de plus de 40 ans, doit se renouveler. Les nouvelles technologies permettent des économies d’énergie substantielles qui font espérer une rentabilité à moyen terme des nouvelles installations.
Eco-éclairage, association constituée en janvier 2009 et dont l’objet est de contribuer à la réduction rapide et durable de la consommation électrique liée à l’éclairage dans les secteurs tertiaire résidentiel et électrique traditionnel, a repéré des besoins en main d’œuvre parmi :
  • Les opérateurs : pose de matériels, réalisation de chantiers, maintenance, connaissances techniques, connaissances de normes ;
  • Les techniciens : conception de schémas, conduite de chantiers pour lesquels une solide culture technique et environnementale ainsi que la maîtrise des normes est déterminante ;
  • Les ingénieurs : conception globale des systèmes d’éclairage, veille technologique.
Les métiers de la maintenance évoluent avec l’introduction de nouvelles technologies, notamment électroniques et informatiques dans les appareils (compteurs électriques intelligents).
On repère des besoins de compétence nouveaux dans l’optique, l’électrique, le thermique.
Aujourd’hui, faute d’offre de formation suffisante (pour être à la frontière de la technique, de la physique et de la chimie, l’éclairage n’est pas enseigné en tant que tel), la formation dans le domaine de l’éclairage public est assurée au sein de l’entreprise.
Le secteur du diagnostic sur l’éclairage public est en pleine émergence.
Des besoins stratégiques de formation s’expriment également dans le domaine de l’électrochimie, plus personne n’étant capable de comprendre le fonctionnement d’une batterie.
Un besoin de formation plus transversal est également repéré : la sensibilisation sur les technologies, le diagnostic de l’existant, l’argumentaire économique à apporter aux clients, le conseil assorti d’un dimensionnement.
Le besoin de formation aux techniques de commercialisation est particulièrement patent au sein des petites entreprises artisanales et chez les installateurs. Dans les plus grosses entreprises, les critères techniques, le chiffrage « après/avant » sont mieux pris en considération. Le dimensionnement de l’installation à proposer résulte d’un traitement par logiciel.
La formation des architectes et maîtres d’œuvre aux bonnes pratiques en matière d’éclairage est également nécessaire. Le dispositif FEE-Bat traite de la question de l’éclairage dans les formations proposées aux ingénieurs du bâtiment. Toutefois, à ce jour, il a été fort peu dispensé. Cependant, les architectes sont peu enclins à évoluer sur ces aspects éclairage car ils attendent que les normes et les produits se stabilisent un peu plus. Cette dimension devrait être intégrée dans les écoles d’architecture, car la pollution lumineuse et l’efficacité énergétique sont des préoccupations majeures des élus.
Pour la pollution lumineuse, le Grenelle de l’environnement va imposer des réglementations encore plus strictes : il faut donc faire évoluer les enseignements dispensés. Or sur ce sujet, l’offre de formation est substantiellement déficiente, alors qu’aux États-Unis des formations très pointues sont dispensées dans ce domaine.
Le comité insiste sur la nécessité d’avoir des visions transversales : les contenus des formations ne devraient pas être seulement techniques mais aussi se situer dans une perspective urbanistique, architecturale…Il y a également besoin de cursus mêlant la théorie et la pratique, le technique et le réglementaire,
Un système de formation qui doit s’adapter
Dans le domaine de la formation initiale, au niveau IV, il existe un Bac Pro électrotechnique et énergie et un Bac STI électrotechnique ainsi qu’un BTS en systèmes électroniques au niveau III. A ces niveaux, il n’y a pas de vrais manques.
La profession a fait une note technique sur le secteur de l’éclairage pour la Direction générale de l’enseignement scolaire (DGESCO) en vue de réviser certains diplômes et de créer une mention complémentaire pour les réseaux électriques aériens. La Commission paritaire consultative (CPC) prépare une mention complémentaire au diplôme de monteur technicien en réseaux électriques (niveau IV) qui nécessite des compétences dans l’éclairage. Les réseaux d’éclairage ont pour 80 % d’entre eux plus de 30 ans et devront être rénovés.
Au niveau II, Licence Pro, les choses évoluent rapidement. Au niveau I, on ne trouve guère que deux écoles d’ingénieurs : l’École supérieure d’ingénieur de Poitiers (ESIP) qui a une année de spécialisation et Polytech’ Nantes.
Dans le domaine de la formation continue des actifs, des compléments de formation doivent être apportés pour coller aux évolutions technologiques et normatives, mais il y aujourd’hui peu de réponses pour accompagner le changement dans le secteur de l’éclairage, hormis les offres de formation courte destinées aux professionnels, dispensées par la société Lux.
Dans les métiers de la conception, la notion de LED est en pleine évolution au niveau européen, ne serait-ce que pour répondre à la forte concurrence des chinois. Les ingénieurs bénéficient de formation « maison » qui se retrouve ensuite chez les installateurs. Les besoins nouveaux sont estimés aujourd’hui à 24 ingénieurs/an.
Les écoles d’ingénieurs en électricité n’ont pas encore intégré ces dimensions dans leur programme et les licences Pro sont en complet décalage.
Même dans les pôles de compétitivité, les Clusters Lumière n’en sont pas à ce degré de réflexion systémique. On l’est davantage au niveau conception/recyclage.
A souligner que des compléments d’informations peuvent être recueillis au travers :
  • du journal des énergies renouvelables . www.energies-renouvelables.org/formations.asp Il recense un grand ensemble de formations et consacre un chapitre à l’éclairage ;
  • de la plateforme technologique de Fécamp est un centre de ressources, un lieu d’expérimentation, de démonstration, de recherche appliquée, d’assistance technique et de conseil dans le domaine des énergies renouvelables. Elle peut apporter des réponses aux PME/PMI pour accompagner leur évolution technologique, humaine et économique. Elle contribue à la promotion et au développement de l’utilisation de sources multiples d’énergies renouvelables. La politique énergétique européenne conduit inéluctablement à s’orienter vers la production décentralisée d’électricité. A ce titre, une place prépondérante dans la future économie régionale lui est réservée.
Le Comité recommande donc en matière d’éclairage la création d’une licence professionnelle spécialisée avec une certaine priorité à l’apprentissage. Des « pilotes » sont à créer et observer pour mesurer l’attractivité de ces diplômes en termes d’employabilité (nombre d’inscrits, d’entreprises d’accueil, conditions d’insertion post -diplôme).
Il estime que la création de certificats de qualification professionnelle (CQP) ne serait pas une bonne réponse.
 
Zoom sur la gestion technique du bâtiment
Le secteur
  • Systèmes
  • Chauffage électrique
  • Climatisation
  • Bâtiment à énergie positive
  • Bâtiment intelligent / domotique
  • Rénovation énergétique
  • Objets intelligents / domotique
  • Produits
  • Matériels électriques
  • Climatisation par absorption (solaire / biomasse)
  • Pompe à chaleur
Les besoins
On constate un besoin énorme à court terme de main d’œuvre sur l’ensemble de ces sous-secteurs, en particulier aux niveaux II et I.
Il va y avoir de plus en plus de besoin de spécialistes en rénovation énergétique des bâtiments.
Le génie climatique souffre d’un déficit de main d’œuvre à tous les niveaux de qualification de la profession. La filière compte 300 000 personnes avec un turn-over de 10 % par an. Le déficit structurel annuel s’établit à 10 000 emplois par an.
Il y a un déficit structurel dans le milieu des électriciens de l’ordre de 10 à15 000 personnes. Aujourd’hui, le besoin est de 6 000 personnes par an pour remplacer ceux qui partent à la retraite. La profession recourt à des intérimaires à hauteur de 15 % en moyenne. Les différentes directives européennes, la RT 2012 et la nouvelle conception de la performance énergétique obligent à repenser les consommations et le recours aux énergies et donc à avoir des gens formés dans des domaines pointus. Il s’agit d’intégrer ces notions d’obligation de résultats et ses conséquences dans toutes les formation, avec besoin d’adoption d’une approche « systémique » dans une optique de performance et d’obligations de résultats.
Les travaux en cours sur le verdissement des métiers du bâtiment montrent qu’il s’agit moins de changements à l’intérieur des métiers que de besoins d’articulation entre les corps de métiers et de compétences transversales.
La formation
Dans le domaine de la formation initiale, de nombreuses offres sont disponibles et ce, aux différent niveaux : CAP, Bac professionnel, BTS… Mais les évolutions liées au Grenelle de l’environnement ne sont pas encore reflétées dans tous les programmes de l’Education nationale.
Ainsi, les moyens de former de façon « classique » sont déjà disponibles mais de nouveaux contenus doivent être développés. Il y a en outre un problème de différence importante de culture scientifique et technique entre l’électrotechnique au sens large et la thermique au sens large.
Il est possible de s’appuyer, concernant la formation initiale, sur la liste des diplômes et le travail en cours des commissions professionnelles consultatives (CPC). Par contre, pour la formation continue, le travail va être compliqué car les outils de repérage ne sont pas disponibles. Il faudrait pouvoir mettre à plat l’ensemble de l’offre de formation continue.
 
Zoom sur la formation des enseignants et formateurs
Formation initiale
Les membres du comité considèrent que le manque d’enseignants formés dans ce domaine devient critique et représente un vrai drame, notamment pour les industriels.
Il propose de tirer le signal d’alarme sur la question du nombre et des compétences des enseignants.
Le mode de recrutement au sein de l’éducation nationale des professeurs de la voie technologique et de la voie professionnelle, notamment depuis la réforme des IUFM, pose un problème délicat. L’exemple de la filière STI inquiète. Le problème va se poser de manière cruciale dans les 5 ans à venir, ne serait-ce qu’à cause du renouvellement des générations. Les compétences en fibre optique, par exemple, n’existent pratiquement plus. La pyramide des âges n’a pas été anticipée et les savoirs n’ont donc pas été suffisamment transmis.
Un nouveau baccalauréat « Sciences et Technologies Industrielles et Développement Durable » a été créé à la rentrée 2011 ; il nécessite que les enseignants des anciennes filières se forment, ce qui n’est pas simple.
La FIEEC a mis en place un groupe de travail relatif à la formation sur l’efficacité énergétique. Un module de formation pour les enseignants est prévu dans le cadre du CERPET (Centre d’études et de ressources pour les professeurs de l’enseignement technique). Mais les heures octroyées aux professeurs pour se former, notamment via le CERPET, sont en baisse. Le Plan académique de formation 2010/2011 en témoigne. Les budgets sont en baisse et les enseignants sont formés par des enseignants.
Formation continue
Une bonne partie de la formation professionnelle est directement réalisée en interne par les entreprises. Pour le nucléaire par exemple, les formateurs viennent de chez EDF. Or, sur les secteurs mal couverts par l’Education nationale, il est indispensable que ces formations puissent perdurer et que les savoir-faire ne se perdent pas.
Les entreprises ont insuffisamment recours aux seniors qui ont le savoir et la pratique. Il conviendrait d’encourager davantage ce type de parcours car aujourd’hui rien n’est organisé pour le faciliter. Dans une carrière professionnelle, pour être reconnu par une entreprise en qualité d’expert technique il faut souvent passer par la Recherche et Développement, les publications internationales ou l’enseignement ... Ce passage peut s’opérer avec efficacité vers 45 ans. Ce type de parcours est souvent, pour des experts qui ne souhaitent pas devenir manager d’équipe et se retrouvent en deuxième partie de carrière dans un « placard doré », un bon moyen d’évoluer. Il serait peut être plus difficile pour ces personnes d’enseigner en BTS ou en bac Pro qu’en école d’ingénieur.
Il serait d’ailleurs utile de faciliter les passerelles avec l’Education nationale pour que ces personnes deviennent formatrices. A l’inverse les formateurs ont la possibilité de faire des stages en entreprise.
Réseau RESELEC
LeRéseau national de ressources en électrotechnique (RESELEC), créé à Toulouse en 1991, produit des ressources pédagogiques pour les diplômes du génie électrique
L’Education nationale, sous l’impulsion de Messieurs les inspecteurs généraux KREMER et COLLIGNON, a mis en place une plate-forme technologique sur les énergies renouvelables à Caen.
 
Zoom sur les outils
Compte tenu des besoins de formation initiale et continue dans la filière, de la mutation rapide des technologies et des besoins de compétence et des besoins de recrutement, le comité suggère fortement d’encourager les outils suivants :
Plate formes et réseaux
Le comité recommande la mise en place d’outils de simulation : micro-réseaux dans les établissements d’enseignement, plate-formes technologiques mixant recherche, diffusion de technologie et enseignement....
De véritables réseaux de simulation doivent être mis en place pour pouvoir simuler l’introduction d’énergie photovoltaïque, de variations de puissance…
Des expérimentations sont déjà en cours : plate-forme photovoltaïque/climatisation (pas d’éolien) au Lycée Maximilien Perret (Académie de Créteil) ; plate-forme ENR à Fécamp ; plateforme à Lille dans le domaine de l’électrotechnique et de l’électronique de puissance dédiée aux réseaux électriques …
Il est possible de jouer à des scenarii qui contribuent à faire rencontrer des producteurs et des consommateurs sur des réseaux électriques fonctionnant en simulation. Ces exercices permettent ainsi de sensibiliser les élèves à une approche à la fois technique et économique, l’objectif principal étant d’étudier les équilibres / déséquilibres des flux physiques et financiers. Un progiciel spécialisé dans ce domaine devrait permettre aux élèves d’avoir des applications plus attractives.
La Région Ile de France met en place de nouveaux TP pour former les jeunes aux nouveaux métiers des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, comme le photovoltaïque, l’éolien ou la pompe à chaleur. L’ambition est de mettre les élèves en situation réelle des conditions de travail futures, en les faisant travailler par exemple sur le système électrique du lycée.
Sur le Centre de ressources du génie électrique situé à Vitry-sur-Seine au sein du lycée technologique Jean MACE, trois académies franciliennes se sont regroupées pour que les élèves d’Ile-de-France et d’ailleurs puissent venir se former au génie électrique, via le Bac professionnel, le CAP ou le BTS, cette mutualisation de moyens permettant d’avoir un niveau de performance supérieur en matière de formations.
Des plateformes technologiques de Schneider Electric, dont mises en place pour faire du transfert technologique à destination des PME-PMI, mais constituent également un outil pédagogique. Certaines régions, comme celle de Toulouse et Rhône-Alpes sont très impliquées.
Sensibiliser le plus tôt possible les jeunes sur les métiers de la filière
Le portail : www.metiers-electricite.com met en ligne les vidéo-métiers du secteur.
Une des priorités du programme « Ingénieur pour l’école » de l’Education nationale, destiné à favoriser les relations entres l’école et l’entreprise, .est actuellement de travailler sur les métiers de l’efficacité énergétique.
Les branches professionnelles travaillent sur l’organisation de la carte scolaire et sur l’attractivité des métiers. Une convention de partenariat vient d’être signée entre les trois académies d’Ile-de-France et une société travaillant sur la déconstruction automobile, qui va donner lieu à l’ouverture d’une classe au lycée Jean-Pierre TIMBAUD, afin d’apprendre aux élèves à déconstruire une automobile pour en recycler les éléments, une activité à laquelle de grands groupes commencent à s’intéresser ; le CAP s’intitule « opérateur des industries de recyclage ».
La « classe en entreprise » souhaite faire découvrir aux jeunes les activités d’une entreprise, eux-mêmes assistant à leur cours dans une salle mise à disposition par l’entreprise, pendant que les salariés sont au travail. Le comité suggère de donner la possibilité aux jeunes d’avoir des classes en entreprises d’électricité et de bâtiment pour les sensibiliser aux nouvelles technologies et nouveaux développements du secteur, en complément des formations classiques. Un kit a été réalisé pour l’entreprise et l’établissement scolaire, disponible sur le site http://lecanaldesmetiers.tv/ ; l’entreprise ROHDE ET SCHWARTZ, montrée dans le film, a déjà organisé trois classes de ce type dans son entreprise ; ce dispositif est également expérimenté chez Air France à Roissy et dans le sud de la France chez STMicroelectronics. Ce dispositif est peu coûteux.
Le comité pense que les jeunes ne s’intéressent plus à un métier en fonction de sa technicité mais en fonction de son usage et du service rendu, à son impact sur la société et sur l’environnement. C’est sur cela que toute filière et notamment les filières en tension doivent absolument intégrer et, pour certaines, évoluer fondamentalement en ce sens.
Formation à distance
Une initiative du CNAM qui a reçu un avis favorable du Conseil scientifique de l’Université Virtuelle Environnement et Développement Durable (UVED) va permettre au CNAM de mettre en place une formation sur les réseaux électriques intelligents, avec un lien vers le site « smart grid  » de la commission de régulation de l’énergie (CRE). L’objectif est de reprendre l’arborescence du Livre blanc du GIMELEC, avec possibilité d’y inclure certains modules au fur et à mesure.
 

Les préconisations

Le comité recommande :
  • Que les enseignants relevant de l’Education Nationale puissent effectuer des stages en entreprises et suivent des formations complémentaires auprès de l’enseignement supérieur ou des organismes de formation continue, afin de faire évoluer leurs connaissances.
  • De mettre en place une réflexion sur de nouveaux intitulés de diplômes. Cette action pourrait être menée en concertation entre l’Education Nationale, l’enseignement supérieur, les organismes de formation continue et les industries concernées.
  • De modifier l’intitulé de la filière. En effet, la terminologie « Construction électrique, électromécanique et réseaux » ne correspond plus au développement des systèmes électriques du XXIème siècle. Le comité propose « Systèmes éco-électriques » ou « Technologies éco-électriques ».
  • Le comité recommande qu’un groupe de travail soit mis en place au sein de l’Education Nationale, afin de revaloriser les formations à caractère scientifique et technique par le biais de la « croissance verte » et ce, dès le plus jeune âge, dans le secondaire.
  • de revaloriser le secteur de l’électricité du bâtiment, principalement lié à l’installation électrique, lié également à la GTB (Gestion Technique du Bâtiment), mais aussi aux nouvelles technologies d’éclairage (LBC, LED, ….).
  • A l’initiative du représentant de Pôle emploi, le comité de domaine propose de prolonger ses analyses à travers un groupe de travail spécifique, qui serait mis en place par Pôle emploi et pourrait être constitué de membres volontaires de ce comité. Un tel groupe, pilote pour la « nouvelle » filière « Systèmes Eco-Electriques », pourrait être mis sur pied au cours du premier trimestre de l’année 2010.
  • Le comite suggère fortement de croiser les données produites dans ce rapport avec celles qui seront élaborées par les Etats généraux de l’industrie.
  • Une introduction obligatoire de modules de formation complémentaire en TICs, en économie « verte » et une sensibilisation forte au développement durable (éco-conception, recyclage) dans les cursus de formation initiale mais aussi de formation continue, quelles que soient les modalités de cette formation (apprentissage , alternance).
  • l’équilibrage impératif des formations (Formations Initiales / Formations Continues) dans la filière « Systèmes Eco-Electriques », et ce à court terme (horizon de 2 à 3 ans).
  • De développer la formation ouverte à distance (FOAD) afin de faciliter l’accès à des formations aux personnes à mobilité réduite, ou présentant un handicap, permettre à des personnes issues de certaines régions d’avoir accès aux formations non dispensées dans leur territoire, contribuer à la réduction des émissions de CO2 liée aux moyens de transport des apprenants.
  • La création d’un groupe de travail spécifique à chacun des trois secteurs d’activités suivants,
    • Gestion technique du bâtiment (GTB)
    • Réseaux électriques
    • Eclairage
  • D’accroître le nombre de formations en électrochimie, formations initiales et formations continues

 

      
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