Travaux du GIEC

Publié le Mardi 6 décembre 2016
Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a entamé son 6e cycle d’évaluation.
Au cours de ce cycle, le groupe d’experts produira trois rapports spéciaux, un raffinement du rapport méthodologique pour les inventaires nationaux d’émission de gaz à effet et son 6e rapport d’évaluation (AR6).

Lors de la 43e réunion plénière du GIEC qui s’est déroulée en avril 2016, les États membres du GIEC ont décidé que le rapport de synthèse de l’AR6 paraîtra au cours du premier semestre de 2022. La publication des trois volumes du 6e rapport d’évaluation est programmée par les différents groupes de travail pour l’année 2021.

6e cycle d’évaluation

 

Les États membres du GIEC, réunis lors de la 42e réunion plénière, du 5 au 8 octobre 2015 à Dubrovnik, ont élu le Bureau qui conduira les travaux du 6e cycle d’évaluation du GIEC. Ce cycle s’achèvera avec la publication du rapport de synthèse du 6e rapport d’évaluation du GIEC (AR6) en avril 2022.

La 43e réunion plénière du GIEC, qui s’est tenue à Nairobi (Kenya), du 11 au 13 avril 2016, a marqué le commencement effectif du cycle de réalisation du 6e rapport d’évaluation du GIEC (AR6).

 

Trois rapports spéciaux seront aussi produits au cours de ce 6e cycle :

  • en septembre 2018, un premier rapport Spécial sur l’impact d’un réchauffement global de 1,5 °C au-dessus des niveaux pré-industriels et sur les trajectoires d’émission de gaz à effet de serre correspondantes. Ce rapport répondra à une demande de la 21e session de la Conférence des Parties (COP 21) à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).
  • en septembre 2019, un deuxième rapport spécial sur les liens entre le changement climatique, les océans et la cryosphère.
  • en septembre 2019, un troisième rapport spécial sur les liens entre le changement climatique, la désertification, la dégradation des terres, la gestion durable des terres, la sécurité alimentaire, et les flux de gaz à effet de serre dans les écosystèmes terrestres.

 

En mai 2019, sera aussi produit un raffinement du rapport méthodologique sur les inventaires nationaux d’émissions de gaz à effet de serre datant de 2006 (« 2019 Refinement to the 2006 IPCC Guidelines for National Greenhouse Gas Inventories »). Ce guide est particulièrement important car il sert de base méthodologique universelle pour l’établissement des inventaires nationaux que les pays doivent produire dans le cadre des accords internationaux sur le climat, dont le bilan global est prévu tous les 5 ans par l’Accord de Paris.

Le GIEC s’est engagé à traiter en profondeur la question des villes dans le 6e rapport d’évaluation et à produire un rapport spécial sur les villes au cours du prochain cycle.

 

Le programme de travail de ce 6e cycle d’évaluation comprend :

  • des réunions préparatoires d’experts, des appels à auteurs et leur sélection, puis des réunions de ces auteurs ;
  • l’élaboration des trois rapports spéciaux et du rapport méthodologique ;
  • l’élaboration des trois volumes du 6e rapport d’évaluation, du rapport de synthèse et de leurs résumés.

 

Appels à candidatures du GIEC

 

Chaque rapport donne lieu à plusieurs appels à candidatures destinés à sélectionner les experts qui contribueront aux travaux conduits par le GIEC.

Les appels à candidatures du GIEC constituent une étape essentielle pour assurer la contribution la plus forte possible de la communauté scientifique à cet exercice international d’expertise collective. Les rapports du GIEC ont des impacts concrets et incontestables sur la gouvernance et la diplomatie mondiales dans le domaine du changement climatique et de l’environnement. Ils sont la base scientifique sur laquelle reposent à la fois l’Accord de Paris et le mécanisme de bilan global prévu par cet accord qui sera mené tous les 5 ans dans le but de rehausser l’ambition des États dans ce domaine.

Ces appels à candidatures sont envoyés par le GIEC aux points focaux nationaux et aux organisations observatrices qui en assurent la diffusion et soumettent au GIEC les candidatures pertinentes.

 

En France, le point focal du GIEC assure :

  • la diffusion des différents appels à candidatures du GIEC aux organismes de recherche, et aux scientifiques impliqués dans les précédents rapports ;
  • la soumission au GIEC des candidatures de niveau requis dans un ou plusieurs des domaines d’expertise traités par le rapport.

Les nominations soumises par la France font ensuite l’objet d’une sélection par le comité scientifique de pilotage mis en place par le bureau du GIEC pour chacun des rapports. Cette sélection obéit à des critères multiples (expertise scientifique, couverture thématique, représentativité géographique et des genres, etc.).

Les activités du point focal français du GIEC liées aux appels à candidature sont réalisées en étroite coordination avec des représentants du ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer (MEEM), le ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche (MENESR) et le ministère des affaires étrangères et du développement international (MAEDI).

 

Être sélectionné en tant qu’auteur d’un rapport ne constitue pas la seule manière de participer aux productions GIEC. Un expert peut aussi contribuer aux travaux conduits :

  • par ses publications scientifiques dans des revues à comité de lecture dont certains résultats peuvent être pris en compte et référencés dans les rapports du GIEC ;
  • en participant après un processus d’appel à candidatures et de sélection aux réunions de cadrage, aux ateliers et réunions d’experts, etc. ;
  • en tant que relecteur au cours des différentes étapes de relecture des rapports (experts, relecture par les gouvernements) ;
  • en tant que membre d’une délégation nationale pour une réunion plénière du GIEC ou représentant d’une organisation observatrice en session plénière.

 

Calendrier prévisionnel 2017

  • Septembre 2017 : appels à candidatures des auteurs et des éditeurs de revue du 6e rapport d’évaluation.
  • Avril 2017 : appels à candidatures des auteurs et des éditeurs de revue du rapport spécial sur les liens entre le changement climatique, les océans et la cryosphère et du rapport spécial sur les liens entre le changement climatique, la désertification, la dégradation des terres, la gestion durable des terres, la sécurité alimentaire et les flux de gaz à effet de serre dans les écosystèmes terrestres.

 

 

Unité d’appui technique GT1

 

Chacun des trois groupes de travail du GIEC s’appuie sur une équipe scientifique, technique et opérationnelle (en anglais Technical Support Unit – TSU) pour faciliter le travail des auteurs des rapports et du bureau.

Au cours de la 42e réunion plénière du GIEC, réunie du 5 au 8 octobre 2015, Valérie Masson-Delmotte, candidate de la France, a été élue coprésidente du groupe de travail I du GIEC, au côté de Panmao Zhai (Chine). Elle est chercheuse au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement de l’Institut Pierre Simon Laplace, au sein du Commissariat à l’énergie atomique.

 

Rôle du groupe de travail 1

Sur la base des publications scientifiques, le groupe 1 évalue l’état des connaissances portant sur les bases physiques du changement climatique. Il s’appuie sur des observations et analyses du climat actuel ou passé, des études de processus et de la modélisation du climat. Ce groupe de travail synthétise les connaissances sur les causes et mécanismes des changements observés, et sur les simulations permettant d’évaluer les changements climatiques futurs possibles. Ces connaissances incluent celles sur la variabilité naturelle du climat et sa réponse à différents scénarios d’évolution des activités humaines. Le groupe de travail 1coordonne la rédaction des différentes parties de son rapport en mobilisant plusieurs centaines de chercheurs (auteurs, relecteurs) de différents pays. Cela implique aussi l’organisation de plusieurs réunions scientifiques préparatoires, et des réunions de ces auteurs.

Schéma du calendrier prévisionnel de travail pour le groupe I dans le cadre du 6e rapport d’évaluation. En parallèle, des phases similaires de travail sont prévues pour les rapports spéciaux.
Crédits : Schéma du calendrier prévisionnel de travail pour le groupe I dans le cadre du 6e rapport d’évaluation. En parallèle, des phases similaires de travail sont prévues pour les rapports spéciaux.

Le coprésident de chaque groupe de travail originaire d’un pays développé (l’autre coprésident étant nécessairement d’un pays en développement ou en transition économique) est chargé de mettre en place et piloter l’unité de support technique, financée par son gouvernement ; celle-ci est hébergée par un organisme de recherche établi dans ce pays.

Pour le 6e rapport, c’est la Communauté d’universités et d’établissements (COMUE) Université Paris-Saclay qui assure l’hébergement et la gestion administrative de la TSU du groupe de travail I du GIEC.

Anna Pirani (ITCP Trieste) est responsable de la TSU du groupe 1.

Le financement de la TSU du groupe I du GIEC est assuré par la France, à parts égales entre le ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer (MEEM), le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MENESR) et le ministère des Affaires étrangères et du Développement international (MAEDI).

 

 

5ᵉ rapport d’évaluation du GIEC (AR5)

 

Le 5e rapport d’évaluation du GIEC, dont les travaux de rédaction ont commencé en 2010 et se sont achevés en 2014, comprend trois volumes et un rapport de synthèse.

Le rapport de synthèse a été adopté le 31 octobre 2014 à Copenhague en réunion plénière du GIEC, achevant le cycle de publication du 5e rapport d’évaluation. Ce rapport constitue un point d’appui fondamental pour l’éclairage des négociations climatiques mondiales, dont a bénéficié l’Accord de Paris.

Le volume 1 « Changements climatiques 2013 – les éléments scientifiques » a été adopté le 27 septembre 2013.

Le volume 2 « Changements climatiques 2014 – les impacts, les vulnérabilités, l’adaptation », a été adopté le 31 mars 2014.

Le volume 3 « Changements climatiques 2014 – l’atténuation du changement climatique », a été adopté le 12 avril 2014.

 

Auteurs sélectionnés pour le 5e rapport d’évaluation du GIEC travaillant en France :

Groupe de travail 1 : les éléments scientifiques

  • Chap 5 : Valérie Masson-Delmotte (CLA), Dominique Raynaud (RE)
  • Chap 6 : Philippe Ciais (CLA), Laurent Bopp (LA)
  • Chap 7 : Olivier Boucher (CLA), Claudia Stubenrauch (RE)
  • Chap 8 : François-Marie Bréon (LA)
  • Chap 9 : Pascale Braconnot (LA), Eric Guilyardi (LA), Serge Planton (RE)
  • Chap 10 : Robert Vautard (RE)
  • Chap 11 : Pascale Delecluse (RE)
  • Chap 12 : Jean-Louis Dufresne (LA), Gerhard Krinner (LA), Sylvie Joussaume (RE)
  • Chap 13 : Anny Cazenave (LA), Jean Jouzel (RE)

 

Groupe de travail 2 : conséquences, adaptation et vulnérabilité

  • Chap 1 : Hervé Le Treut (RE)
  • Chap 2 : Annamaria Lammel (LA)
  • Chap 4 : Paul Leadley (LA)
  • Chap 5 : Jean-Pierre Gattuso (LA)
  • Chap 8: Jan Corfee-Morlot (LA)
  • Chap 17 : Stéphane Hallegatte (LA)
  • Chap 18 : Wolfgang Cramer (CLA), Bernard Seguin (RE)
  • Chap 23 : Éric Martin (LA), Jean-François Soussana (LA)
  • Chap 27 : Jean-Philippe Boulanger (LA)
  • Chap 29 : Virginie Duvat Magnan (LA)

 

Groupe 3 : l’atténuation du changement climatique

  • Chap 2 : Minh Ha-Duong (LA)
  • Chap 3 : Christian Gollier (LA)
  • Chap 4 : Franck Lecocq (LA)
  • Chap 6 : Jean-Charles Hourcade (LA)
  • Chap 10 : Jean-Paul Céron (LA)
  • Chap 14 : Shardul Agrawala (CLA)
  • Chap 16 : Benoît Lefevre (LA)

 

Scénarios RCP et SSP utilisés par le GIEC

 

Un groupe international d’experts a défini quatre scénarios de référence, qualifiés de profils représentatifs d’évolution des concentrations de gaz à effet de serre (RCP, pour Representative Concentration Pathways), d’ozone et de précurseurs des aérosols pour le XXIe siècle et au-delà. Ces scénarios traduisent des efforts plus ou moins grands de réduction des émissions de GES au niveau mondial.

Pour chacun de ces quatre « profils représentatifs », les climatologues ont estimé les conditions climatiques et les impacts du changement climatique associés. En parallèle, les sociologues et les économistes travaillent sur des scénarios présentant diverses caractéristiques de développements socio-économiques et diverses stratégies d’adaptation et d’atténuation. Cinq familles de scénarios, nommés SSP (pour Shared Socioeconomic Pathways), ont ainsi été définies.

Une telle approche permet un travail en parallèle et en cohérence des climatologues et des économistes.